Challenge du 1% : 6e et dernier bilan pour 2009

La fin de l’année approche. Ce qui me donne  l’occasion de faire un dernier petit bilan du Challenge du 1% littéraire 2009. Dernier bilan pour cette année, car je vous rappelle que le Challenge durera jusqu’au 31 juillet 2010.

Nous sommes maintenant exactement 80 inscrits. Mais seulement 72 blogueurs challengent réellement. Les 8 retardataires vont-ils s’y mettre en 2010 ? Nous le saurons au prochain épisode !

Deux challengeuses ont dépassé les 3% : Amanda et Esméraldaé. Cinq autres challengeuses ont atteint ou dépassé 2% : Aurore, Laurence, Leiloona, Mango et Stephie. Enfin vingt autres challengers ont atteint ou dépassé 1% :  Antigone, Antoine, Brize, Canel, Catherine, Constance, Dominique84, Fashion, Gambadou, George, Kallikrates, Kathel, Keisha, Lau(renceV), Levraoueg, Naina, Pagesàpages, Restling, Sylire et Val. Ce sont donc en tout 27 challengers qui peuvent considérer avoir bouclé leur challenge.

Enfin regardons quels sont les titres les plus lus par les participants au Challenge :

  • Ce que je sais de Véra Candida / Véronique Ovaldé (Ed. de l’Olivier) -> 14 challengers
  • Le club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia (A. Michel) -> 11 challengers
  • Les heures souterraines / Delphine de Vigan (JC Lattès) -> 11 challengers
  • Le jeu de l’ange / Carlos Ruis Zafon (R. Laffont) -> 11 challengers
  • Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (Seuil) -> 10 challengers

Pour plus de détails, je vous renvoie à la page du Challenge.

BON CHALLENGE

ET BONNES FETES DE FIN D’ANNEE

Publié dans:  on 17 décembre 2009 at 9:06 Commentaires (13)

Challenge du 1% : nouveautés de langue allemande

Vous aimez la littérature allemande et vous vous demandez quelles sont les nouveautés de langue allemande parues en France en cette rentrée ? En voici donc une petite liste pour vous donner des envies de lecture intégrables au Challenge du 1% littéraire 2009 :

1. Adalina / Silvio Huonder (La dernière goutte) -> premier roman allemand

Présentation de l’éditeur :

Adalina“Une force mystérieuse pousse Johannes Maculin, artiste berlinois, à retourner sur les lieux de l’enfance, une petite ville suisse enserrée dans un paysage grandiose. Que s’est-il passé il y a vingt ans ? Quels secrets inavouables retiennent Maculin prisonnier d’un amour de jeunesse ? Personne n’échappe bien longtemps aux fantômes du passé. Pour Maculin, le fantôme qui le hante se nomme Adalina. Banalité de la perversité serait un sous-titre idéal pour ce roman construit comme une intrigue policière.

Le récit d’une histoire d’amour tragique et d’un deuil impossible.”

2. A ma fenêtre / Luc Bondy (C. Bourgois) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

A ma fenêtre“« Le soir, j’allais me coucher tôt et je me levais de bonne heure pour réfléchir à ce qui m’arrivait. Les juges du Jugement dernier se perdront en conjectures sur mon existence, ils n’auront sans doute jamais vu d’hommes à la fois aussi dépourvus de conscience et emplis d’inquiétude. Je remplace mes actes par des effleurements. Je laisse les fruits de l’imagination venir vers moi. Certains naissent dans ma poitrine, dans mon âme, c’est plus qu’une journée de travail: ce sont des soupirs déçus, une éternelle alternance entre le lever et le coucher, des grimaces devant le miroir et l’attente du retour de Séraphine, pour autant qu’elle ne se sera pas fait renverser dans la rue ou qu’elle n’aura pas offert à son ami malade trois heures de la soirée qui nous appartient… »

Luc Bondy va et vient avec maestria entre le présent du narrateur et les différentes strates du passé. Un portrait drôle et désabusé de notre temps, une réflexion sur la disparition de l’art théâtral et les beaux fruits de l’inactivité.”

