Anna Karénine / Julien Duvivier (1948)

Anna-Karenina

Après l’adaptation de Bernard Rose (1997), je poursuis le visionnage des adaptations du roman de Tolstoï par celle de Julien Duvivier (1948).

Anna Karenine par Julien DuvivierLe film s’ouvre sur l’image de la première page d’Anna Karénine dont nous pouvons alors lire les deux premières phrases. Nous sommes donc bien devant une adaptation (pour ceux qui en douteraient). Juste après, l’un des serviteurs d’Oblonski ramasse un à un tous les vêtements qui traînent dans le bureau de Stepan, illustrant ainsi combien “tout était sens dessus dessous chez les Oblonski”. Un début assez amusant !

Affiche Anna Karénine 1948Quand nous voyons Anna Karénine (Vivien Leigh) pour la première fois, elle est dans le train qui l’amène de Saint-Pétersbourg à Moscou. Elle regarde dehors et semble alors d’une infinie tristesse. Puis le train entre en gare. Vronsky est sur le quai et aperçoit Anna derrière une vitre couverte de givre. C’est alors le coup de foudre, que Kieron Moore joue avec de grands yeux ahuris et la bouche ouverte.

Avant de voir le film, je craignais que Vivien Leigh ne soit pas l’interprète idéale pour Anna Karénine. Je trouve en effet à son visage un air spirituel, un côté mutin, qui ne me semblaient pas convenir à la dimension tragique d’Anna Karénine. Je craignais également qu’elle ait trop de retenue, de distance pour jouer l’abandon d’Anna Karénine à la passion, et qu’il y ait en elle trop de force, pour incarner la fragilité, la part d’ombre d’Anna Karénine. Je l’ai finalement trouvée merveilleuse. Elle est absolument magnifique dans ce rôle. Portant des robes sublimes, des fourrures, des bijoux, elle incarne Anna Karénine avec beaucoup de classe. A tel point qu’elle paraît beaucoup trop bien pour ce grand benêt de Vronsky.

Anna KarŽnine

Son mari Alexeï (Ralph Richardson), son frère Stepan, Levine et Kitty, tous sont parfaits et fidèles à ce que j’imaginais. Julien Duvivier montre bien la haute société russe, les ragots, les médisances, qui semblent être la seule occupation des femmes de ce milieu, malveillance dont Anna fera les frais. Malheureusement, centrant le film sur Anna et Vronsky, il a beaucoup délaissé Lévine, réduisant Anna Karénine à une histoire d’adultère et de mise au ban de la société.

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Julien Duvivier filme très bien les trains, les locomotives arrivant face caméra, menaçantes. Enfin il y a quelques tentatives appréciables de mise en images des cauchemars, hallucinations d’Anna et quelques jeux d’ombres et de lumière pour la scène finale rendant assez bien l’atmosphère du roman de Tolstoï. Un bon film !

Anna à la gare

Anna Karénine / d’après Tolstoï, adapté par Jean Anouilh, Julien Duvivier, Guy Morgan, réalisé par Julien Duvivier, avec Vivien Leigh (Anna), Kieron Moore (Vronsky), Ralph Richardson (Alexeï Karenine), Niall MacGinnis (Levine), Sally Ann Howes (Kitty), Hugh Dempster (Stepan Oblonski), Mary Kerridge (Dolly), 1948

Publié dans:  on 11 juillet 2009 at 10:10 Commentaires (7)
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7 commentaires Leave a comment.

  1. Je suis contente de voir que cette adaptation t’a plu, je l’avais beaucoup aimée. Pour moi, le point fort c’est Vivien Leigh qui était une immense actrice à la fragilité à fleur de peau.

  2. J’ai vu ce film adolescente (je l’ai encore d’ailleurs, en cassette vidéo!) suite à mon engouement pour GWTW. Je l’ai vu pour vivien Leigh, bien entendu et je l’avais vraiment trouvée merveilleuse. Vronsky paraît bien pâle à côté… Il faudrait que je le revoie, d’ailleurs! Et que je re-re-relise le roman!

  3. Titine, si tu es une fan de vivien Leigh, alors… je n’ose rien ajouter si ce n’est qu’elle m’a étonnée !

    Karine, ohlala ne me parle pas de ce Vronsky !!! J’ai trouvé que l’acteur avait l’air totalement crétin !

  4. Qu’elle est belle, Vivien Leigh…
    Le film dure longtemps ? Parce que j’imagine qu’il faut quand même pas mal de pellicule pour adapter ce roman…

  5. Erzébeth, 109 mn ! Le roman est long, mais il est plein de passages où l’intrigue n’avance pas, et où Tolstoï digresse avec bonheur. Et puis dans le roman nous avons deux histoires que nous suivons en parallèle, mais Duvivier comme Clarence Brown (dont je parlerai demain, si tout va bien), n’en adaptent qu’une (et c’est scandaleux !). Mais Bernard Rose, qui a adapté l’ensemble, l’a fait en 105 mn !

  6. Anna Karénine est l’héroïne préférée de ma mère.Depuis toujours je veux savoir qui sait sans en prendre le temps. Mais dès maintenant je prends note de ce dvd et essayer de me le procurer… ou attendre que tu les ais tous comparés…

  7. Tiphanya, c’est l’héroïne préférée de ta mère ? Et ton père est au courant ? Je plaisante… Personnellement je te conseillerais bien le roman. Mais si tu ne dois ne voir qu’un film, alors je te recommande le dernier, celui de Bernard Rose avec Sophie Marceau. Il lui manque quelque chose pour être un grand film, c’est sans doute une lecture un peu cérébrale du roman, mais au moins c’est le plus fidèle avec quelques idées gonflées. Et c’est aussi certainement celui que tu pourras te procurer le plus facilement. Sinon pour aimer Anna Karénine, Vivien Leigh et Greta Garbo sont parfaites. Et il y a d’autres films que je n’ai pas encore vus…


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