Le complot contre ma PAL

Je viens de recevoir ce livre en cadeau. Je l’ai gagné à un jeu proposé par Babelio dont le résultat est ici. En fait j’avais perdu, mais comme les autres avaient encore plus perdu que moi, finalement Babelio a considéré que j’avais gagné et m’a envoyé le cadeau. Merci Babelio !

Ne reste plus qu’à savoir comment je vais réussir à insérer ce roman dans mon progamme de lecture déjà chargé. Je ne vais quand même pas me lancer dans un challenge des 5 continents…

Publié dans: on 6 mai 2008 at 8:11 Commentaires (3)
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Un petit challenge ?

 

Que diriez-vous d’un nouveau challenge ? 

Cela me semble tout indiqué pour ceux qui ont déjà beaucoup avancé dans leurs challenges annuels, mais aussi pour ceux qui, comme moi, sont en retard, parce qu’ils lisent hors challenge. Ma solution est la suivante : multiplier les petits challenges de manière à multiplier les lectures. Logique, non ?

Voilà pourquoi je vous propose le Challenge Vivaldi. Mais qu’est-ce donc ? Je suis sûre que les petits malins que vous êtes ont déjà leur petite idée, mais pour en savoir plus, cliquez ici. Et bien sûr tous ceux qui veulent participer le peuvent.

Publié dans: on 5 mai 2008 at 10:50 Commentaires (0)
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Elle

Ivan bounine (1870-1953) est un écrivain russe que j’ai découvert par son dernier ouvrage, le recueil de nouvelles “Les allées sombres“. Je le retrouve avec “Elle”, un roman autobiographique publié en 1938, alors qu’il vivait en exil en France. En effet, si j’en crois la quatrième de couverture, “Elle” est inspiré d’un épisode réel de la vie de Bounine : “une longue liaison qu’il considérait lui-même comme un mariage et qui n’avait jamais été régularisée, faute du consentement du père de la jeune femme”.

Le personnage principal de ce  roman à la première personne se nomme Alexis Arséniev, nom du double littéraire de Bounine, déjà utilisé par l’auteur dans son autobiographie “La vie d’Arséniev” (1933). Il est jeune, n’a pas encore fait ses études, et dit lui-même sortir tout juste d’une “adolescence monacale”. Dés le début de sa relation avec “elle”, Lika, le père de la jeune fille l’avertit : Quels que soient les sentiments qui peuvent exister entre vous et ma fille, et à quelque stade de développement qu’ils puissent se trouver, je vous le dis d’avance : elle est, bien entendu, tout à fait libre, mais s’il arrivait qu’elle veuille, par exemple, se lier avec vous de quelque solide lien et qu’elle me demande, pour ainsi dire, ma bénédiction, elle rencontrera mon refus formel.” Alexis devient malgré tout l’amant de Lika peu après cet avertissement. Il s’installe alors à Orel, où il vient de trouver un travail à la rédaction du journal “La voix”. De ce travail nous ne savons pas grand chose, si ce n’est qu’Alexis le trouve indigne de lui. Il le prend cependant pour se rapprocher d’elle, hébergée à la fameuse rédaction par l’éditrice du journal. Ainsi il peut passer toutes ses journées avec elle, et elle vient le rejoindre parfois à son hôtel. De son côté, pour pouvoir rester à Orel, elle s’est mise à étudier la musique.

Au fur et à mesure qu’évolue leur relation, Alexis se rend compte que le père de la jeune femme avait raison. Elle et lui n’ont pas beaucoup de points communs. Son travail, qu’il qualifie de misérable, ne lui permet pas de vivre décemment. Quant à elle, elle a un grand besoin de sorties, de distractions, de bals. Elle aime plaire. Le père de Lika le lui avait dit, qualifiant lui-même sa fille de jolie et assez frivole. Et Alexis souffre cruellement de jalousie.