3. Un amour exclusif / Johanna Adorjan (Presses de la cité) -> premier roman allemand

Présentation de l’auteur :

Un amour exclusif“Ce livre raconte l’histoire de Vera et István, deux Juifs hongrois survivants de la Shoah, qui ont fui les émeutes de Budapest en 1956, ont trouvé refuge au Danemark et se sont donné la mort à Copenhague en 1991. C’est l’histoire d’un amour hors du commun. L’histoire de mes grands-parents.”

4. Le bois de Klara / Jenny Erpenbeck (Actes Sud) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

Le bois de Klara“Dans les années 1920, Klara hérite d’un joli bois au bord d’un lac, un petit paradis près de Berlin-Est. Près de cent ans plus tard, Jenny Erpenbeck enquête sur le destin de ce bois (où elle a passé tous les étés de son enfance) et des personnes qui s’y sont installées successivement, loin d’une vie berlinoise de plus en plus tumultueuse. Lieu de détente et de distraction à l’ombre de la prise de pouvoir de Hitler, abri pendant la guerre, pâturage pour les chevaux de l’Armée rouge, théâtre d’exodes et de retraites, le bois de Klara finit par représenter un enjeu immobilier important après la chute du Mur.

Par petites touches puissantes et poétiques, Jenny Erpenbeck restitue le sort de ce refuge auquel ses hôtes passagers resteront intimement liés.”

5. De quoi sommes-nous faits / Thomas Hettche (Grasset) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

De quoi sommes nous faits“Encore un peu ivre du décalage horaire, Niklas Kalf traverse New York avec sa femme Liz pour se rendre à un dîner. La guerre en Irak est imminente et la ville lui semble prise dans une fièvre étrange. Au cours de cette soirée, on lui raconte l’histoire sanglante d’une adolescente qui a tué un homme à Central Park. Le couple rentre à l’hôtel, à la fois troublé et obsédé par ce fait divers, et passe une nuit agitée. Lorsque le jour se lève enfin, prêt à effacer cauchemars et angoisses, Liz, enceinte, a disparu … Des coups de téléphone menaçants font bientôt comprendre à Niklas que l’enlèvement de sa femme n’est pas sans rapport avec ses propres recherches sur Eugen Meerkatz, émigré juif allemand dont il écrit la biographie. Seul dans un pays qui lui est étranger, il décide de partir sur les traces de la disparue…”

6. Les enfants de Vienne / Robert Neumann (L. Levi) -> roman autrichien (écrit en anglais en 1946 et réécrit en allemand en 1974)

Présentation de l’éditeur :

Les enfants de Vienne“Vienne. Hiver 45. Six enfants sans âge ont traversé la guerre tant bien que mal. Dans la cave d’une maison à demi effondrée, ils se sont arrangé un semblant d’existence. Yid et Goy sont experts en trafics et larcins, Eva se prostitue occasionnellement. Avec Ate, une ancienne chef de section des jeunesses hitlériennes, et Curls, ils veillent sur une petite fille malade au ventre terriblement gonflé. Lorsque le révérend noir américain H. W. Smith débarque dans leur étrange abri, « ce qu’il voit et entend là, il ne le croit pas ». Pendant une poignée de jours, au gré de conversations hallucinées, chacun se raconte. Alors, quand Smith promet de les arracher à leur misère, de les emmener loin, vers la vraie vie, un espoir magnifique illumine un instant ce grotesque royaume.
Bouleversant huis clos en trois actes, Les enfants de Vienne est aussi une parabole crue sur la déshumanisation et l’absurdité engendrées par la guerre et le fascisme. Après la catastrophe, tout est détruit, corrompu – y compris la langue. Extraordinaire jongleur de mots, Robert Neumann, excelle à restituer le chaos d’une époque pas tout à fait révolue.”

