Connectons nos bibliothèques

 

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Quelques mots sur Babelio que je teste depuis un mois et dont je vais continuer à suivre l’évolution avec intérêt :

Qu’est-ce donc que Babelio ? C‘est un réseau social pour passionnés de livres sur le modèle de ceux existant déjà aux Etats-Unis (Goodreads, Librarything, Shelfari) mais pour lecteurs francophones. Il appartient à la catégorie des réseaux sociaux dits verticaux, c’est-à-dire rassemblant moins de monde que les grands réseaux sociaux dits horizontaux de type Facebook, mais réunissant des personnes autour d’un centre d’intérêt commun.

Concrètement, comment ça fonctionne ? On s’inscrit sous un pseudonyme et on entre les livres que l’on a dans sa bibliothèque. Pour ça, il suffit de saisir l’ISBN (ou le titre ou l’auteur de l’ouvrage) et alors la couverture et une petite notice sont récupérées d’Amazon. Depuis peu, il est possible aussi d’entrer les livres par la simple lecture du code-à-barres avec une webcam (mais ça je ne l’ai pas testé). On peut s’arrêter là, comme on peut ajouter des informations sur les livres de sa bibliothèque : mettre une note, écrire une critique, un commentaire objectif, saisir le commentaire de l’éditeur, des citations, mettre des tags ou mots-clés (appelés “étiquettes” sur Babelio), créer des listes pour y classer ses livres  (pour ma part, j’y ai créé la liste des livres en attente de lecture, autrement dit ma PAL, et des listes réservées à mes challenges de lecture, mais d’autres proposent aussi, par exemple, une liste de livres à échanger).

A quoi ça sert ? C’est d’abord un moyen de gérer sa bibliothèque en solitaire, comme on le ferait hors réseau social avec un logiciel de gestion de bibliothèques (le site offre d’ailleurs la possibilité de ne pas partager sa bibliothèque avec les autres). Le système des étiquettes et du nuage des étiquettes qui apparaît sur sa page de profil permet aussi à l’utilisateur de voir sa bibliothèque autrement. Mais c’est surtout un outil de recommandation. Il s’agit pour Babelio de “connecter nos bibliothèques”. C’est-à-dire que le système compare ma bibliothèque avec celle des autres. Je vais alors visiter les bibliothèques qui ressemblent à la mienne pour y puiser de nouvelles envies de lecture. Jusqu’à présent ce système était assez rudimentaire, c’est-à-dire que Babelio se contentait de repérer le nombre de livres en commun avec les autres. Les plus grosses bibliothèques de Babelio arrivaient donc en tête des bibliothèques recommandées et la visite de ces bibliothèques se révélait bien décevante, en tous cas bien loin de mes goûts. Mais ce système a évolué tout récemment. La comparaison prend maintenant en compte la taille des bibliothèques, la rareté des ouvrages en commun, etc. Les rapprochements de bibliothèques sont donc beaucoup plus pertinents.

Ce que j’apprécie sur ce réseau ? L’absence de publicité (pour le moment) : la participation à Babelio est gratuite jusqu’à  300 livres (au-delà une contibution de 30 euros est demandée à l’utilisateur pour disposer de sa bibliothèque Babelio à vie). Cela fonctionne donc comme une gentille association de lecteurs.

Les questions que je me pose ? Que va devenir Babelio quand les rapprochements avec le monde marchand se feront plus nombreux ? Il y a déjà eu un petit rapprochement avec l’opération Masse critique : il s’agissait pour le participant à cette opération de recevoir un livre gratuit en échange d’un commentaire sur l’ouvrage en question posté sur son blog. Naturellement le commentaire peut tout à fait être négatif, il n’y a donc rien à redire (et d’ailleurs, si je n’avais pas déjà eu trop à lire, je me serais bien laissée tenter). Mais que va être la suite ?

Ne terminons pas sur une réserve. Babelio, tel qu’il est aujourd’hui me plaît bien. Nous sommes à peu près 2000 à avoir connecté nos bibliothèques et je vous invite à nous rejoindre. Pour accéder à Babelio, cliquer ici .

