Erzébeth a tagué Filmaoueg. Je lui cède donc la place. Mais je vous préviens : le tag est long et Filmaoueg est bavarde.

1- Un film que vous regardiez étant jeune et qui vous remplit de souvenirs :

Un film que j’ai vu une fois et une seule, mais dont j’avais beaucoup entendu parler avant : Premier rendez-vous d’Henri Decoin. C’est un film sorti en 1941. Ma mère l’avait vu je ne sais où, à la télé peut-être. Et elle se souvenait surtout de la chanson, qu’elle chantait souvent : “Ah qu’il doit être doux et troublant, l’instant du premier rendez-vous…”. De l’histoire elle savait seulement me dire qu’il s’agissait d’une orpheline interprétée par Danielle Darrieux qui s’enfuyait d’un orphelinat par amour. Et bien sûr j’imaginais une magnifique histoire d’amour. Longtemps j’ai eu envie de voir ce film, et un jour je l’ai vu. Je vous raconte :
Danielle Darrieux est dans un orphelinat pour jeunes filles. Très surveillée, ne jouissant d’aucune liberté, elle rêve d’évasion et répond à une petite annonce (enfin, il me semble que c’est lui qui a passé une annonce, mais je n’en suis même plus sûre). Elle entame donc une correspondance avec l’homme de l’annonce. Un jour, trompant la surveillance de ses gardiennes avec la complicité d’une amie, elle réussit à se faire prendre en photo et envoie donc une photo d’elle à son correspondant, mais une photo faite à la va-vite et donc pas très ressemblante. Puis arrive le moment du premier rendez-vous. Elle réussit à s’échapper pour aller retrouver l’inconnu dans un café. Mais quand l’inconnu la voit, lui qui pourrait être son père, il la trouve beaucoup trop jeune et beaucoup trop jolie pour lui. Il n’ose donc pas l’aborder. Mais il ne veut pas non plus la laisser attendre en vain. Alors il l’aborde finalement, mais en se présentant comme l’oncle de son correspondant. Le jeune homme aurait eu un empêchement de dernière minute et n’aurait pas trouvé d’autre moyen pour la prévenir. Comme l’orpheline s’est échappée de son orphelinat et ne veut pas y retourner, il offre de l’héberger. Il habite un logement de fonction dans un pensionnat pour garçons. Il est prof, pas très estimé de ses élèves, très chahuté. C’est un homme triste et bon, pour qui on souhaite immédiatement qu’il arrive enfin quelque chose de bien (c’est en tous cas ce que la spectatrice que je suis souhaitait). La jeune fille s’installe donc dans le logement de fonction et attend l’arrivée du neveu, prévue pour le lendemain. Quand celui-ci arrive, cela crée quelques quiproquos, car il n’est pas au courant du mensonge de son oncle. Une fois mis dans la confidence, il continue de faire quelques gaffes, car il ignore totalement la teneur des lettres qu’il est censé lui avoir envoyées. (Et là il faut que j’ouvre une parenthèse : cette histoire de lettres écrites par un autre, moins jeune et moins beau mais tellement plus intelligent, plus fin, plus… ça ne vous rappelle pas quelque chose ?). Mais pas plus maligne que Roxane, l’orpheline ne se doute de rien. Jusqu’au jour où surprenant une conversation, elle comprend enfin. Mais (et c’est là que ma déception fut terrible) cela ne change rien pour elle. C’est le jeune qu’elle épouse après s’être faite adopter par son oncle.
Quelle triste fin ! Je ne m’en suis pas encore remise… Maintenant j’aimerais bien revoir ce film, mais il ne semble pas exister en dvd.
2- Un film que vous connaissez absolument par coeur :

