Une bd un tantinet déprimée mais pas déprimante

“Désoeuvré” de Lewis Trondheim 

Dans cette bd sous-titrée “essai”, Lewis Trondheim se réinstalle à sa table à dessin après un break de 80 jours, pour nous faire partager ses doutes, ses réflexions sur ce qu’il nomme “le vieillissement de l’auteur de bande dessinée”. En effet selon lui les auteurs de bd vieillissent mal, pris au piège des séries qu’ils ont créées, condamnés à se répéter indéfiniment. 

Cet essai a la forme d’un journal intime, daté. On pourrait peut-être lui reprocher un brin de nombrilisme (son double de bd est sur presque tous les dessins), mais après tout c’est la loi du genre. Et la forme du journal colle bien à la sincérité de son propos, qu’on pourrait même qualifier de courageux (pas si facile pour un auteur, d’évoquer son manque d’inspiration). Et puis j’aime toujours autant les dessins de Trondheim, ici en noir et blanc, très épurés. J’apprécie surtout tout ce qui nous détourne de son propos : un récit de rêve,  une page où Trondheim tente de dessiner d’après nature et où les animaux prennent la parole… Mais hélas ici ces digressions sont trop rares. Il en revient toujours à des discussions entre auteurs de bd dont le lecteur se sent un peu exclu. 

Pour conclure, disons que sitôt le livre refermé, il n’en reste pas grand chose, mais que cette bd a au moins le mérite de se lire d’une traite, sans aucun ennui et même avec amusement parfois, ce qui n’est pas si mal.

Désoeuvré : essai / Lewis Trondheim, Paris, L’association (collection Éprouvette), 2005, ISBN 2-84414-162-5 

Publié dans: on 18 février 2008 at 9:38 Commentaires (0)
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