Comme une croûte sur une plaie

Parce qu’on ne peut pas décemment offrir à Noël un livre qu’on n’a pas lu et parce que certains livres ont le pouvoir de nous permettre d’afficher sur notre blog un nouveau logo et de nous engager dans un nouveau challenge, j’ai lu cette semaine un roman pour la jeunesse et j’ai adoré ça.

Matilda de Roald Dahl est un roman formidable, car en cours de lecture il ne cesse de nous surprendre, de nous échapper alors même qu’on croit l’avoir cerné.

Au début, tout se présente comme dans un roman réaliste. Matilda est une pauvre petite fille mal aimée par des parents décrits comme de véritables abrutis. Elle a pourtant des capacités incroyables dont sa famille ne semble pas du tout avoir conscience.

“Ils avaient un fils appelé Michael et une fille du nom de Matilda, et considéraient cette dernière comme une croûte sur une plaie. Une croûte, il faut s’y résigner jusqu’à ce qu’on puisse la détacher, s’en défaire et la bazarder. M. et Mme Verdebois attendaient avec impatience le moment où ils pourraient se défaire de leur petite fille et la bazarder, en l’expédiant de préférence dans le comté voisin ou même plus loin.”

Ensuite le roman devient une sorte d’éloge de la lecture, car c’est le premier moyen que trouve Matilda pour échapper à l’emprise familiale. Elle se rend à la bibliothèque municipale chaque jour. Elle y  lit d’abord la littérature pour la jeunesse (son livre préféré étant Le jardin secret), puis très vite elle s’attaque aux romans pour adultes, conseillée par Mme Folyot, la bibliothécaire. La liste de tout ce qu’elle a déjà lu à l’âge de quatre ans est impressionnante : Les grandes espérances, Nicholas Nickleby, Oliver Twist, tous trois de Charles Dickens, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Orgueil et préjugés de Jane Austen, Kim de Rudyard Kipling, L’homme invisible de H.G. Wells, Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, Le bruit et la fureur de William Faulkner, Les raisins de la colère de John Steinbeck, Les bons compagnons de J.B. Prietsley, Le rocher de Brighton de Graham Greene, La ferme des animaux de George Orwell. A voir cette énumération offerte par Roald Dahl à son lecteur, on se doute bien de ce qu’il avait en tête en l’écrivant : nous faire lire chacun de ces titres. Or nous conduire vers d’autres lectures, c’est toujours le plus beau cadeau qu’un livre puisse nous faire.

Puis le roman semble se tourner vers le burlesque, la farce. C’est le moment où Matilda entreprend de se venger de ses parents en leur faisant de petites blagues : mettre de la super glu dans le chapeau de son père ou de la teinture dans sa lotion capillaire…

Arrive le moment où Matilda entre à l’école. La directrice de l’école, une femme autoritaire et cruelle, est une véritable ogresse. C’est alors pour le lecteur l’entrée dans un monde de conte de fées. Matilda noue une relation privilégiée avec son institutrice, jeune femme à l’enfance encore plus malheureuse que celle de Matilda, qui vit aujourd’hui dans une maisonnette au bout d’un petit chemin, elle aussi tout droit sortie des contes de notre enfance.

“C’était la cabane où le pauvre bûcheron vivait avec Hansel et Gretel, où habitait la grand-mère du Petit Chaperon rouge, c’était aussi la maison des sept nains, des trois ours et de tant d’autres personnages imaginaires.”

Puis c’est l’entrée dans le fantastique. Matilda se découvre des pouvoirs surnaturels qui vont permettre à tous les écoliers de se voir débarrassés de leur directrice tyrannique, et qui vont résoudre en même temps la situation de Matilda et celle de son institutrice.

A la fin, les pouvoirs de Matilda se sont éteints et la vie reprend son cours normal. Nous sommes à nouveau dans un roman réaliste, le bonheur en plus.

Si seulement tous les romans  pour adultes pouvaient être aussi riches !

Matilda / Roald Dahl, illustrations de Quentin Blake, traduit de l’anglais par Henri Robillot, Gallimard jeunesse (Folio junior), 253 p., ISBN 978-2-07-057696-8

Les avis de Lael, Cynthia et Mango.

Roald Dahl (1916-….) est l’auteur de James et la grosse pêche, Charlie et la chocolaterie, Le bon gros géant, Sacrées sorcières

Je m’inscris donc au Matilda’s Contest, challenge proposé par Raison et sentiments.

Nobody is perfect

Erzébeth a tagué Filmaoueg. Je lui cède donc la place. Mais je vous préviens : le tag est long et Filmaoueg est bavarde.

La nuit américaine

1- Un film que vous regardiez étant jeune et qui vous remplit de souvenirs :

Un film que j’ai vu une fois et une seule, mais dont j’avais beaucoup entendu parler avant : Premier rendez-vous d’Henri Decoin. C’est un film sorti en 1941. Ma mère l’avait vu je ne sais où, à la télé peut-être. Et elle se souvenait surtout de la chanson, qu’elle chantait souvent : “Ah qu’il doit être doux et troublant, l’instant du premier rendez-vous…”. De l’histoire elle savait seulement me dire qu’il s’agissait d’une orpheline interprétée par Danielle Darrieux qui s’enfuyait d’un orphelinat par amour. Et bien sûr j’imaginais une magnifique histoire d’amour. Longtemps j’ai eu envie de voir ce film, et un jour je l’ai vu. Je vous raconte :

Danielle Darrieux est dans un orphelinat pour jeunes filles. Très surveillée, ne jouissant d’aucune liberté, elle rêve d’évasion et répond à une petite annonce (enfin, il me semble que c’est lui qui a passé une annonce, mais je n’en suis même plus sûre). Elle entame donc une correspondance avec l’homme de l’annonce. Un jour, trompant la surveillance de ses gardiennes avec la complicité d’une amie, elle réussit à se faire prendre en photo et envoie donc une photo d’elle à son correspondant, mais une photo faite à la va-vite et donc pas très ressemblante. Puis arrive le moment du premier rendez-vous. Elle réussit à s’échapper pour aller retrouver l’inconnu dans un café. Mais quand l’inconnu la voit, lui qui pourrait être son père, il la trouve beaucoup trop jeune et beaucoup trop jolie pour lui. Il n’ose donc pas l’aborder. Mais il ne veut pas non plus la laisser attendre en vain. Alors il l’aborde finalement, mais en se présentant comme l’oncle de son correspondant. Le jeune homme aurait eu un empêchement de dernière minute et n’aurait pas trouvé d’autre moyen pour la prévenir. Comme l’orpheline s’est échappée de son orphelinat et ne veut pas y retourner, il offre de l’héberger. Il habite un logement de fonction dans un pensionnat pour garçons. Il est prof, pas très estimé de ses élèves, très chahuté. C’est un homme triste et bon, pour qui on souhaite immédiatement qu’il arrive enfin quelque chose de bien (c’est en tous cas ce que la spectatrice que je suis souhaitait). La jeune fille s’installe donc dans le logement de fonction et attend l’arrivée du neveu, prévue pour le lendemain. Quand celui-ci arrive, cela crée quelques quiproquos, car il n’est pas au courant du mensonge de son oncle. Une fois mis dans la confidence, il continue de faire quelques gaffes, car il ignore totalement la teneur des lettres qu’il est censé lui avoir envoyées. (Et là il faut que j’ouvre une parenthèse : cette histoire de lettres écrites par un autre, moins jeune et moins beau mais tellement plus intelligent, plus fin, plus… ça ne vous rappelle pas quelque chose ?). Mais pas plus maligne que Roxane, l’orpheline ne se doute de rien. Jusqu’au jour où surprenant une conversation, elle comprend enfin. Mais (et c’est là que ma déception fut terrible) cela ne change rien pour elle. C’est le jeune qu’elle épouse après s’être faite adopter par son oncle.

Quelle triste fin ! Je ne m’en suis pas encore remise… Maintenant j’aimerais bien revoir ce film, mais il ne semble pas exister en dvd.

2- Un film que vous connaissez absolument par coeur :

Il y en a plein, car je revisionne énormément. Mais la question me fait penser avant tout au premier film que j’ai eu en cassette vidéo (que j’ai maintenant en dvd) et que j’ai donc revu souvent : Charade de Stanley Donen.  Un film qui m’a fait aimer un certain genre de cinéma. Un cinéma élégant avec des acteurs trop beaux pour être vrais. L’intrigue policière la première fois m’avait complètement bluffée. La solution qu’on a sous les yeux depuis le début et qu’on ne voit pas ! Et puis c’est un film américain tourné à Paris…

3- Un film qui a bouleversé votre jeunesse :

Un monde sans pitié« Bouleversé ma jeunesse », comme vous y allez ! Mais je me souviens qu’Un monde sans pitié d’Eric Rochant avait été à l’origine de débats passionnés. Bien plus tard, à l’heure du « Travailler plus pour gagner plus » j’ai eu envie de le revoir. Mais pourquoi Hippolyte Girardot est-il aussi insupportable ? Dommage… Il reste quand même une scène magique, que j’appellerais la scène du balcon.

Un jour, ce devait être en 1999 ou 2000, j’ai vu à Paris dans une petite salle, un film qui m’a fait penser à Un monde sans pitié. Ce film s’intitulait : Micro-ondes. Enfin… je crois. Parce que plus tard, alors que je repensais à ce film, j’ai cherché des informations sur lui, et je n’ai absolument rien trouvé. Je ne me souviens plus si c’est un film français ou pas, tourné à Paris ou pas. Je ne sais pas quels en étaient les acteurs. Rien. Mais je me souviens de l’histoire. Je vous raconte :

Un jeune couple, dans la trentaine. Elle, un peu comme l’héroïne d’Un monde sans pitié, est bien insérée. Elle travaille. Elle fait un job commercial ou quelque chose comme ça. Lui ne fait rien. Il passe ses journées dans leur appartement. Quand elle rentre le soir et lui demande ce qu’il a fait de sa journée, il répond : « Rien ». Parfois elle est un peu énervée de se taper la vaisselle en plus de sa journée, mais elle est gentille quand même avec lui. Elle le défend quand ses amis ou sa famille l’attaquent, lui reprochent de se laisser entretenir. Car elle croit en lui. Autrefois il peignait, alors elle aimerait qu’il reprenne la peinture. Elle se fiche qu’il gagne de l’argent ou non, mais elle voudrait qu’il fasse quelque chose de ses journées, qu’il soit de nouveau habité par quelque chose (là je viens juste de vous raconter les 3 premières minutes du film, l’exposition de la situation). Alors un soir, il décide de faire quelque chose pour elle, pour témoigner de sa reconnaissance en quelque sorte. Il décide de lui offrir un four à micro-ondes. Ça peut paraître bizarre comme idée. Mais pour lui c’est faire un pas de géant vers elle, vers son monde à elle, celui des cuisines équipées, de la vie pratique, à mille lieues de ses propres préoccupations. Il décide donc de lui offrir un micro-onde. Mais il n’a pas un rond. Il ne peut donc pas en acheter un. En plus il prend cette décision à la tombée de la nuit. Alors il part en quête de quelqu’un qui aurait un four à micro-ondes en trop et qui pourrait le lui donner. On le met sur une piste, mais ça n’aboutit pas, alors il part ailleurs. Et comme ça toute la nuit. Là j’avoue que ma mémoire défaille un peu. A un moment quelqu’un se trouve enfermé dans le coffre d’une voiture. Est-ce lui ? Je ne sais plus. A un autre moment, il rencontre une femme, qui comme ça, en deux phrases, lui parle et de la vie et de la mort. Et puis il rencontre une jeune fille. Une fille bien dans son genre, une fille déjà dans le même monde que lui. Alors il tombe amoureux. Oublié le micro-onde ! Oubliée la copine du début ! Ensemble ils vont aller très loin dans la marginalisation, jusque sous un pont, puis jusque dans la mort…

J’ai aimé ce film quand je l’ai vu. Et je l’aimé encore plus quand j’y ai repensé. Alors j’ai cherché partout, dans des bases de données, sur un site spécialisé qui s’appelle imdb, et je n’ai rien trouvé. Peut-être ce film n’a-t-il jamais existé. Peut-être que je l’ai inventé… Non, je ne crois pas. Je l’ai sûrement beaucoup réinventé, mais je ne l’ai pas inventé. Alors un jour où les médias avaient réussi à me convaincre de la toute puissance de Ggle, j’ai tapé sur le célèbre moteur de recherche : Micro-ondes. Et bien sûr, j’ai trouvé ça :

Micro-ondes

Alors me croyant maligne, j’ai corrigé ma requête. J’ai donc saisi : Micro-ondes film. Et j’ai trouvé ça :

Micro-ondes film

Voilà pourquoi vous êtes mon dernier espoir. Si vous disposez d’informations sur ce film, considérez ce tag comme une bouteille à la mer !

4- Un film que vous auriez aimé écrire/produire :

Je pourrais passer, parce que je ne me reconnais pas vraiment dans la question.

Patate

Mais enfin… ça peut être l’occasion de dire l’admiration que j’ai pour Agnès Varda dont j’aime énormément Les glaneurs et la glaneuse. Lui aussi je le revois régulièrement…

A propos de documentaire, il y a un film formidable qui parle d’un écrivain que j’aime beaucoup et qui s’intitule En remontant la rue Vilin, C’est un film de Robert Bober. Mais pourquoi ne le trouve-ton pas en dvd ? Moi je trouve ça scandaleux !

Toujours à propos de documentaire, vous avez vu Histoire d’un secret de Mariana Otero ? Je ne vous dis pas de quoi ça parle, parce qu’il vaut mieux l’ignorer au début. Disons que ça parle de sa mère qui était peintre et est morte quand elle était petite. Très fort !

Il y a un point commun entre ces trois films. Ils ne sont pas bêtement écrits puis tournés. Mais il se passe pendant le tournage même quelque chose qui moi me bouleverse.

5- Un film qui vous a donné envie de faire du cinéma :

Mais c’est aller au cinéma que j’aime !!!

6- Un film que vous avez regardé plus d’une fois :

Les apprentisJe vous l’ai déjà dit : il y en a énormément ! Mais tant qu’à en citer un, j’aimerais citer un petit film français pas très connu mais qui me touche beaucoup : Les apprentis de Pierre Salvadori avec François Cluzet, Guillaume Depardieu et Marie Trintignant. Je l’ai vu pour la première fois au cinéma et je me souviens être sortie de la salle avec un sourire jusqu’aux oreilles, alors que le film raconte l’histoire de deux paumés, l’un complètement dépressif, l’autre un peu voyou… Mais il y a dans ce film beaucoup d’humour, de sentiments, et la petite partie de foot improvisée dans un jardin public à la fin du film fait un bien fou !