Puis un jour, le père de Lika arrive à Orel avec Bogolov, un jeune homme riche, spirituel et cultivé, à présenter à sa fille. Pour Alexis, c’est le début d’une séparation qu’il espère provisoire. Il sombre peu à peu dans la neurasthénie : “La séparation semblait particulièrement terrifiante et stupéfiante la nuit. Me réveillant dans les ténèbres, j’étais frappé : comment vivre maintenant et pourquoi vivre ? Est-ce bien moi, celui qui est couché, sans savoir pourquoi, dans l’obscurité de cette nuit absurde, dans une ville de province peuplée de milliers de gens qui me sont étrangers jusqu’à l’invraisemblance, dans cette chambrette à l’étroite fenêtre qui, toute la nuit, se grisaille de la présence d’un diable long et muet ?”

Cette période solitaire est aussi pour Alexis l’occasion de se mettre à écrire. Il écrit et publie des textes qui ne sont pas encore à la hauteur de ses ambitions : “Former en soi de ce que donne la vie, quelque chose de vraiment digne d’être écrit, quel rare bonheur, quel effort spirituel ! Et voici que mon existence de plus en plus passa dans cette nouvelle lutte avec “l’irréalisable”, dans la recherche et la surprise de cet autre bonheur, également insaisissable, dans cette poursuite, dans cette perpétuelle méditation…”

Je ne raconterai pas la suite de l’histoire sentimentale, qui connaît pourtant quelques rebondissements, pour laisser au futur lecteur de ce texte, que vous êtes peut-être, le plaisir de la découverte. L’histoire est cependant assez mince et ne constitue pas l’intérêt principal de ce roman.  Bounine excelle à décrire la confusion de ses sentiments, ses moments de désespoir, ses instants d’allégresse, quand le paysage se charge de refléter une humeur fragile et passagère : “La nuit est déjà claire, pure. Et tout est ferme, léger, ravissant : et la neige, et la lune, et les joyeuses lanternes, et les traîneaux sémillants…” C’est encore, comme dans “Les allées sombres”, de l’amour, à la fois romantique et sensuel, mais aussi du temps qu’il est question dans “Elle”, et de la trace que laissent les sentiments perdus. Mais “Elle” est également un roman d’apprentissage, un roman de formation. A la fin du roman, Alexis est devenu un homme libre à qui, selon son expression, rien ne suffit plus.

 Elle / Ivan Bounine, traduit du russe par Maurice Parijanine, Stock, Bibliothèque cosmopolite, 1985, ISBN 2-234-01769-6 (épuisé)

Marinina n’a rien d’une styliste

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Alexandra Marinina (1957-….) est une criminologue ex-lieutenant de police à Moscou, reconvertie en auteure de romans policiers. Son héroïne récurrente, l’inspectrice Anastasia Kamenskaïa, est apparue dés son deuxième roman “Concours de circonstances” en 1993. On la retrouve ensuite dans une vingtaine de romans, dont seule une petite partie est traduite en français, notamment “La mort pour la mort” (1995), “La mort et un peu d’amour” (1995), “La liste noire” (1995), “Le styliste” (1996), “Je suis mort hier” (1997), “Le cauchemar” (1998), “Ne gênez pas le bourreau” (2005), “L’illusion du péché” (2007). Je découvre donc cet auteure avec un roman choisi un peu au hasard au milieu d’une série.

Dans “Le styliste”,  nous suivons deux histoires en parallèle. D’un côté l’intrigue policière : de jeunes garçons tous homosexuels et se ressemblant physiquement disparaissent à Moscou. Ils sont les uns après les autres retrouvés morts d’overdose. De l’autre une histoire vaguement sentimentale : Anastasia Kamenskaïa, bien qu’en couple avec quelqu’un d’autre, renoue, pour les besoins de son enquête, avec un ancien amant devenu paraplégique. En effet, une piste l’a conduite vers une zone résidentielle de la banlieue moscovite habitée par les “nouveaux russes” et notamment par son ancien amant. Comme ce dernier est traducteur pour une maison d’édition spécialisée dans la littérature asiatique, une troisième histoire impliquant la maison d’édition se greffe sur les deux précédentes.

