
“Dans le noir de sa chambre, l’acteur dormait et rayonnait comme un morceau de kryptonite.”
Un matin, alors qu’Alain Delon se balade tranquillement dans Paris à vélib, il est enlevé par deux jeunes japonais qui vont le séquestrer au fin fond de la Creuse…
C’est donc Alain Delon le personnage principal de ce roman. Alain Delon, l’acteur, le vrai, le seul, l’unique ! Ou plutôt son fantasme comme échappé de l’écran pour échouer dans le roman de Benjamin Berton. C’est l’Alain Delon que nous connaissons tous, même et surtout si nous le connaissons peu. L’Alain Delon de quelques films d’action, quelques rôles de séducteurs, quelques apparitions télé au cours desquelles la star évoque volontiers ses états d’âme, et enfin l’Alain Delon de quelques faits divers, quelques histoires de famille et de recherches en paternité. C’est un Alain Delon tout en idées reçues. Et en cela le titre du roman annonce très bien la couleur.
Voici un roman que l’on aborde comme une blague de potache. Ce que l’on peut craindre devant ce genre de livre, c’est que l’idée de départ, aussi bonne soit elle, soit la seule idée que le roman développerait pendant des pages et des pages avant de la dissoudre à la fin dans un ultime baillement du lecteur. Eh bien, ce n’est pas le cas ici. Le roman apporte son lot de rebondissements, ses personnages secondaires faisant leur apparition les uns après les autres et une fin très habile et assez surprenante.
J’ai bien aimé quelques digressions, quelques réflexions sur notre société comme le petit topo d’Alain Delon sur l’incurie administrative ou les réflexions du narrateur sur l’école à la française. J’ai bien aimé également l’usage que Benjamin Berton fait des notes en bas de pages. Jouant souvent sur l’ambiguité entre fiction et ouvrage documenté sur l’acteur, la culture japonaise ou le parler de la Creuse, elles deviennent par moments un moyen de tourner en dérision le grand homme. Enfin j’ai franchement ri en lisant les passages les plus fantaisistes, comme le rêve de Delon libéré par De Gaulle et son armée, ou la vache Clarabelle se pâmant devant une photo de l’acteur.
C’est un roman qui arrachera forcément quelques sourires (à choisir dans une large palette) même au lecteur le plus ronchon. C’est aussi un roman très malin, qui du cinéma aux mangas, en passant par la téléréalité et les superhéros, Amélie Nothomb et le sudoku, passe en revue pas mal d’aspects de la culture populaire. Une très bonne surprise !
Alain Delon est une star au Japon / Benjamin Berton, Hachette Littératures, 2009, 280 p., ISBN 978-2-01-237822-3
Benjamin Berton (1974-….) a obtenu le Goncourt du premier roman en 2000 pour “Sauvageons” . “Alain Delon est une star au Japon” est son cinquième roman, après “Classe affaires”, “Pirates” et “Foudres de guerre”.
Merci à Babelio pour m’avoir envoyé ce roman dans le cadre de Masse critique !






















Swapounet
Challenge du 1% 2008
Jeu de la PAL 2009
Tiens tiens ça a l’air vraiment sympa comme livre…
je l’avais coché pour Masse critique, c’est un autre que je vais recevoir. Je le note car tu m’as bien fait envie.
Tu donnes envie même si au départ, je n’étais pas du tout du tout attirée. Mais si on aime pas du tout Delon, est-ce que ça pose problème pour apprécier le roman ?
Keisha, oui et ça donne envie de se tourner vers les autres titres de l’auteur (son 1er roman existe en poche) !
Theoma, tu n’as pas encore reçu ton Masse critique ? J’ai l’impression que tu aurais dû l’avoir depuis longtemps, non ? En fait, pour ne rien te cacher, si j’avais pu vraiment choisir j’aurais pris le livre de Gérard Genette mais il n’était déjà plus disponible quand je me suis réveillée. Alors j’ai choisi un roman un peu au hasard (écartant donc les ouvrages documentaires). De celui-ci je ne savais rien, mais le titre et la couverture m’ont attirée. Et c’est tant mieux !
Manu, non ça ne pose vraiment pas de problème (la preuve, car je ne suis pas du tout fan), mais ce n’est pas non plus une charge contre Delon, la moquerie est légère !
J’avais vu la chronique d’Olivia de Lamberterie à Télé Matin qui disait beaucoup de bien de ce roman aussi… ca a l’air franchement sympathique !
J’ose ? Allez, j’ose : quand j’ai vu ce roman dans Masse Critique, je me demandais qui aurait envie de le lire.
Méchant, hein ? Mais ce titre, cette couverture, ça ne me tente pas du tout… et ton billet me le confirme ! Ceci dit, c’est évidemment agréable pour toi que tu aies passé un bon moment avec cette lecture !
Cuné, je suis ravie de ne pas être seule de mon avis !
Erzébeth, tu es dure avec ce roman qui n’est vraiment pas mal ! Mais dis donc, tu n’aurais pas un Masse critique sous le coude ?
Dis donc, oui, j’étais dure hier soir ! Non mais je suis sûre que c’est très bien, c’est juste pas pour moi…
Sinon, si, j’ai un Masse Critique en réserve, mais je paresse, que veux-tu, j’ai abusé de la gentillesse de Guillaume pour retarder l’écriture du billet !