7- Le film que vous avez vu en dernier au cinéma :

Je viens d’aller voir Les herbes folles d’Alain Resnais. Le titre, l’affiche, le tempérament de Resnais… tout me faisait attendre un film léger et spirituel, plein de fantaisie. Au lieu de ça, j’ai vu un film pesant, angoissant même au début, et pour tout dire terriblement plombant.

Dommage !

8- Un film dont vous avez regretté d’avoir payé la place :

Il doit y en avoir beaucoup, car je collectionne les abonnements et vais beaucoup au cinéma. J’aime particulièrement aller voir des films dont je ne sais rien alors forcément… Mais j’ai la faculté précieuse d’oublier aussitôt les mauvais moments et de ne garder que les bons. S’il faut vraiment en citer un, je vais donc seulement pouvoir citer le dernier navet que j’ai vu. Il va falloir que je m’aide d’Internet parce que j’ai déjà oublié son titre (qu’est ce que je vous disais !). Bougez pas donc, je reviens…

WhiteoutVoilà, ça s’appelait Whiteout. Ça se passait dans la glace. Tellement de glace, qu’au bout d’un moment,  j’ai remis mon écharpe. Et quand un vent glacé s’est mis à tournoyer, qu’une véritable tempête de glace s’est déchaînée, j’ai remis mon manteau. Une fois ainsi accoutrée, je me suis dit :  Et si je m’en allais ? Mais non, je suis restée. J’aime tellement perdre mon temps…

9- Un film qui vous fait réfléchir sur la vie :

Rat blanc

Là encore, il y en a beaucoup ! Mais quand on va beaucoup au cinéma, parfois c’est la vie qui réfléchit le cinéma. Vous savez quand dans la vie on se dit  « j’ai déjà vécu ça au cinéma ! ». Moi ça m’arrive souvent et ça a tendance à me faire rigoler toute seule bêtement.

Mon oncle d'AmériqueÇa me fait penser à un film, que j’ai envie de caser quelque part parce que je l’ai revu souvent, surtout pour son début : Mon oncle d’Amérique d’Alain Resnais. Vous savez ce film inspiré de « L’éloge de la fuite » d’Henri Laborit. Un film qui illustre des théories qui ne font pas vraiment plaisir. Mais un film tellement génial ! Dans ce film, qui fait beaucoup réfléchir sur la vie, il y a aussi de ces moments où la vie réfléchit le cinéma, où des scènes de films se superposent aux pensées des personnages. Un film à voir absolument, si ce n’est pas déjà fait !

10- Un film qui vous a donné envie de tomber amoureuse

La femme d'à côtéJe ne suis pas sûre que ce film donne envie de tomber amoureux, peut-être même qu’au contraire il peut faire peur, mais c’est un des plus beaux films sur l’amour que j’aie vu : La femme d’à côté de François Truffaut.

11- Un film qui vous a fait tordre de rire :

Little Miss SunshineJ’ai pleuré de rire au cinéma devant Little Miss Sunshine. Mais en dvd, j’ai moins ri. Comment cela se fait-il ? En tous cas j’adore ce film ! Parfois je trouve le cinéma américain un peu… bof… mais là… quand les Américains se moquent d’eux-mêmes… Chapeau !

12- Un film qui vous a révélé un acteur que vous suivez à présent :

Antoine Doinel / Jean-Pierre Leaud

Les quatre cent coups de François Truffaut nous a révélé un acteur. Ce n’est peut-être pas le premier que j’ai vu avec Jean-Pierre Léaud, mais bien sûr c’est le premier pour lui. Et c’est un acteur que je trouve fascinant, avec un grand potentiel comique, mais aussi une part de folie, de démesure, qu’illustre parfaitement une scène de Truffaut où il répète encore et encore son nom de personnage devant un miroir : « Antoine Doinel, Antoine Doinel, Antoine Doinel… ».

13- Un film qui vous a fait pleurer comme une madeleine

WilsonDans Seul au monde, vous vous souvenez du moment où Wilson tombe du radeau ? J’étais effondrée !

14- Un film dont vous avez aimé un personnage en particulier :

Est-ce que vous avez compris combien j’aime Antoine Doinel ? Si non, passez à la question suivante.

15- Un film que vous regardez chaque année :

Baisers volésBaisers volés de François Truffaut (ben oui encore lui, un cinéaste qui me manque beaucoup). C’est un film que je regarde très régulièrement, un film qui me met en joie. De toute façon j’aime toute la série des Doinel. J’ai un très gros faible pour le premier (Les quatre cent coups), le plus triste, le plus émouvant, le plus autobiographique aussi. Mais Baisers volés est au contraire le plus léger, le plus souriant. D’ailleurs si vous voulez savoir la différence entre tact et politesse, il vous faut absolument voir ce film !

Voilà, j’ai cité des films français et des films américains, parce que c’est tout ce que je connais. J’aimerais pourtant tellement voir des films allemands, des films d’Europe de l’Est… Mais pourquoi en voit-on si peu ?

Et maintenant je tague Choco avec l’espoir qu’elle nous parle du cinéma asiatique, qu’elle semble beaucoup aimer.

Et puis je tague Loïc pour qu’il nous redonne envie de voir des films de Godard et d’autres choses encore.

Publié dans:  on 17 novembre 2009 at 10:29 Commentaires (17)
Tags:

Le plus considérable des luxes

BW

“Je pars.
Toujours il dit Je pars, je me tire.”

Alors que la rentrée littéraire me faisait sombrer petit à petit dans un ennui sans fond, ce livre m’a réveillée. J’appelle ça un livre parce que je ne sais pas ce que c’est. Pas un roman, pas un essai, pas vraiment un récit. Un dialogue peut-être, avec le lecteur pour témoin, ou une biographie à deux voix.

BW c’est Bernard Wallet, le fondateur des éditions Verticales. Il a failli perdre la vue. Pendant les 15 jours qu’a duré sa cécité, il a parlé à Lydie Salvayre, sa compagne, lui a plus ou moins raconté sa vie. Le livre est né dans ce laps de temps. C’est finalement une sorte de portrait que Lydie Salvayre nous livre, mais le portrait d’un homme constamment en mouvement, toujours sur le départ, très souvent en colère.

La complicité entre celui qui parle et celle qui écrit est plus que touchante, tout comme l’admiration, l’amour qu’elle lui porte. Le dispositif d’écriture, avec les insertions  “je l’écris ?”, “écris-le” m’a au début plutôt amusée. Puis  j’y ai vu bien plus qu’un amusement, comme si Lydie Salvayre avait trouvé là la forme parfaite pour écrire ce qu’elle avait à écrire.

“BW déteste l’eau plate.
Écris-le. C’est important.
On ne peut pas éditer des livres, et boire de l’eau dite plate, enfin quoi !”

Le personnage BW aime la démesure. Il nous fait rire, il nous agace aussi bien souvent. Il prend d’ailleurs un malin plaisir à dire des énormités.

“Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”

BW se veut un personnage d’exception, quelqu’un d’atypique. Il a pourtant fait ce que toute sa génération a fait, à savoir partir sur les routes sac au dos, aller à Katmandou et ailleurs. Le récit de ses voyages aurait pu ressembler à une soirée diapos, quand les anecdotes sont bien plus intéressantes pour celui qui raconte que pour ceux qui écoutent. Mais là encore, le dispositif de Lydie Salvayre sauve le lecteur de l’ennui. Le lecteur est d’ailleurs au coeur du dispositif, son ennui éventuel anticipé. Grâce aux allers et retours entre récit, présent de l’écriture et présent du dialogue,  ce qui s’écrit n’est jamais naïf, jamais au premier degré. Lydie Salvayre se moque parfois de BW, ponctue les paroles qu’elle rapporte de petites incises ironiques, tandis que BW, ne se prenant pas lui-même trop au sérieux, raffole des ruptures de ton.

Dans ce livre il y a donc les voyages de BW, Beyrouth en pleine Guerre du Liban, quelques souvenirs d’enfance (une enfance dont il aimerait se débarrasser), sa formation intellectuelle, ses lectures, et puis l’édition à laquelle il a consacré 30 ans de vie et qu’il est en train de quitter.

“Mais ne t’inquiète pas, dit BW. En bon professionnel du livre, je sais tourner les pages, tu ne ris pas ? Et je pars sans souffrir, puisque mon coeur n’y est plus, ni mes yeux, ni ma tête.”

BW a fondé les éditions Verticales en 1996. Dix ans plus tard, ce sont des querelles de personnes, des rivalités qui le poussent vers la sortie. Mais bien sûr ce n’est pas la seule raison. Le constat qu’il fait sur la situation actuelle de l’édition est très pessimiste. Il pense que les éditeurs actuels, par leur course au profit, sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Il les considère responsables de la mort de la littérature qui est, selon lui, inéluctable.

Enfin il y a de beaux passages sur les gouffres de BW, sa relation à la vie, à la mort. Mais on ne s’épanche pas longtemps dans ce récit. Aussitôt l’interdiction d’aller plus loin tombe comme un couperet.

“Prière de ne pas entrer dans ma mélancolie privée, please ! De plus, le spectacle du déprimé est l’un des plus obscènes. Berk ! Il faut à tout prix dissimuler sa laideur.”

C’est bon signe, quand je truffe un billet de citations. Allez, encore une pour finir :

“J’aimerais tant, dit BW, le regard perdu, être content de vivre, serein d’esprit, imbu de moi comme de toi. “

J’ai lu BW dans la jubilation et je vous le recommande.

BW / Lydie Salvayre, Seuil (Fiction & Cie), 2009, 205 p., ISBN 978-2-02-099711-9

Lydie Salvayre (1948-…), psychiatre de formation, a déjà beaucoup écrit. Citons pour l’exemple : La compagnie des spectres, Les belles âmes, Portrait de l’écrivain en animal domestique, etc.

Les avis plutôt positifs de Mango et Gambadou, ceux un peu tièdes de George et Lau(renceV), celui tout en détestation d’un certain Michael, et l’abandon d’Esméraldaé.
Le billet en forme d’hommage de Pierre Maury, et celui, exalté, de François Bon.

P.S.1 Personnellement je pense que si quelque chose meurt, ce sera le roman. Mais heureusement les livres inclassables resteront.

P.S.2 Peut-être qu’il faut emporter ce livre sur l’île déserte. Pas pour le lire tranquillement sur le sable, en attendant que ça passe, mais plutôt pour y puiser la force de s’enfuir.

Masse critique de Babelio

Je remercie Babelio et les Éditions du Seuil pour ce livre reçu dans le cadre de l’opération Masse critique (pas sûr que ça plairait beaucoup à BW tout ça ! :) )

J’ai failli oublier :

Livres voyageurs Fidèle à mon habitude, je fais de ce livre un livre voyageur (c’est-à-dire que je le prête à tout blogueur de lecture connu de moi qui en fera la demande en commentaire). (Et ça je pense que ça plairait à BW ! :) )

8/71%

“Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”"Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”

Challenge du 1% : mon bilan rien qu’à moi

Challenge du 1% littéraire 2009

Ça y est, j’y suis ! J’ai lu 1% des romans parus en cette rentrée littéraire. Et ce qui est vraiment dommage, c’est qu’aucun ne m’a vraiment emballée. Pourtant j’en ai bien aimé 5 sur les 7.  Ce n’est pas si mal, mais ce n’est pas l’enthousiasme. Je reviens donc sur les 7 livres lus, dans une tentative de classement du moins au plus apprécié.

Comme un garçonCelui qui m’a le moins intéressée est certainement le roman autobiographique de Pierre-Louis Basse, Comme un garçon, chez stock. Ce n’est pourtant pas un livre antipathique, mais il ne m’a absolument rien apporté.

Le sommeil du caïmanPassons donc plutôt au roman de l’espagnol Antonio Soler, Le sommeil du caïman, chez Albin Michel. J’aurais pu rapprocher ce roman des Mains rouges, dont je parle plus bas, car ce sont deux retours sur le passé à partir d’aujourd’hui, deux récits mêlant petite et grande histoire, un retour sur le franquisme en ce qui concerne ce roman. Sauf que le roman de Soler m’a beaucoup plus ennuyée. J’ai eu l’impression de lire un roman complètement creux écrit par un bon faiseur, mais qui avait à peine de quoi écrire une nouvelle pas bien palpitante et l’a étirée sur 200 pages finalement bien décevantes.

Viennent ensuite deux premiers romans français, chacun reçu de son éditeur, par l’intermédiaire de Chez les filles pour le deuxième.

ContretempsLe premier de ces romans est Contretemps de Charles Marie, Aux forges de Vulcain. Un premier roman plein de fantaisie, d’humour, du sens de la formule comme du sens de l’absurde, mais un roman tout de même un peu vain. Heureusement, un court roman.

Nouveaux IndiensLe deuxième est le roman de Jocelyn Bonnerave, Nouveaux Indiens, au Seuil. Une histoire absolument grotesque, mais racontée avec humour, fantaisie, sens du jeu, par un auteur qui n’a peur de rien et surtout pas du ridicule.

Les mains rougesVient ensuite Les mains rouges du danois Jens Christian Grøndahl chez Gallimard. Il y est question d’un retour sur le terrorisme d’extrême gauche en Allemagne dans les années 70. Mais ce sont aussi des retrouvailles au présent, l’occasion pour deux personnages dans la quarantaine de faire le bilan de leur vie. Sur le moment j’ai été très charmée par ce roman, par la sensibilité de l’auteur, sa douce mélancolie. Mais avec un peu distance, je dois bien reconnaître qu’il n’a rien d’inoubliable.

Viennent enfin les deux romans que j’ai trouvés les plus intéressants de ma petite sélection.

NetherlandLe premier, Netherland de l’américain Joseph O’Neill (en fait le roman est américain mais l’auteur est d’un peu partout) aux Éditions de l’Olivier, est le seul des 7 romans à essayer de penser le monde contemporain. Et ce n’est pas rien ! C’est un roman très intéressant à plus d’un titre, mais pourquoi m’a-t-il autant ennuyée ?

La femme de midiVient enfin le roman qui m’a le plus surprise, La femme de midi de l’allemande Julia Franck chez Flammarion. C’est un roman très classique dans la forme, je dirais même que c’est le roman le plus romanesque que j’aie lu en cette rentrée. Car c’est une véritable saga, un roman à plusieurs personnages, qui dure presque le temps d’une vie, et qui nous raconte l’histoire d’une famille aux prises avec la grande histoire. C’est le genre de roman très narratif qu’on lit avec de la curiosité pour la suite de l’histoire, en s’attachant aux personnages, etc. Un roman donc qui ne révolutionnera pas la littérature du 21e siècle, mais qui a très très bien fonctionné avec moi. C’est-à-dire que je ne l’ai pas lâché. J’en ai également apprécié l’écriture, la sensualité. Et Julia Franck est certainement des 7 auteurs que j’ai lus, celle dont je vais attendre la prochaine parution en français avec le plus d’impatience.

Et maintenant ? Eh bien je continue. J’ai encore un premier roman français reçu des éditions Aux forges de Vulcain, je viens de recevoir un roman français de la rentrée dans le cadre de Masse critique (merci Babelio), j’ai reçu en prêt un gros roman français dont on a beaucoup parlé (merci Noryane), je me suis offert un roman russe, et on vient enfin de me rendre le roman de la rentrée qui me faisait le plus envie, celui que j’avais acheté dés sa sortie, que je venais de commencer, et que je m’étais honteusement fait piquer par quelqu’un qui en plus l’a gardé deux mois, ce qui est absolument scandaleux. Je suis donc en marche vers le 2% !

Publié dans:  on 12 novembre 2009 at 8:05 Commentaires (23)

Le sommeil du lecteur n’est pas celui du caïman

Le sommeil du caïman

“Je ne suis qu’un amoncellement de souvenirs. C’est là ma seule identité. Un archiviste désordonné, plein d’hallucinations et de caprices. Incohérent. L’incohérence est la seule vérité possible, la vérité de l’instant. J’ai mis beaucoup de temps à l’apprendre.”

Il est réceptionniste dans un hôtel à Toronto, au Canada, depuis plus de trente ans et à six mois de la retraite. Arrive alors dans son hôtel un certain Luis Bielsa, un espagnol de soixante-seize ans. Bielsa ne semble pas reconnaître le réceptionniste. Mais le réceptionniste se souvient. Il revoit l’été 1956 à Barcelone. Il avait alors vingt-cinq ans et croyait à la révolution…

“Dans le clignotement du téléviseur apparaît un caïman immobile. Endormi ou mort, il flotte à la dérive au bord d’une mare et un jeune daim s’approche pour boire. Soudain le daim n’est plus qu’un amas de chair, de sang qui teint la couleur ocre de la mare.”

Ce roman est l’histoire d’une trahison et d’une vengeance bien des années plus tard. On le sait dés le début du roman. On n’en sait guère plus à la fin. J’ai trouvé ce roman complètement creux, d’un ennui mortel. Je dois reconnaître à l’auteur un certain savoir faire, mais à quoi bon ?

Il y est bien question également de la mémoire, des fantômes, du souvenir d’une histoire d’amour de jeunesse, des souvenirs traumatisants des prisons franquistes, de la torture et autres joyeusetés, mais rien de bien palpitant. Comme le ressassement de la mémoire, le récit est répétitif, il tourne sur lui-même indéfiniment. Antonio Soler manie très bien la répétition, le style est élégant, mais son roman particulièrement soporiphique.

Le sommeil du caïman / Antonio Soler, traduit de l’espagnol par Françoise Rosset (titre original : El sueño del caimán), A. Michel, 2009, 207 p., ISBN 978-2-226-19396-4

Antonio Soler (1956-….) est l’auteur de Les héros de la frontière (1999), Les danseuses mortes (2001), Le spirite mélancolique (2004), Le chemin des anglais (2007).

Sur le site Rentrée littéraire, on peut lire une longue critique d’un blogueur que ce roman a de toute évidence passionné.

7/71%

Challenge du 1% : premiers romans étrangers

Dans mon dernier bilan du challenge du 1%, j’avais annoncé la publication prochaine sur ce blog de listes thématiques de nouveautés, pour donner quelques idées de lecture à ceux qui en manqueraient. Voici donc une liste de premiers romans étrangers de la rentrée. Certains ont l’air gratiné (un surtout, amusez-vous à chercher lequel ! ;) ) mais ce n’est pas le cas de la majorité de ces premiers romans. A chacun donc de voir ce qui peut lui convenir :

1. Adalina / Silvio Huonder (La dernière goutte) -> premier roman suisse de langue allemande

Présentation de l’éditeur :

Adalina“Une force mystérieuse pousse Johannes Maculin, artiste berlinois, à retourner sur les lieux de l’enfance, une petite ville suisse enserrée dans un paysage grandiose. Que s’est-il passé il y a vingt ans ? Quels secrets inavouables retiennent Maculin prisonnier d’un amour de jeunesse ? Personne n’échappe bien longtemps aux fantômes du passé. Pour Maculin, le fantôme qui le hante se nomme Adalina. Banalité de la perversité serait un sous-titre idéal pour ce roman construit comme une intrigue policière. Le récit d’une histoire d’amour tragique et d’un deuil impossible.”

2. Un amour exclusif / Johanna Adorjan (Presses de la cité) -> premier roman allemand

Présentation de l’auteur :

Un amour exclusif“Ce livre raconte l’histoire de Vera et István, deux Juifs hongrois survivants de la Shoah, qui ont fui les émeutes de Budapest en 1956, ont trouvé refuge au Danemark et se sont donné la mort à Copenhague en 1991. C’est l’histoire d’un amour hors du commun. L’histoire de mes grands-parents.”

3. Dans le berceau de l’ennemi / Sara Young (Belfond) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Dans le berceau de l'ennemi“Un roman déchirant qui s’appuie sur un épisode relativement méconnu de la Seconde Guerre mondiale : les Lebensborn, ces « haras humains » créés par l’administration du Troisième Reich, afin que des sujets de pure race aryenne procréent pour constituer l’élite du futur empire.”

4. La fenêtre berlinoise / Sasa Ilic (Gaïa) -> premier roman serbe

Présentation de l’éditeur :

La fenêtre berlinoise“Envoyé à Berlin par une ONG de Belgrade, un jeune homme vient recueillir les mots des exilés, ceux que la guerre ou les aléas de l’Histoire ont déplacés d’une nation à l’autre, d’une vie à l’autre. Se laissant guider par le hasard, il va de rencontre en rencontre. Sur un banc d’Alexanderplatz, il croise la destinée de Viktor Greber, vieil homme à la générosité attentive, convoquant le fantôme d’une chanteuse de cabaret des années 30 ou les traits d’un amour disparu dans la tourmente de l’ex-Yougoslavie. Dans les couloirs du métro, il suit la silhouette d’Ana Djadić, une marionnettiste de théâtre qui ne se confie qu’à ses pantins. Saša Ilić capte les pulsations de Berlin et de ces vies invisibles. Pierre après pierre, il fait tomber les murs du silence et de la douleur, et rend leur place aux déclassés, aux oubliés, en ouvrant grand les fenêtres sur leurs existences.”

5. Judy B. / Rose Heiney (Naïve) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Judy B.“Judy Bishop, 23 ans, tient une chronique de « fille » branchée tous les dimanches dans un journal anglais. Sous le nom de plume Judy B., elle s’invente un personnage mondain et excentrique, folle de garçons, d’alcool et de shopping, complètement à l’opposé de sa vraie vie : Judy est en réalité une jeune femme boulotte, qui vit terrée chez elle et n’a jamais eu de rapports sexuels. Pour elle, cette chronique est une simple corvée alimentaire. Sa vraie passion est la comédie musicale ; étudiante, elle a fait partie d’une troupe de théâtre amateur, mais sa « carrière » a tourné court.”