Ces histoires imbriquées devraient rendre le roman palpitant ; je me suis pourtant passablement ennuyée pendant ma lecture. Un surcroît de travail et de fatigue m’ayant imposé de très courtes plages de lecture, j’ai fait du début du roman une lecture hâchée sans parvenir à m’intéresser vraiment à ces histoires. Mais je pensais que mes mauvaises conditions de lecture étaient en grande partie responsables de mon manque d’intérêt. J’ai donc laissé au roman plusieurs chances de m’intéresser davantage, saisissant le moindre rebondissement de l’intrigue comme prétexte à une poursuite de la lecture. Hélas, Marinina ne semble pas s’intéresser elle-même à son histoire policière : à chaque petite avancée de l’enquête, probablement pour ménager le suspens ou faire durer un récit trop mince, Marinina délaisse son intrigue au profit des histoires parallèles, faisant ainsi immédiatement retomber le peu d’intérêt qu’elle venait juste de réveiller chez son lecteur.  Je n’ai pas compris grand chose à la construction du roman (je me demande d’ailleurs s’il y en a vraiment une). Il y a 12 chapitres dont le découpage ne semble correspondre à rien. La partie sentimentale est franchement niaise, digne de la collection Harlequin. Le style de Marinina  est inexistant. J’ai malgré tout fini par arriver au bout de ma lecture et maintenant je peux le dire : je n’ai pas du tout aimé ce roman. Et je m’interroge sur les raisons du succès de cette auteure en tête des ventes en Russie et abondamment traduite…

Pour ceux qui, comme moi, pensent que la littérature policière est un bon moyen de découvrir un pays et sa littérature, et qui donc seraient intéressés par le roman policier russe, qu’y a-t-il d’autres ? Il y a essentiellement Akounine, mais qui écrit des romans policiers historiques. Il n’a situé à l’époque contemporaine l’action que d’un seul de ses romans, “Altyn Tolobas”, qui sera la lettre A de mon challenge ABC. Mais à part lui et Marinina, que pouvons-nous lire en français ? Si vous avez des pistes, je suis preneuse… 

Le styliste / Alexandra Marinina, traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain, Paris, Éd. du Seuil (Points policier), 2005, ISBN 2-07-078993-0 

Mon challenge d’escargot

Je mets fin (jusqu’à la prochaine fois) à la petite pause bd que je m’offre depuis une dizaine de jours. En plus des bd, j’avais emprunté à la bibliothèque un petit roman de Bounine qui n’était pas prévu, mais devant lequel je ne vais pas résister (d’autant plus qu’il est épuisé). Il me reste un billet à écrire sur le roman policier russe que j’ai traîné comme un boulet pendant des semaines. Et l’écriture du billet s’avère être aussi une terrible corvée. J’espère tout de même m’en acquitter ce week-end.

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C’était la lettre M de mon challenge ABC et seulement la 4e lecture des 26 prévues. Je me disperse, je lis hors challenges, et je commence à douter de terminer mes défis de lecture avant la fin de l’année.  Je viens seulement de donner une apparence définitive à ma liste. J’avais eu beaucoup d’états d’âme pour l’établir. La lettre Z m’avait posé bien des problèmes (je l’avais évoqué ici). Finalement mon choix s’est arrêté sur un roman d’Evgueni Zamiatine. Il restait la lettre U qui me laissait insatisfaite. Je viens seulement de trouver aujourd’hui le recueil de nouvelles de Brady Udall et mets donc, je l’espère, enfin un point final à cette liste.

Et pourtant, même si je suis loin d’être sûre de finir mon challenge ABC 2008, ma liste pour 2009 est déjà commencée !

 

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Un long et mystérieux voyage

Léna est une grande brune comme aime à les dessiner André Juillard. Nous la découvrons dans un tramway à la périphérie de Berlin, puis en train nous l’accompagnons à Budapest, ensuite en car dans une petite ville roumaine, puis en bateau pour traverser le delta du Danube afin de gagner l’Ukraine, encore en voiture puis en cargo pour se rendre en Turquie, ensuite en Syrie en minibus et en taxi, et enfin en avion à destination de Buenos Aires où s’achève sa mystérieuse mission, avant qu’elle n’aille se faire oublier en Australie. 

Le récit ressemble à cette longue énumération et pourtant on ne s’en lasse pas un seul instant et on ne peut lâcher cet album avant de l’avoir terminé. A chaque escale, Léna rencontre une mystérieuse personne à qui elle remet un mystérieux cadeau en échange d’une nouvelle destination. Et bien sûr ce n’est qu’à la fin de l’album, que le lecteur comprend qui étaient ces gens, quelles étaient la fonction des objets remis et les motivations de Léna pour mener à bien son étrange mission.