7. La femme de midi / Julia Franck (Flammarion) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

La femme de midi“En 1945, Stettin est occupée par l’Armée Rouge. Parmi les fugitifs dans une petite gare allemande se trouvent Alice et son fils de sept ans, Peter. Quelques instants plus tard, Alice abandonne son enfant sur le quai pour ne plus revenir…”

8. Fleurs de chagrin : l’histoire d’un été / Gerda Mucker-Frimmel (Les Petites vagues) -> roman autrichien

Présentation de l’éditeur :

“Pendant quatre ans, Johanna la Viennoise et Jean-Marie l’Alsacien échangent une correspondance passionnée. Ils ont dix-sept ans et se croient amoureux l’un de l’autre. Bavarde dans ses lettres mais maladivement timide dans la vie, quand Jean-Marie propose des retrouvailles, Johanna accepte de le voir, non sans terreur. Son amie Alma propose une excursion à quatre dans les montagnes autrichiennes ; aussi vive et extravertie que Johanna est calme et renfermée, Alma est accompagnée de William, un ado anglais envoyé en séjour linguistique. Les rêves et espoirs de Johanna et de Jean-Marie s’effritent alors sans bruit tandis qu’ils escaladent des sommets alpins. Rien ne se produit comme ils l’avaient imaginé, à commencer par leur rencontre.”

9. Le goût des pépins de pomme / Katharina Hagena (A. Carrière) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

Le goût des pépins de pomme“A la mort de Bertha, ses trois filles, et sa petite-fille, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. Un roman sur le thème du testament et de l’oubli.

10. L’héritage / Fritz Werf (Apogée) -> nouvelles allemandes

Présentation de l’éditeur :

L'héritage“Fritz Werf ne tourne jamais longtemps autour de son sujet. Quelques lignes lui suffisent pour entrer, sans préambule, dans telle ou telle scène et paysage où virevoltent avec aisance des personnages, proches, étranges, sympathiques ou pathétiques, dont il sait capter le quotidien, l’histoire et les coups de folie avec efficacité. Dans les sept nouvelles qui composent L’Héritage, les êtres qu’il décrit sont influencés et traumatisés par leur passé. Il leur rend hommage avec gravité, ne se séparant jamais de ce ton ironique qu’il cultive avec sagesse.”

11. Jésus m’aime / David Safier (Presses de la cité) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

Jésus m'aimeMarie est abonnée aux échec sentimentaux. Alors qu’elle vient de saboter son premier mariage, elle rencontre un charpentier plein de qualités. Doux, sensible et généreux, Joshua a tout de l’homme idéal. A un détail près: il lui déclare être Jésus. Marie pense tout d’abord avoir une fois de plus affaire à un tordu. Mais il n’est pas donné à tout le monde de marcher sur l’eau…

Après le succès de Maudit Karma, son premier roman, David Safier confirme son talent pour la comédie avec Jésus m’aime, une réjouissante histoire d’amour, de famille et de tolérance. Du divertissement à l’état pur !”

12. Leçons particulières / Alain Claude Sulzer (J. Chambon) -> roman suisse de langue allemande

Présentation de l’éditeur :

Leçons particulières“Avant la chute du communisme, Leo, un étudiant qui a fui un pays de l’Est est accueilli en Suisse par un couple qui accepte de l’héberger. Martha, une mère de famille de 34 ans, accepte de lui donner, tout aussi gracieusement des cours d’allemand. Dans cette langue qu’il maîtrise à peine il s’entend avouer pour la première fois qu’il a abandonné sa fiancée au pays. Mais cette trahison ne sera pas la dernière. Alors qu’il est devenu l’amant de Martha, il prend en secret des cours d’anglais pour pouvoir rejoindre son frère au Canada. L‘amour qui est pour Martha une révélation qui va bouleverser sa vie, n’est pour lui qu’un bonheur fugitif, qui n’a pas de place dans ses rêves d’avenir.

Pour Alain Claude Sulzer, l’amour est inséparable de la trahison, car toujours l’un aime plus que l’autre. Avec  le roman met dénonce aussi l’égoïsme de celui qui émigre et qui, obnubilé par le but qu’il s’est fixé, utilise froidement ceux qui l’aident sans se préoccuper de leurs sentiments.”