Et bien sûr, que ce soit ici en commentaire ou sur vos propres blogs, n’hésitez pas à nous faire part de vos expériences sur Babelio et ses concurrents, ce que vous aimez ou n’aimez pas sur ces réseaux… car je suis sûre que vous êtes tout comme moi très curieux de ces nouvelles communautés qui se créent autour du livre sur la toile. Alors connectons nos point de vue…

Ma bibliothèque est ici

Publié dans: on 22 mars 2008 at 8:14 Commentaires (8)
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L’amour malheureux d’un homme de trop

 

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La nouvelle “Journal d’un homme de trop”, datée de 1850, fait partie des premiers écrits d’Ivan Tourguéniev (1818-1883). Elle se présente sous la forme d’un journal intime tenu par Tchoulkatourine du 20 au 31 mars 18..

Tchoulkatourine se met à écrire alors que le médecin sort de chez lui. Il vient d’apprendre qu’il n’a plus que deux semaines à vivre et accueille la nouvelle avec philosophie, pour ne pas dire résignation : Eh quoi ? S’il faut mourir, autant mourir au printemps.” Il se met à écrire sans projet précis : “Que pourrais-je bien raconter ? Ses maladies sont un sujet dont un homme bien élevé ne parle pas ; écrire, disons un roman, n’est pas de mon ressort ; les discussions sur des sujets élevés dépassent mes capacités ; les descriptions de la réalité qui m’entoure n’arrivent même pas à m’intéresser moi-même ; mais à ne rien faire, je m’ennuie, et je n’ai pas le courage de lire. Tiens, tiens ! je m’en vais me conter à moi-même ma propre vie. Excellente idée ! A la veille de mourir, cela convient à merveille, sans pour autant vexer personne. Je commence.”

Et voilà donc que Tchoulkatourine entreprend de raconter sa vie par le commencement. Il débute son récit par le traditionnel “je suis né” et poursuit avec l’histoire de ses parents, son enfance qu’il qualifie de “pénible et morne”. Régulièrement il interrompt son récit pour retrouver le présent de l’écriture, sa vie solitaire au village de La Fontaine-aux-Moutons avec sa bonne nourrice Térentievna, la nature au début du printemps comme un écho au jardin de son enfance qu’il évoque avec une infinie nostalgie. Mais alors il se rappelle à l’ordre, ne souhaite pas se laisser aller au sentimentalisme du souvenir : “La journée d’hier a excité en moi, parfaitement hors de propos, une foule de sentiments et de souvenirs inutiles. Cela ne se reproduira plus. Les effusions sentimentales sont un peu comme des bâtons de réglisse : quand on commence à les sucer ils paraissent savoureux, mais après ils laissent dans la bouche un très mauvais goût. Je vais raconter ma vie simplement et tranquillement.”

Pourtant, à peine recentré sur son projet d’autobiographie simple et tranquille, il s’interroge : “Mais tout d’un coup je me demande : est-ce vraiment la peine de raconter ma vie ?” Et parce que son parcours n’a rien de bien original, il répond par la négative : “… je ne vais pas me mettre à raconter ma vie (…) Je tenterai plutôt de m’exposer à moi-même mon propre caractère.” C’est à cette question “quelle sorte d’homme suis-je ?” qu’il répond “un homme de trop”, “cadenassé à l’intérieur”, “la cinquième roue du carrosse”, tournant “en rond, comme un écureuil dans sa roue” : “Pendant toute la durée de ma vie, j’ai constamment trouvé ma place occupée, peut-être parce que je cherchais cette place là où je n’aurais pas dû le faire.”

Et c’est pour prouver (à qui ?) la justesse de cette définition de lui-même, que Tchoulkatourine entreprend le récit qui sera le coeur de la nouvelle, celui de son amour non partagé pour la jeune Elisabeth Kirillovna qui lui préfèrera son exact contraire, un beau prince qui ne méritait pas son amour. De promenade dans la nature avec Elisabeth, en scène de bal, puis de duel, nous suivons les illusions et désillusions de ce pauvre Tchoulkatourine. Cet épisode n’aura duré que quelques semaines, mais sera tout ce dont il trouvera la force de se souvenir à l’approche de la mort. A la fin de la nouvelle, alors qu’il sait vivre ses derniers instants “à moitié penché déjà au-dessus du gouffre béant et muet“, Tchoulkatourine écrit encore. Il écrit la peur panique qui s’empare de lui : “j’ai grand-peur (…) Comme c’est dur, pour un être vivant de quitter la vie !” Il lui reste malgré tout assez de lucidité pour analyser ce qu’il vient d’écrire : “Adieu, Lise ! A peine ai-je écrit ces deux mots que j’ai failli éclater de rire. Cette exclamation me semble livresque. On dirait que je compose une nouvelle sentimentale ou que je termine une lettre désespérée…”

Cette nouvelle est en effet tout cela à la fois, sentimentale et désespérée. A sa lecture on est ému, et parfois agacé par cet homme de trop qu’on aimerait voir sortir de lui-même au moins une fois dans sa vie ; amusé parfois aussi, notamment quand le diariste termine son entrée du jour par un touchant “à demain“. Lisant ses dernières pages, ses dernières lignes, le lecteur l’accompagne dans sa dernière épreuve qui sera aussi une délivrance : “Ma petite comédie est terminée. Le rideau tombe. En rentrant dans le néant, je cesse d’être de trop…”

Beau portrait d’un homme peu doué pour la vie…

Le journal d’un homme de trop / Ivan Tourguéniev, traduit du russe par Françoise Flament, Mercure de France (Le petit Mercure), 2007, ISBN 978-2-7152-2818-4

Illustration de couverture : Illia Répine, Au soleil (Portrait de Nadia Répina, fille de l’artiste), détail, Galerie Trétiakov, Moscou

 

Publié dans: on 21 mars 2008 at 10:30 Commentaires (0)
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Les histoires d’amour finissent mal, en général

“Les allées sombres” d’Ivan Bounine

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Ivan Bounine (1870-1953) est le premier prix Nobel russe. Il a reçu ce prix en 1933, alors qu’il vivait en exil en France depuis 1920. Avant cela, la reconnaissance lui avait déjà été accordée en Russie, où le prix Pouchkine lui avait été décerné à trois reprises avant qu’il ne soit élu à l’Académie impériale de Russie en 1909.  Il a commencé par écrire des poèmes (La chute des feuilles), s’est fait connaître par ses nouvelles (Les pommes Antonov, La nuit, Le Monsieur de San Francisco), a écrit plusieurs romans (Le village, Soukhodol, L’amour de Mitia) ainsi qu’un roman semi-autobiographique (La vie d’Arseniev). “Les allées sombres” est son dernier recueil. Il rassemble 38 nouvelles écrites de 1938 à 1944, comme autant de variations sur la passion amoureuse.

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Les nouvelles de Bounine commencent souvent dans la légèreté et s’achèvent dans le drame. Tout bascule brutalement dans les dernières lignes des nouvelles.  On meurt beaucoup dans ce recueil : assassiné (Heinrich, Le début, Le vapeur Saratov), égorgé par un loup (Ballade), “de couches prématurées” (Nathalie). On s’y suicide parfois (Le Caucase, Galia Ganskaïa, Pelage de fer, L’oratoire). Ou on meurt de mort naturelle alors qu’on venait juste d’entrevoir le bonheur (A Paris). Les ruptures sont cruelles (Stiopa, Muse). Les amants sont généralement séparés. Et quand ils parviennent à s’aimer, leur bonheur fait le malheur d’un autre (Le Caucase, Muse).

Le souci du détail, la minutie alliée à l’économie des descriptions, voilà ce que je retiens du style de Bounine. Le lecteur est souvent saisi au détour d’une phrase par la nostalgie que peut faire naître un simple paysage, la couleur d’un ciel qui en rappelle un autre.

Les nouvelles des “Allées sombres” ne sont pas autobiographiques. On devine pourtant souvent l’auteur derrière ses personnages : un homme déjà âgé, tenté par le bilan de sa vie, et qui réalise alors, que seul l’amour demeure, “cet amour que l’on garde à jamais blotti au fond du coeur” (Les cartes de visite), car “tout passe, mais on n’oublie pas tout” (Les allées sombres). Pour Bounine, l’amour n’existe jamais tant que dans le souvenir qu’on en garde, et une vie se résume parfois à un instant où tout a basculé  : “Mais finalement qu’y a-t-il eu dans ma vie ? Et je me dis : rien d’autre que cette soirée froide d’automne. A-t-elle vraiment eu lieu ? Oui, tout de même. Et c’est la seule chose qui ait existé dans ma vie ; le reste n’est qu’un rêve inutile.” (Un automne froid).

Encore un petit bout de dialogue extrait de la nouvelle “Antigone”, pour le plaisir, et parce qu’il confirme une influence littéraire très perceptible par un lecteur français :

- Et qu’est-ce que vous aimez lire ? demanda-t-il en croisant ses yeux avec un peu plus d’assurance.

- En ce moment, Maupassant, Octave Mirbeau…

- Oui, évidemment. Les femmes aiment toutes Maupassant. Il ne parle que d’amour.

- Et que peut-il y avoir de mieux que l’amour ?

J’ai dégusté ce recueil de nouvelles lentement. Je l’avais à peine terminé, que je le relisais déjà, dans un ordre différent. Et voilà que pour écrire ce modeste billet, je m’y suis replongée totalement, jusqu’à le relire encore. Je ne le conseillerais pas en cas de crise de boulimie de lecture. Ce recueil se savoure en gourmet.

Les allées sombres / Ivan Bounine ; traduit du russe par Jean-Luc Goester et François Laurent, Le livre de poche (collection Biblio), Paris, 2003, ISBN 2-253-05246-9

Publié dans: on 11 mars 2008 at 10:24 Commentaires (1)
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Tous les chemins mènent au blog

Comme tous les blogueurs, je m’amuse de ce que me révèle le module de statistiques de mon blog et particulièrement des critères de recherches utilisés par les internautes pour arriver jusqu’ici. Depuis le début, c’est-à-dire depuis pas encore tout à fait un mois, je les note. Bien sûr il y a les entrées que l’on pourrait qualifier de légitimes. Mais il y a aussi les intrusions d’internautes qui s’obstinent à ne pas utiliser de guillemets sur les moteurs de recherche et s’égarent sur la toile. 

Voici mes dix égarements préférés :

états d’âme

charme

bd érotique

la littérature potentielle

alphabet japonais

figurines érotiques

identification avec la maîtresse

poèmes d’amour avec le prénom Jonathan

romans insectes

coiffure pour garçons ?

Et alors j’imagine : 

une maman à la recherche d’un salon de coiffure pour son enfant

un solitaire en mal de charme ou d’érotisme

un mélancolique et ses états d’âme

une petite amoureuse d’un certain Jonathan, qui lui aurait bien écrit un poème d’amour pour la Saint Valentin, mais qui se dit que ce serait beaucoup plus simple d’en recopier un sur le web

mais voilà que c’est moi qui m’égare…

Publié dans: on 7 mars 2008 at 9:32 Commentaires (0)
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Mon premier swap

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Je poursuis ma découverte de la lectoblogosphère et de ses coutumes en m’inscrivant à un swap. Il s’agit d’un échange de paquets cadeaux contenant des livres. Le thème de celui que j’ai choisi : l’Afrique.

Bladelor en est la grande organisatrice. Elle a créé un blog pour l’occasion : Afrilire. On y trouve toutes sortes d’informations intéressant les participants au swap, mais aussi des pistes pour découvrir la littérature africaine.

Les envois de colis se feront à la mi-avril. A suivre donc…

Publié dans: on 6 mars 2008 at 12:35 Commentaires (1)

Mes 4 symptômes

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Voici les 4 symptômes grâce auxquels je vais pouvoir apposer sur mon blog le logo des LCA (Lecteurs compulsifs anonymes) :  

  1. Comme tous les LCA, j’ai une PAL (pile de livres à lire) et une LAL (liste de livres à livres). La LAL se matérialise parfois sur des carnets, des bouts de papier divers, voire sur mon ordi. Mais les pires, ce sont la LAL virtuelle, celle qu’on a en tête quand on se « promène » dans une librairie, et la LAL improvisée, qui vous dicte un achat imprévu.
  2. J’ai aussi une PAR (pile de livres à relire) et une LAR (liste de livres à relire, c’est-à-dire déjà lus mais non possédés, et donc susceptibles d’être achetés pour être relus, ou simplement stockés en vue d’une hypothétique relecture future).
  3. Il m’arrive de confondre ma LAL et ma PAL, autrement dit il m’est déjà arrivé d’acheter deux fois le même livre.
  4. Je suis incapable d’acheter le 1er volume d’un ouvrage en plusieurs volumes ou d’une série de bandes dessinées, sans acheter la série complète (la peur de manquer s’applique particulièrement bien aux livres). Mais tous les lecteurs n’en font pas autant. Je me souviens avoir été particulièrement étonnée d’apprendre que les éditeurs prévoyaient toujours plus d’exemplaires du 1er volume que des suivants.

Pour en savoir plus sur les LCA, c’est dans La bibliothèque d’Allie que ça se passe. 

Et vous, quels sont vos symptômes ?

 

Publié dans: on 2 mars 2008 at 11:12 Commentaires (3)
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