6. Loving Franck / Nancy Horan (Buchet-Chastel) -> premier roman américain

Présentation de l’éditeur :

Loving Franck“En 1903 à Chicago, l’homme d’affaires Edwin Cheney et son épouse Mamah Borthwick Cheney passent commande de leur nouvelle maison à l’enfant terrible et déjà célèbre de l’architecture américaine, Frank Lloyd Wright. Six années plus tard, la bonne société de Chicago et la presse américaine sont secouées par le plus grand scandale de ce début de siècle : Mamah, tombée entre temps passionnément amoureuse de Frank, quitte Edwin et leurs deux enfants pour suivre l’architecte renommé en Europe. Lui-même abandonne sa femme Catherine et six enfants pour vivre cette passion. (…) Captivante fiction historique documentée par l’autobiographie de Frank Lloyd Wright, par les lettres de Mamah Borthwick et par les très nombreux articles dans la presse de l’époque, Loving Frank mêle tout à la fois intrigue amoureuse, émancipation féminine et une plongée dans l’univers d’un des plus grands maîtres de l’architecture moderne.”

7. Le souffle de l’éternité / Ronlyn Domingue (Archipel) -> premier roman américain

Présentation de l’éditeur :

Le souffle de l'éternité“Nouvelle-Orléans, années 1920. Graziella Nolan éprouve une passion pour Andrew lorsqu’elle est victime d’un accident. En un instant, elle laisse derrière elle son seul et unique amour et son rêve de devenir médecin. Mais Graziella refuse de partir pour l’au-delà et, de son étrange point d’observation, continue à contempler le monde, à la recherche d’Andrew, dont elle a perdu la trace. Au début des années 2000, un jeune couple fait l’acquisition d’un meuble ayant appartenu à Andrew. Le fantôme de Graziella, qui rôdait autour du meuble dans l’espoir de retrouver son fiancé, « s’installe » chez Amy et Scott. Bientôt, Graziella découvre que tous deux traversent une passe difficile…”

8. Le livre des nuages / Chloé Aridjis (Mercure de France) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Le livre des nuages“Tatiana a quatorze ans quand elle a cette terrifiante vision. Seize ans plus tard, elle revient à Berlin pour étudier, puis pour y vivre de petits travaux, pour rêver un peu, pour être seule. Elle flotte dans la vie, se promène sur un nuage, ne s’implique jamais nulle part. Son obsession, c’est cette ville et son horrible passé, la guerre d’abord, puis le Mur, la coupure. Elle va croiser d’autres fantômes, se mêler à eux dans les rues, le métro encore, les mystérieux souterrains côté Est, nous entraînant à sa suite dans des récits d’une grande poésie, même s’ils sont parfois très noirs. Jusqu’au jour où la violence va frapper.”

9. Un train nommé Russie / Natalia Klioutchareva (Actes Sud) -> premier roman russe

Présentation de l’éditeur :

Un train nommé Russie“Nikita, qui s’évanouit à tout bout de champ comme le prince Mychkine de L’Idiot, ne peut oublier Iassia, son amour de jeunesse, cheveux multicolores, poétesse déjantée qui finira sexy model. Il parcourt la Russie en train et croise toute une humanité – une vendeuse à la sauvette et ses deux enfants, une réfugiée de Groznyi, un philosophe, un membre de la police secrète, un travelo, des gentils, des méchants… et même un prêtre président de kolkhoze. Quand les amis de notre héros lui demandent : “Pourquoi chercher la Russie, puisqu’elle est en toi ?”, il ne sait que répondre et continue sa fuite en avant, comme s’il voulait se fondre dans cet univers matriciel…”

BONNES LECTURES !

Publié dans:  on 9 novembre 2009 at 8:19 Commentaires (18)

Le plaisir de la captive

Petite pause dans mon Challenge du 1% littéraire 2009, le temps de faire une petite place à la Chaîne des livres. Je vous en rappelle le principe, car cela fait si longtemps que je n’avais pas reçu de livre de la chaîne, que j’ai moi-même besoin de me rafraîchir la mémoire. C’est donc une chaîne de livres organisée par Ys depuis le mois de février. Nous sommes 26 enchaînés, 26 blogueurs à avoir chacun proposé un livre à faire découvrir aux autres. Nous en sommes à peu près au tiers de la chaîne, puisque j’en arrive au 9e livre reçu. Celui-ci a été proposé par Le Bookomaton.

Le plaisir de la captive

Ce recueil de récits m’est tombé des mains dés la quatrième de couverture. Ce que je viens d’écrire est très injuste, car bien entendu la quatrième de couverture n’a pas été écrite par l’auteur. Elle m’a juste donné une idée du principal thème abordé par ce recueil, à savoir l’anéantissement de la culture indienne en Argentine à la fin du XIXe siècle. Et là je dois vous avouer que le sujet même du recueil était a priori rebutant pour moi. Mais comme la littérature ne se limite pas à son sujet, j’ai pris mon courage à deux mains, je me suis rappelé la règle des 50 pages édictée par l’enchaînée en chef, et j’ai choisi au milieu du recueil une nouvelle de 20 pages pour commencer.

Dans le récit “La révélation”, le mot révélation est à prendre au sens photographique. Le narrateur développe des photos d’Indiens, des photos datant des débuts de la photographie dont il a trouvé les négatifs dans des archives. A partir des photos, des portraits d’Indiens révélés petit à petit sous ses yeux, il imagine la vie de ces Indiens avec lesquels il dialogue, leurs coutumes qu’il nous raconte, des coutumes plus barbares les unes que les autres, des histoires de femmes esclaves de leurs hommes, de femmes blanches capturées, mutilées, torturées…

Le récit suivant, “Lune rouge”, peut être résumé par son sous-titre : “Notes sur la fonction de gardien du feu dans les tribus piroguières de la Terre de Feu”.

Et si on passait plutôt à la nouvelle qui donne son titre au recueil ? Dans “Le plaisir de la captive” une fillette échappe à une attaque d’Indiens en s’enfuyant à cheval poursuivie par celui qui était en fait le nouvel empeur des Pampa, avant de tomber dans ses bras à la fin de la nouvelle.

Je n’ai lu intégralement aucun des récits qui composent ce recueil. L’écriture m’a paru très maniérée à force de vouloir faire littéraire. En conclusion, comme j’ai mauvais esprit, je dirais que ce recueil ne m’a pas captivée et ne m’a apporté aucun plaisir.

Le plaisir de la captive / Leopoldo Brizuela, traduit de l’espagnol (Argentine) par Bernard Tissier (titre original : El placer de la cautiva), José Corti (Ibériques), 2006, 260 p.