13. Un soupçon légitime / Stefan Zweig (Grasset) -> nouvelle autrichienne inédite

Présentation de la librairie Décitre :

“Un soupçon légitime est l’histoire d’un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage.
John Limpley s’installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son mare, l’animal se transforme en tyran… jusqu’au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte. Le drame qui va suivre est d’autant plus tragique qu’il reste inexpliqué. Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l’analyse psychologique.
Comme dans Lettre d’une inconnue ou Le joueur d’échecs, il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l’obsession et de la démesure des sentiments.”

14. Le soupirant / Charlotte Link (Presses de la cité) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :
Le soupirant“Depuis qu’une inconnue est morte à ses pieds après s’être défenestrée, Leona reste traumatisée. Hantée par ce drame, elle se lie d’amitié avec Robert, le frère de la victime. C’est dans ces circonstances que Wolgang, son mari, choisit de la quitter. Profondément déprimée, Leona succombe peu à peu au charme du ténébreux Robert. Mais que sait-elle, au juste, de celui que Wolfgang surnomme ironiquement son “soupirant” ?Une fois de plus, Charlotte Link distille l’angoisse par touches subtiles, dans un crescendo inquiétant, et livre un roman au suspense insoutenable.”

15. Mes taupes / Günter Eich (Circé) > recueil de textes allemand

Présentation de l’éditeur :

Mes taupes“Cet ouvrage rassemble deux textes de l’auteur, parus successivement en 1968 et 1970. Des textes assez brefs où se mélangent poésie, fragments d’essai et histoires courtes. La taupe montre l’absurde.”

16. Les tortues / Veza Canetti (J. Losfeld) -> roman autobiographique autrichien écrit en 1938

Présentation de l’éditeur :

Les tortues“Eva Caïn vit avec son mari Andreas dans une villa aux abords de Vienne. Un soir, en rentrant, elle voit hissé à leur balcon un drapeau arborant la croix gammée. Nous sommes en 1938, et ce symbole annonce l’arrivée de Pilz, un officier allemand venu s’installer chez les Caïn. Les époux apprennent qu’ils ont un mois pour quitter l’Autriche. Ils se réfugient chez le frère d’Andreas où tous assistent, impuissants, à la montée du nazisme et aux violences quotidiennes de l’occupant. La voisine Hilda monte alors un extravagant projet : fuir en aéroplane avec l’aide des SS eux-mêmes… Dans ce roman dense, puissant et parfois ironique, Veza Canetti entraîne le lecteur dans un univers où tout jugement est exclu. Parallèlement à un témoignage essentiel sur notre histoire, l’auteur raconte ici la douleur de l’exil. À travers l’image d’une tortue que l’héroïne sauve des mains d’un artiste local qui grave sur leurs carapaces des croix gammées, Veza Canetti laisse deviner la réalité d’un futur tragique avec d’autant plus de force.”

17. Une fois deux / Iris Hanika (Les Allusifs) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

Une fois deux“127 secondes : c’est le temps que dure la conversation téléphonique scellant la rencontre de Senta, apprentie galeriste, et de Thomas, informaticien dans la quarantaine, après que ces derniers se soient aperçus dans un café du quartier de Kreuzberg à Berlin. Encore une histoire d’amour ? C’est ce que laisse présager leur rencontre-coup de foudre dans un café. Mais la suite de l’histoire, à travers les longs monologues intérieurs de Senta, met en scène les résistances intérieures des personnages, à la fois émus, surpris et effrayés d’être confrontés respectivement à the man I love et à la femme idéale. De l’analyse scientifique du sanglot à l’urinothérapie, des fouilles archéologiques sous l’ancien no man’s land qui séparait la RDA de la RFA, au mode d’emploi pour un quickie (un rapport sexuel rapide), un véritable arsenal est convoqué pour dynamiter leur relation, découpée au scalpel avec un humour désopilant.”

18. Le voyage à Bordeaux / Yoko Tawada (Verdier) -> roman allemand

Présentation de l’éditeur :

Le voyage à Bordeaux“Romancière japonaise écrivant alternativement en allemand et en japonais, sans jamais se traduire elle-même d’une langue à l’autre, Yoko Tawada ne cesse de traquer le mystère de la différence des langues et des civilisations, dans un va-et-vient constant entre Orient et Occident. