Le cahier bleu après la pluie
Louise est une charmante québécoise vivant à Paris. Elle habite un appartement sans rideau, dans le 15e, face au métro aérien. Un jour, sortant de sa douche, elle est aperçue dans le plus simple appareil par un homme qu’une panne de métro a immobilisé face à sa fenêtre. Dans les jours suivants, elle rencontre deux hommes différents, débutant une liaison avec chacun d’eux. Mais le lecteur ne comprendra le lien entre ces deux hommes que dans la troisième et dernière partie de la BD, quand l’histoire tournera au drame…
Je me suis donnée du mal dans le résumé qui précède, pour préserver la part de mystère que recèle cette histoire de chassé-croisé amoureux. La construction du récit est intéressante, en trois parties, la deuxième étant consacrée à la lecture par Louise du journal de Victor, le fameux cahier bleu. Mais je ne vous cache pas que cette BD ne m’a pas totalement convaincue. J’ai eu un peu de mal à croire dans la psychologie des personnages, par ailleurs assez peu sympathiques. Reste le plaisir de voir Paris dessiné de manière très réaliste par André Juillard, avec des couleurs douces, un dessin fin et élégant.
Mais cet album a su en convaincre d’autres, puisqu’il a obtenu en 1995 l’Alph-art du meilleur album à Angoulême, le Prix Spécial du Jury au festival de Sierre, ainsi que le 1er Prix du Festival de Charleroi.
Le cahier bleu / André Juillard, Casterman, 1994, ISBN 2-203-38867-6
Malgré mes petites réserves sur “Le cahier bleu” (petite déception due au fait que je m’attendais à découvrir un authentique chef d’oeuvre), j’avais été suffisamment séduite par les dessins, pour avoir envie de retrouver André Juillard. C’est chose faite avec “Après la pluie”, suite au “Cahier bleu” imaginée par Juillard quatre ans après.
Hélas c’est encore une déception. En fait cet album n’a rien d’une suite. On ne retrouve Louise et Victor que pendant les 5 premières pages. Victor expose ses photos dans une galerie. Un homme prénommé Abel lui en achète une, prise à Florence, parce qu’il y a reconnu Tristan, son meilleur ami disparu un an plus tôt. Sur la photo, son ami est avec Clara, une femme dont ils étaient tous les deux tombés amoureux, et un enfant. Abel part donc mener l’enquête dans la région de Florence. Cette enquête n’aboutit bien sûr que dans les dernières pages de l’album, mais d’une manière assez artificielle, puisqu’une affaire très compliquée nous est alors révélée par le dialogue de 2 personnages. Or rien dans le récit qui précède ne préparait ces révélations, d’où une certaine frustration pour le lecteur.
Comme dans l’album précédent, les personnages sont faux et manipulateurs, et finalement assez peu sympathiques. Juillard aime toujours autant dessiner les corps, éventuellement nus, les déshabillages… Ses personnages féminins se ressemblent tous un peu. Dans cette histoire un peu compliquée, il y a de la violence, des meurtres, une tentative de viol, une scène d’amour… bref un scénario peut-être un peu trop dense pour un seul album. Et puis surtout, pour le lecteur qui attendait une suite au “Cahier bleu”, il reste l’impression d’avoir été berné pour des raisons purement commerciales.
Après la pluie / André Juillard, Casterman, 1998, ISBN 2-203-38906-0
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Je viens juste de lire “Après la pluie” et j’ai franchement été déçue. J’ai emprunté cette BD à la bibliothèque car la quatrième de couv’ me tentait bien. Mais j’ai eu du mal à comprendre le dénouement et le lien avec le début de l’histoire. Je pensais que c’était du au fait que je n’avais pas lu “le Cahier bleu”. Au vu de tes commentaires, je crois que je vais m’épargner ce petit retour en arrière.
Le scénario débutait bien pourtant mais je crois qu’il aurait mérité effectivement un développement en deux volumes.
Fab, en effet “Le cahier bleu” ne t’aidera pas comprendre la suite, mais il était tout de même plus réussi, mieux construit, avec un scénario qui tenait mieux la route. Comme je m’offre en ce moment ce que, sur ton blog, tu appelles “une ‘tite pause bd”, j’ai aussi emprunté à la bibliothèque un autre Juillard, “Le long voyage de Léna”. Léna sur la couverture ressemble beaucoup à Louise. Et je crois que je vais encore me laisser tenter…