Il y en a plein, car je revisionne énormément. Mais la question me fait penser avant tout au premier film que j’ai eu en cassette vidéo (que j’ai maintenant en dvd) et que j’ai donc revu souvent : Charade de Stanley Donen. Un film qui m’a fait aimer un certain genre de cinéma. Un cinéma élégant avec des acteurs trop beaux pour être vrais. L’intrigue policière la première fois m’avait complètement bluffée. La solution qu’on a sous les yeux depuis le début et qu’on ne voit pas ! Et puis c’est un film américain tourné à Paris…
3- Un film qui a bouleversé votre jeunesse :
« Bouleversé ma jeunesse », comme vous y allez ! Mais je me souviens qu’Un monde sans pitié d’Eric Rochant avait été à l’origine de débats passionnés. Bien plus tard, à l’heure du « Travailler plus pour gagner plus » j’ai eu envie de le revoir. Mais pourquoi Hippolyte Girardot est-il aussi insupportable ? Dommage… Il reste quand même une scène magique, que j’appellerais la scène du balcon.
Un jour, ce devait être en 1999 ou 2000, j’ai vu à Paris dans une petite salle, un film qui m’a fait penser à Un monde sans pitié. Ce film s’intitulait : Micro-ondes. Enfin… je crois. Parce que plus tard, alors que je repensais à ce film, j’ai cherché des informations sur lui, et je n’ai absolument rien trouvé. Je ne me souviens plus si c’est un film français ou pas, tourné à Paris ou pas. Je ne sais pas quels en étaient les acteurs. Rien. Mais je me souviens de l’histoire. Je vous raconte :
Un jeune couple, dans la trentaine. Elle, un peu comme l’héroïne d’Un monde sans pitié, est bien insérée. Elle travaille. Elle fait un job commercial ou quelque chose comme ça. Lui ne fait rien. Il passe ses journées dans leur appartement. Quand elle rentre le soir et lui demande ce qu’il a fait de sa journée, il répond : « Rien ». Parfois elle est un peu énervée de se taper la vaisselle en plus de sa journée, mais elle est gentille quand même avec lui. Elle le défend quand ses amis ou sa famille l’attaquent, lui reprochent de se laisser entretenir. Car elle croit en lui. Autrefois il peignait, alors elle aimerait qu’il reprenne la peinture. Elle se fiche qu’il gagne de l’argent ou non, mais elle voudrait qu’il fasse quelque chose de ses journées, qu’il soit de nouveau habité par quelque chose (là je viens juste de vous raconter les 3 premières minutes du film, l’exposition de la situation). Alors un soir, il décide de faire quelque chose pour elle, pour témoigner de sa reconnaissance en quelque sorte. Il décide de lui offrir un four à micro-ondes. Ça peut paraître bizarre comme idée. Mais pour lui c’est faire un pas de géant vers elle, vers son monde à elle, celui des cuisines équipées, de la vie pratique, à mille lieues de ses propres préoccupations. Il décide donc de lui offrir un micro-onde. Mais il n’a pas un rond. Il ne peut donc pas en acheter un. En plus il prend cette décision à la tombée de la nuit. Alors il part en quête de quelqu’un qui aurait un four à micro-ondes en trop et qui pourrait le lui donner. On le met sur une piste, mais ça n’aboutit pas, alors il part ailleurs. Et comme ça toute la nuit. Là j’avoue que ma mémoire défaille un peu. A un moment quelqu’un se trouve enfermé dans le coffre d’une voiture. Est-ce lui ? Je ne sais plus. A un autre moment, il rencontre une femme, qui comme ça, en deux phrases, lui parle et de la vie et de la mort. Et puis il rencontre une jeune fille. Une fille bien dans son genre, une fille déjà dans le même monde que lui. Alors il tombe amoureux. Oublié le micro-onde ! Oubliée la copine du début ! Ensemble ils vont aller très loin dans la marginalisation, jusque sous un pont, puis jusque dans la mort…
J’ai aimé ce film quand je l’ai vu. Et je l’aimé encore plus quand j’y ai repensé. Alors j’ai cherché partout, dans des bases de données, sur un site spécialisé qui s’appelle imdb, et je n’ai rien trouvé. Peut-être ce film n’a-t-il jamais existé. Peut-être que je l’ai inventé… Non, je ne crois pas. Je l’ai sûrement beaucoup réinventé, mais je ne l’ai pas inventé. Alors un jour où les médias avaient réussi à me convaincre de la toute puissance de Ggle, j’ai tapé sur le célèbre moteur de recherche : Micro-ondes. Et bien sûr, j’ai trouvé ça :