D’autres avis : Mais où est l’avis d’Isil qui m’a fait suivre ce recueil ? Je ne comprends pas du tout ce qui a pu se passer ! Ah si, elle vient de m’annoncer que son billet était prévu pour demain, ou après-demain, ou encore après. Si j’ajoute à ça les courts constats d’abandon de Stephie et Doriane, il reste finalement l’avis enthousiaste de Karine et les avis négatifs de Bladelor, Hathaway, Fashion et Yueyin (plusieurs d’entre elles n’ayant pas terminé le recueil).

chaîne de livres 20099/25

Mes madeleines sont orange comme le café

Tabouret orangeFigurez-vous que j’ai vécu, dans les années 80, dans un appartement décoré par d’autres dans les années 70. Ce petit décalage de 10 ans n’a l’air de rien, mais question décoration ça change tout. Dans les années 80, les murs étaient blancs et les canapés en cuir noir. Les tables étaient de verre, Bernard Tapie était une idole et les jeunes faisaient des écoles de commerce. Les années 70 étaient beaucoup plus peace and love. Il y avait des fleurs partout et les meubles étaient oranges, tout comme les papiers peints. J’ai donc vécu mon enfance dans un jet lag permanent.  Pour  faire un voyage dans le temps, il n’y avait qu’à franchir le seuil de chez moi. D’ailleurs souvent, au cinéma, il m’arrive de penser que ceux qui font les décors des reconstitutions historiques n’ont rien compris à la vie des vrais gens. Les vrais gens ne vivent pas dans le dernier numéro de Maison et jardin ni dans les pages déco de Madame Figaro. Mais passons !

Les murs de la cuisine étaient tapissés de grosses fleurs orange et jaunes très serrées. La salle de bain était à rayures orange, jaunes et blanches. Et ma chambre avait un papier à fond blanc (ouf !) mais couvert de fleurs orange, plafond compris. Comme ma mère avait le sens de l’harmonie des couleurs, bien que l’époque soit au noir et au blanc, elle avait réussi à me dénicher une descente de lit orange à poils longs et des voilages orange.  Dans la salle de bain, le tabouret était en plastique orange, tout comme les pinces à linge en forme de nounours (eh oui ! j’ai eu une enfance très  difficile).  Dans la cuisine, l’électroménager (certainement acheté au cours de la décennie précédente) était très majoritairement orange. Il y avait notamment un accessoire que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, à savoir un ouvre-boîte électrique orange (oui c’était un temps où les boîtes ne s’ouvraient pas encore toutes seules). Il y avait aussi un moulin à café électrique orange. Pourtant en ce temps là on trouvait déjà du café moulu partout, mais ma mère était une rebelle. Elle pensait que le café moulu maison a plus d’arôme. La bonne odeur du café venait donc chatouiller mes marines bien avant que je ne me lève pour avaler mon chocolat chaud. Depuis, même l’expresso le plus médiocre qui soit a pour moi la saveur de la meilleure des madeleines.

Bien sûr j’ai détesté l’orange de toute mes forces. Aujourd’hui je ne l’aime pas encore beaucoup. Mais je l’aimerai, c’est certain, car c’est mon héritage. Déjà j’aime l’automne, “l’éternelle litanie des feuilles mortes dans le vent”.

Déjà j’ai aussi un rideau de douche très flower power.

Flower Power

Mais Mango voudrait que je vous montre 7 objets orange qui se trouvent chez moi. Comme si j’avais 7 objets orange ! Pas encore,  c’est trop tôt, je n’ai pas encore l’âge de boucler la boucle. Il y a bien quelques pois orange sur la couverture polaire dans laquelle je m’enroule pour lire ou visionner un dvd, mais celle-ci est aussi blanche, rouge, violette, alors je ne sais pas si ça compte !

Couverture à pois

Parfois je lis des livres orange, mais alors pas souvent. Et croyez-moi, je ne les ai pas choisis pour leur couleur !

Livres orange

“Et toi, dors tu ?
Es-tu à ta fenêtre ?
Penses-tu à celui qui pense à toi ?
Rêves-tu ?
Quelle est la couleur de ton songe ?”
(Lettre à Louise Colet, 8-9 août 1846 / Flaubert)

Parfois aussi, je lis des livres qui ont juste un petit peu de orange dessus, alors ça ne compte pas complètement mais un peu quand même.

Perec

Parfois j’écoute Brassens mais exclusivement chanté par d’autres que lui, comme par Le Forestier dans son coffret orange.

Le Cahier

Parfois encore j’écoute des chansons sur un disque orange ôté d’une pochette orange.

Parler aux anges

“J’ai laissé tout à l’heure
500 pages d’un livre
d’un auteur qui me livre
ses regrets ses douleurs.
Ces mots qui me dévastent,
ces envolées lyriques,
ces sentences bibliques,
qu’on est encore plus seul.

Ses amours déchirées,
ses suicides manqués,
le mal de vivre à outrance…”
(Tristesses / Pierre Vassiliu)

J’ajoute à ça que j’adore les clémentines, les carottes râpées et la soupe au potiron. Mais je ne mettrai pas de photo, car  je suis sûre que vous visualisez tous très bien ce dont il est question.

Bon ben voilà, le compte est bon !

Et maintenant je tague 7 personnes :

Dominique en rouge
Lilly à fleurs
Fashion à pois
Isil à rayures
Ys en drapeau anglais
Caro[line] en tigré
et comme  Erzébeth est un peu notre chouchoute à tous
et que ses supplications en commentaire ont réussi à me faire fléchir un peu,
je la tague dans la couleur ou le motif de son choix !

AMUSEZ-VOUS BIEN !

Publié dans:  on 7 novembre 2009 at 11:18 Commentaires (21)

Nous ne sommes pas dans le royaume de la logique

Netherland

“Je me souviens, également, avoir essayé de me débarrasser d’une nouvelle et intense tristesse que je suis capable seulement maintenant d’identifier sans hésiter : la tristesse qui nous vient quand le miroir du monde n’offre plus de surface dans laquelle on peut reconnaître son véritable reflet.”

Hans van den Broek, un anglais d’origine hollandaise, vit à Londres avec sa femme Rachel et leur petit garçon. Un soir  en 2006, il reçoit un coup de téléphone d’une journaliste qui lui apprend la mort de Chuck Ramkissoon, un américain originaire de Trinidad. Chuck a été retrouvé mort dans un canal, les poignets menottés, de toute évidence victime d’un meurtre. Alors Hans se souvient des quelques années qu’il a passées à New York.

L’essentiel du roman se situe juste après le 11 septembre. L’effondrement des tours a ébranlé l’Amérique et le couple de Hans. Rachel ne supportait plus de vivre dans la peur d’un attentat et a préféré rentrer à Londres. Hans fait donc des allers et retours fréquents entre Londres et New York. Il est assez désorienté. Tandis qu’il traîne son ennui dans New York, ses pensées vagabondent. C’est alors qu’il rencontre Chuck, très différent de lui, mais partageant sa passion pour le cricket…

Si j’étais critique littéraire, je tenterais probablement de rendre compte de ce roman avec le maximum d’objectivité. J’en vanterais donc les innombrables qualités sans parler de ma propre lecture. Pour en montrer toute la richesse, je commencerais certainement par énumérer quelques uns des thèmes abordés par ce roman : la ville de New York, l’après 11 septembre, les communautés d’immigrés aux États-Unis, le rêve américain, le cricket, les joies de la vie de famille, le déclin du couple, la nostalgie de l’enfance… J’évoquerais certainement le style superbe, “bien écrit mais pas trop”, l’habileté de l’auteur pour jouer avec le temps, balader son lecteur entre Londres aujourd’hui, New York hier et les Pays-Bas avant-hier. Je dirais certainement le plaisir qu’il y a pour un lecteur à trouver sa place dans un roman, quand l’auteur n’en dit pas trop, ne lui mâche pas trop le travail de lecture en surinterprétant tout à sa place. Bref si j’étais critique littéraire, je dirais que ce roman est un excellent roman, certainement un des meilleurs de la rentrée.