“Le Long voyage de Léna” est en quelque sorte une bd d’espionnage, dans laquelle le lecteur retrouve les thèmes géopolitiques paraît-il chers à son scénariste Pierre Christin (pour ma part, c’est le premier album de Christin que je lis). C’est aussi l’occasion pour André Juillard de prendre visiblement infiniment de plaisir à dessiner les différentes villes et paysages traversés. Et puis, égal à lui même, le dessinateur ne nous épargne pas quelques déshabillages et séances de naturisme de sa jolie héroïne…

Petit bémol : les deux dernières pages de l’album sont franchement cul cul, mais au moins la fin est ouverte. Alors, peut-être y aura-t-il une suite ?

Le long voyage de Léna / Pierre Christin et André Juillard, Dargaud, collection Long courrier, 2006, ISBN 2-205-05743-X

Les petits ruisseaux font les grands albums

Emile et Edmond sont deux petits vieux à la campagne, passant le temps entre les parties de pêche, les jours de marché, la tournée au bistrot, les chiffres et les lettres à la télé. Leur vie paraît paisible et solitaire. Mais l’un des deux, Edmond, a un double secret : il peint des nus d’après des photos de charme et il a des aventures avec des femmes rencontrées par une agence matrimoniale. A Emile qui vient de découvrir son secret, il expose ainsi sa philosophie de la vie : “Vivre seul, se lever avec le soleil, se coucher avec les poules, ça va un moment. Et puis ça mine. Moi j’ai envie de me coucher avec une poule et de me réveiller avec une poule…”. Puis Edmond meurt, subitement. Ses confidences et la vue de ses tableaux ont troublé Emile. Depuis, il a des visions : il ne peut s’empêcher d’imaginer nues toutes les femmes qu’il rencontre. Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite…

Dans le village des “Petits ruisseaux”, la vie n’est pas toujours facile : on chôme, on érémise, on boit un peu plus que de raison. Tous s’ennuient à répéter inlassablement les mêmes tâches quotidiennes. Et les vieux semblent condamnés à ressasser de vieux souvenirs en parlant à une photo.  Mais la mort d’Edmond va être un déclic pour Emile. Et c’est à une véritable renaissance que le lecteur assiste dans cet album dominé par les couleurs printanières.  

Il y a du déspespoir dans la vieillesse d’Emile, pas loin de commettre l’irréparable. Mais il y a aussi une formidable envie de vivre et d’aimer encore.  

Un album plein de tendresse et d’humour, à s’offrir pour conjurer la peur de vieillir.

Les petits ruisseaux : sex, drug, and Rock’n roll / Rabaté, Futuropolis, 2006, ISBN 2-75480-016-6

Le cahier bleu après la pluie

Louise est une charmante québécoise vivant à Paris. Elle habite un appartement sans rideau, dans le 15e, face au métro aérien. Un jour, sortant de sa douche, elle est aperçue dans le plus simple appareil par un homme qu’une panne de métro a immobilisé face à sa fenêtre. Dans les jours suivants, elle rencontre deux hommes différents, débutant une liaison avec chacun d’eux. Mais le lecteur ne comprendra le lien entre ces deux hommes que dans la troisième et dernière partie de la BD, quand l’histoire tournera au drame…

Je me suis donnée du mal dans le résumé qui précède, pour préserver la part de mystère que recèle cette histoire de chassé-croisé amoureux. La construction du récit est intéressante, en trois parties, la deuxième étant consacrée à la lecture par Louise du journal de Victor, le fameux cahier bleu. Mais je ne vous cache pas que cette BD ne m’a pas totalement convaincue. J’ai eu un peu de mal à croire dans la psychologie des personnages, par ailleurs assez peu sympathiques. Reste le plaisir de voir Paris dessiné de manière très réaliste par André Juillard, avec des couleurs douces, un dessin fin et élégant.

Mais cet album a su en convaincre d’autres, puisqu’il a obtenu en 1995 l’Alph-art du meilleur album à Angoulême, le Prix Spécial du Jury au festival de Sierre, ainsi que le 1er Prix du Festival de Charleroi.