Alors me croyant maligne, j’ai corrigé ma requête. J’ai donc saisi : Micro-ondes film. Et j’ai trouvé ça :

Voilà pourquoi vous êtes mon dernier espoir. Si vous disposez d’informations sur ce film, considérez ce tag comme une bouteille à la mer !
4- Un film que vous auriez aimé écrire/produire :
Je pourrais passer, parce que je ne me reconnais pas vraiment dans la question.

Mais enfin… ça peut être l’occasion de dire l’admiration que j’ai pour Agnès Varda dont j’aime énormément Les glaneurs et la glaneuse. Lui aussi je le revois régulièrement…
A propos de documentaire, il y a un film formidable qui parle d’un écrivain que j’aime beaucoup et qui s’intitule En remontant la rue Vilin, C’est un film de Robert Bober. Mais pourquoi ne le trouve-ton pas en dvd ? Moi je trouve ça scandaleux !
Toujours à propos de documentaire, vous avez vu Histoire d’un secret de Mariana Otero ? Je ne vous dis pas de quoi ça parle, parce qu’il vaut mieux l’ignorer au début. Disons que ça parle de sa mère qui était peintre et est morte quand elle était petite. Très fort !
Il y a un point commun entre ces trois films. Ils ne sont pas bêtement écrits puis tournés. Mais il se passe pendant le tournage même quelque chose qui moi me bouleverse.
5- Un film qui vous a donné envie de faire du cinéma :
Mais c’est aller au cinéma que j’aime !!!
6- Un film que vous avez regardé plus d’une fois :
Je vous l’ai déjà dit : il y en a énormément ! Mais tant qu’à en citer un, j’aimerais citer un petit film français pas très connu mais qui me touche beaucoup : Les apprentis de Pierre Salvadori avec François Cluzet, Guillaume Depardieu et Marie Trintignant. Je l’ai vu pour la première fois au cinéma et je me souviens être sortie de la salle avec un sourire jusqu’aux oreilles, alors que le film raconte l’histoire de deux paumés, l’un complètement dépressif, l’autre un peu voyou… Mais il y a dans ce film beaucoup d’humour, de sentiments, et la petite partie de foot improvisée dans un jardin public à la fin du film fait un bien fou !
7- Le film que vous avez vu en dernier au cinéma :
Je viens d’aller voir Les herbes folles d’Alain Resnais. Le titre, l’affiche, le tempérament de Resnais… tout me faisait attendre un film léger et spirituel, plein de fantaisie. Au lieu de ça, j’ai vu un film pesant, angoissant même au début, et pour tout dire terriblement plombant.
Dommage !
8- Un film dont vous avez regretté d’avoir payé la place :
Il doit y en avoir beaucoup, car je collectionne les abonnements et vais beaucoup au cinéma. J’aime particulièrement aller voir des films dont je ne sais rien alors forcément… Mais j’ai la faculté précieuse d’oublier aussitôt les mauvais moments et de ne garder que les bons. S’il faut vraiment en citer un, je vais donc seulement pouvoir citer le dernier navet que j’ai vu. Il va falloir que je m’aide d’Internet parce que j’ai déjà oublié son titre (qu’est ce que je vous disais !). Bougez pas donc, je reviens…
Voilà, ça s’appelait Whiteout. Ça se passait dans la glace. Tellement de glace, qu’au bout d’un moment, j’ai remis mon écharpe. Et quand un vent glacé s’est mis à tournoyer, qu’une véritable tempête de glace s’est déchaînée, j’ai remis mon manteau. Une fois ainsi accoutrée, je me suis dit : Et si je m’en allais ? Mais non, je suis restée. J’aime tellement perdre mon temps…
9- Un film qui vous fait réfléchir sur la vie :