Mais comme je suis une blogueuse qui parle des livres en toute subjectivité, il faut que je vous dise combien ce roman m’a arraché des bâillements d’ennui. Au bout d’une centaine de pages, il m’est tombé des  mains. Il est resté là, fermé, m’ayant coupé toute envie de lire même autre chose, pendant des jours, peut-être des semaines. Et puis un jour quelqu’un m’a posé la question rituelle : “Qu’est-ce que tu lis en ce moment ?”. Alors j’ai raconté cet abandon de lecture et j’ai tenté  de me justifier. J’ai dit à mon interlocuteur qu’il ne se passait rien dans ce roman, qu’Hans et Rachel étaient les personnages les plus ennuyeux que j’aie rencontrés dans un roman (lui analyste financier, elle avocate, leur loft, leur bébé, les baisers qu’elle lui refuse, et plus tard l’amant, le psychothérapeute, le conseiller conjugal… (d’ailleurs, parenthèse dans la parenthèse, je pense que la petite famille traditionnelle et la réussite sociale sont les thèmes les plus chiants et les moins romanesques qui soient) ). Et puis je me suis mise à énumérer tous les thèmes abordés par ce roman, en m’étonnant qu’un roman dans lequel il ne se passe rien puisse en aborder autant. Et finalement je me suis donné envie à moi-même de reprendre ma lecture.

Alors j’ai repris ce roman. J’ai encore réprimé quelques bâillements, mais j’y ai tout de même pris goût. Et au lieu de déplorer le manque d’action, je me suis même surprise à en apprécier surtout les passages les plus contemplatifs, par exemple quand Hans surfe sur Google Earth ou quand il regarde tomber la neige pendant des heures. Enfin j’y ai même trouvé quelques (rares) notes d’humour. Finalement je crois qu’au début ce roman m’avait tout simplement communiqué sa tristesse. Et en lectrice éponge j’avais absorbé l’ennui de Hans, sa solitude et son désoeuvrement.

“Nous ne sommes pas dans le royaume de la logique mais dans celui de la mélancolie, et je persiste à penser que la mélancolie est une condition respectable et sérieuse. Comment, sinon, rendre compte d’une bonne partie de notre vie ?”

Si j’étais critique littéraire, je vous raconterais certainement l’anecdote Obama qui semble inévitable pour parler de Netherland (il a dit aimer ce roman qu’il était en train de lire et ça a dopé ses ventes). Mais comme je suis une blogueuse de lecture qui a bien failli laisser tomber ce roman, je me demande surtout si Barack Obama l’a maintenant terminé…

Enfin si j’étais critique littéraire, j’aurais certainement comparé ce roman à Gatsby le magnifique (ils le font tous). Mais comme je ne suis qu’une blogueuse qui ne sait pas apprécier la littérature américaine contemporaine parce qu’elle n’a pas lu tous ses classiques, je vais me contenter d’ajouter une ligne à mon programme de lecture.

Netherland / Joesph O’Neill, traduit de l’américain par Anne Wicke (titre original : Netherland), Éd. de l’Olivier, 2009, 296 p., ISBN 978-2-87929-655-5

Joseph O’Neill (1964-….) est né en Irlande d’une mère turque francophone et d’un père irlandais. Il a vécu aux Pays-Bas, a été avocat à Londres et vit maintenant à New York depuis plus de dix ans. Netherland est son troisième roman mais le premier traduit en français. Il a reçu pour ce roman le PEN/Faulkner Award 2009.

D’autres avis sur les blogs de lecture : Dasola et Keisha.

Livres voyageurs Fidèle à mon habitude, je fais de ce roman un livre voyageur (c’est-à-dire que je le prête à tout blogueur de lecture connu de moi qui en fera la demande en commentaire). Mais sachez que c’est à vos risques et périls. Si vous vous laissez gagner par la crise existentielle de Hans, ses doutes, sa tristesse… je décline toute responsabilité ! Sachez surtout que ce bon roman n’est peut-être pas aussi génial que la presse unanimement dithyrambique a eu tendance à l’affirmer…

6/71%

Si c’est possible, bah alors

Banc public

1) Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature)

Je pense que je m’adresserais à Pierre Michon, car il paraît qu’il s’y connaît en vies minuscules.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaines de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

C’est à ce genre de questions que je mesure combien je vis sur une autre planète !  Je ne sais pas du tout qui est ce monsieur, et un petit tour sur Ggle Images ne m’a même pas donné envie de le connaître. Donc s’il débarque chez moi en petite tenue en réclamant des massages, je m’en débarrasse en hurlant au fou et je replonge dans ma lecture.

3) C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

Je mettrais bien la même anthologie de poésie que celle que j’emporte sur l’île déserte dans un tag précédent, mais les extraterrestres sauront-ils lire le français ? Sauront-il lire d’abord ? Ratus me semble donc tout indiqué !

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Un terrasse de café avec vue sur la mer. Du soleil, un petit vent salé, des goélands et une boisson fraîche ou chaude selon la saison et l’humeur…

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Le narrateur du Meurtre de Roger Ackroyd (très grosse escroquerie littéraire !). Mais si on supprime le narrateur sans attendre la fin, il n’y a plus de roman. Ce serait dommage quand même !

En tous cas par pitié, ne supprimez pas les méchants. Supprimez les héros, les gentils, les consensuels, mais gardez-nous les méchants, les ratés, les anti-héros…

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Sans les blogs de lecture, je ne saurais même pas à quelle série renvoie cette question !  Mais si c’est un méchant je le sauve et je zigouille le petit binoclard à sa place. Et ce dés le 1er tome !!! Héhéhé (rire diabolique !)

7) Jusqu’où êtes-vous allé pour un livre ?

Jusqu’à Château-Thierry. C’est une ville à l’Est de Paris où je me suis retrouvée un soir très tard à chercher un hôtel. Je m’étais trompée de train pour regagner la banlieue où j’habitais alors. Et malgré un trajet beaucoup plus long que d’habitude, je ne me suis aperçue de rien jusqu’au terminus. Évidemment c’était le dernier train… Et tout ça à cause d’un livre !

Mais une fois seule à l’hôtel dans une ville inconnue sans même une brosse à dents mais avec un bon livre, qu’est-ce que j’ai fait d’après vous ?

8) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)

Je ne vais même pas rencontrer les auteurs du présent !

Enfin si on m’obligeait, j’irais voir H.G. Wells. Je ne lui parlerais pas de ses livres (car je ne les ai pas lus). Mais je lui demanderais où trouver une machine à avancer dans le temps…

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Une petite pièce réservée à la lecture avec une méridienne et des étagères qui se remplissent toute seule en fonction de mes désirs ?

Non même pas, ça ne me fait pas rêver ! Je suis plutôt une lectrice d’extérieur. Une lectrice de cafés, de trains et de bancs publics.

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

S’il n’avait cramé que des bouquins…

Et puis s’il-vous-plaît, faites plaisir à la curieuse que je suis, et envoyez-moi plutôt dans l’avenir la prochaine fois !

Je dois ce tag à Choco (à qui j’aurais pu piquer la réponse à la question 7) et il paraît que les instruments de torture ont été inventés par Emma.

Exceptionnellement je ne ferai pas de victime. Mais vous ne perdez rien pour attendre, car j’ai encore un tag sous le coude !

PS. Le smiley à lunettes est involontaire :( . C’est apparemment la traduction du chiffre 8 suivi d’une parenthèse : 8)

Publié dans:  on 4 novembre 2009 at 8:30 Commentaires (14)