Le cahier bleu / André Juillard, Casterman, 1994, ISBN 2-203-38867-6

Malgré mes petites réserves sur “Le cahier bleu” (petite déception due au fait que je m’attendais à découvrir un authentique chef d’oeuvre), j’avais été suffisamment séduite par les dessins, pour avoir envie de retrouver André Juillard. C’est chose faite avec “Après la pluie”, suite au “Cahier bleu” imaginée par Juillard quatre ans après.

Hélas c’est encore une déception. En fait cet album n’a rien d’une suite. On ne retrouve Louise et Victor que pendant les 5 premières pages. Victor expose ses photos dans une galerie. Un homme prénommé Abel lui en achète une, prise à Florence, parce qu’il y a reconnu Tristan, son meilleur ami disparu un an plus tôt. Sur la photo, son ami est avec Clara, une femme dont ils étaient tous les deux tombés amoureux, et un enfant. Abel part donc mener l’enquête dans la région de Florence. Cette enquête n’aboutit bien sûr que dans les dernières pages de l’album, mais d’une manière assez artificielle, puisqu’une affaire très compliquée nous est alors révélée par le dialogue de 2 personnages. Or rien dans le récit qui précède ne préparait ces révélations, d’où une certaine frustration pour le lecteur.

Comme dans l’album précédent, les personnages sont faux et manipulateurs, et finalement assez peu sympathiques. Juillard aime toujours autant dessiner les corps, éventuellement nus, les déshabillages… Ses personnages féminins se ressemblent tous un peu. Dans cette histoire un peu compliquée, il y a de la violence, des meurtres, une tentative de viol, une scène d’amour… bref un scénario peut-être un peu trop dense pour un seul album.  Et puis surtout, pour le lecteur qui attendait une suite au “Cahier bleu”, il reste l’impression d’avoir été berné pour des raisons purement commerciales.

Après la pluie / André Juillard, Casterman, 1998, ISBN 2-203-38906-0  

L’enthousiasmante vie de Pahé

Tout commence à Yaoundé au 21e siècle, quand Pahé, alors trentenaire, est contacté par un éditeur de BD européen qui lui propose de raconter sa vie dans une bande dessinée prévue en 3 tomes. Pahé s’installe alors à sa table à dessin et commence par le commencement. Il nous présente Bitam, la petite ville du nord du Gabon où il a vu le jour dans une famille pour le moins nombreuse, entouré des dix femmes de son père et de nombreux frères et soeurs. Peu après sa naissance, sa mère quitte son père en l’emmenant ainsi que ses 4 soeurs. Puis c’est l’entrée à l’école, toujours à Bitam, et la découverte du français, le fang étant sa langue maternelle. Arrive ensuite le premier voyage en avion, pour rendre visite à deux grandes soeurs à Libreville, puis le voyage à Tours chez sa soeur Rose, qui y poursuit des études de médecine. Il y reste plusieurs années, jusqu’à ce qu’elle décroche son diplôme et qu’ils rentrent au Gabon, à Libreville, alors qu’il vient d’avoir 7 ans. Plus tard, après la mort de sa mère, il revient en France faire sa rentrée en 6e, cette fois chez sa soeur Florence.

Pour le lecteur français, la première partie en France est un pur régal. On y découvre la France des années 70 vue par un enfant qui vient d’un autre monde. Il découvre par exemple les HLM et leur confort moderne, la nourriture en abondance, et toute une “culture” nouvelle, entre Claude François et la mère Denis. Mais après le retour au Gabon, c’est le même regard étonné et un brin étranger que Pahé porte sur son propre pays. Et c’est tout aussi réjouissant pour le lecteur. On devine qu’après ça, Pahé ne sera plus jamais vraiment chez lui nulle part. D’ailleurs, malgré l’humour et l’autodérision omniprésents, on sent que la vie a été dure pour Pahé, surtout à l’école publique gabonaise décrite comme un camp militaire, mais aussi plus tôt dans la solitude du HLM français, où plus tard à l’école mixte de Libreville fréquentée par les blancs et où il reste encore quelqu’un de différent.