Là encore, il y en a beaucoup ! Mais quand on va beaucoup au cinéma, parfois c’est la vie qui réfléchit le cinéma. Vous savez quand dans la vie on se dit « j’ai déjà vécu ça au cinéma ! ». Moi ça m’arrive souvent et ça a tendance à me faire rigoler toute seule bêtement.
Ça me fait penser à un film, que j’ai envie de caser quelque part parce que je l’ai revu souvent, surtout pour son début : Mon oncle d’Amérique d’Alain Resnais. Vous savez ce film inspiré de « L’éloge de la fuite » d’Henri Laborit. Un film qui illustre des théories qui ne font pas vraiment plaisir. Mais un film tellement génial ! Dans ce film, qui fait beaucoup réfléchir sur la vie, il y a aussi de ces moments où la vie réfléchit le cinéma, où des scènes de films se superposent aux pensées des personnages. Un film à voir absolument, si ce n’est pas déjà fait !
10- Un film qui vous a donné envie de tomber amoureuse
Je ne suis pas sûre que ce film donne envie de tomber amoureux, peut-être même qu’au contraire il peut faire peur, mais c’est un des plus beaux films sur l’amour que j’aie vu : La femme d’à côté de François Truffaut.
11- Un film qui vous a fait tordre de rire :
J’ai pleuré de rire au cinéma devant Little Miss Sunshine. Mais en dvd, j’ai moins ri. Comment cela se fait-il ? En tous cas j’adore ce film ! Parfois je trouve le cinéma américain un peu… bof… mais là… quand les Américains se moquent d’eux-mêmes… Chapeau !
12- Un film qui vous a révélé un acteur que vous suivez à présent :

Les quatre cent coups de François Truffaut nous a révélé un acteur. Ce n’est peut-être pas le premier que j’ai vu avec Jean-Pierre Léaud, mais bien sûr c’est le premier pour lui. Et c’est un acteur que je trouve fascinant, avec un grand potentiel comique, mais aussi une part de folie, de démesure, qu’illustre parfaitement une scène de Truffaut où il répète encore et encore son nom de personnage devant un miroir : « Antoine Doinel, Antoine Doinel, Antoine Doinel… ».
13- Un film qui vous a fait pleurer comme une madeleine
Dans Seul au monde, vous vous souvenez du moment où Wilson tombe du radeau ? J’étais effondrée !
14- Un film dont vous avez aimé un personnage en particulier :
Est-ce que vous avez compris combien j’aime Antoine Doinel ? Si non, passez à la question suivante.
15- Un film que vous regardez chaque année :
Baisers volés de François Truffaut (ben oui encore lui, un cinéaste qui me manque beaucoup). C’est un film que je regarde très régulièrement, un film qui me met en joie. De toute façon j’aime toute la série des Doinel. J’ai un très gros faible pour le premier (Les quatre cent coups), le plus triste, le plus émouvant, le plus autobiographique aussi. Mais Baisers volés est au contraire le plus léger, le plus souriant. D’ailleurs si vous voulez savoir la différence entre tact et politesse, il vous faut absolument voir ce film !
Voilà, j’ai cité des films français et des films américains, parce que c’est tout ce que je connais. J’aimerais pourtant tellement voir des films allemands, des films d’Europe de l’Est… Mais pourquoi en voit-on si peu ?
Et maintenant je tague Choco avec l’espoir qu’elle nous parle du cinéma asiatique, qu’elle semble beaucoup aimer.
Et puis je tague Loïc pour qu’il nous redonne envie de voir des films de Godard et d’autres choses encore.