Dans un style qui rappelle les bd de notre enfance, cette bd est une autobiographie qui suit la chronologie des événements. Mais de temps en temps, le récit marque une pause, à chaque coup de fil de l’éditeur. C’est ainsi, grâce aux conversations de Pahé et de son éditeur, qu’on apprend un peu de ce qui nous attend dans les tomes 2 et 3. La fin du premier tome est pourtant assez surprenante. On a retrouvé le présent de l’écriture et Pahé se rend à un festival de BD au Congo, l’occasion pour lui de nous montrer l’administration africaine et ses travers. De toute évidence, Pahé a envie de parler d’autre chose que de sa petite vie. Il aimerait aussi nous montrer l’Afrique d’aujourd’hui. Je suppose que les deux volumes à venir mêleront ces deux aspects.

Enfin, une jolie idée : à la fin de l’album quelques pages de photos nous permettent de confronter les protagonistes de cette histoire dessinée à leur image réelle.

La vie de Pahé. T.1, Bitam / Pahé, Paquet, 2006, ISBN 2-88890-133-1 

Merci à Lau(renceV) de m’avoir permis cette belle découverte en glissant cet album dans mon colis du swap Afrilire.

Le 2e volume vient de paraître ; alors bien sûr, je vais me le procurer au plus vite.

 

Je ne suis pas née un 17 avril

Ce n’est pas non plus Noël, que je sache !

Mais alors, que faisait ce colis ce soir dans ma boîte aux lettres ???

 

Il venait d’un pays voisin.

Je l’ouvre :

C’est mon swap Afrilire qui est arrivé !

Tous ces cadeaux ! Je n’en crois pas mes yeux !

Ma swapeuse m’a beaucoup trop gâtée…

Dans le colis, une enveloppe contient une carte postale.

Ma swapeuse est Lau du blog Autour de Lau.

Elle me dit le plaisir qu’elle a eu à confectionner mon colis.

Mais ce n’est rien à côté du plaisir que j’ai à déballer tout ça.

Un paquet plus souple que les autres contient l’objet fait main annoncé par la carte

Et là, je suis franchement épatée !

Dans mon questionnaire, j’avais confié mon goût pour les calepins.

Et ma swapeuse m’en a confectionné un au nom d’Afrilire !

Mais jamais je n’oserai écrire sur ce magnifique papier !

Ou alors je ferai des collages, peut-être un herbier du swap…

En tous cas, je vous tiendrai au courant…

Dans le colis, il y a aussi :

Un beau marque-page représentant des livres

Et

Un marque-page représentant des lionceaux.

Et là, je sais ce que vous pensez. Vous vous dites :

 “Cette Levraoueg est vraiment nulle en photo ; ils sont flous ses lionceaux”

Mais vous vous trompez ! Mon talent de photographe n’est pas du tout en cause.

Figurez-vous que les lionceaux marchent sur le marque-page !

Oui oui, ils bougent et ne se laissent pas immobiliser, même par un APN ! 

C’est un marque-page magique… un marque-page belge…

En tous cas je n’en avais jamais vus de pareils !

Et si la panthère noire bave légèrement,

C’est que dans mon colis il y a aussi

 

Du chocolat belge africain !

 Et si vous regardez bien la 2e photo,

Vous apercevrez un petit paquet doré,

Qui lui aussi contenait un délicieux chocolat belge.

Mais je n’ai pas eu, tout à l’heure, la présence d’esprit de le photographier seul.

Et à l’heure qu’il est, il n’est déjà plus présentable.

Et puis bien sûr, parce que nous sommes entre lecteurs, dans le colis, il y a des livres !

Ma PAL s’est dangereusement enrichie de 4 livres,

Très bien choisis par ma swapeuse.  

Sur chacun d’eux, un petit post-it m’explique de quoi il s’agit.

Une bande dessinée d’un dessinateur gabonais

Un roman policier d’un auteur malien dont l’action se passe en pays dogon

Un thriller politique se déroulant au Brésil par un auteur angolais

Un recueil de nouvelles mêlant récit de voyage et fiction

Par un ethnologue écrivain français explorant le Cap-Vert

Que dire après cette interminable énumération, si ce n’est

Merci Merci Merci

Merci à Lau(renceV) pour son coli épatant !

Et merci à Bladelor pour l’organisation de ce swap !

De mon côté, je n’ai pas encore envoyé son paquet à ma swapée

Mais il est prêt.

Publié dans: on 17 avril 2008 at 9:26 Commentaires (9)
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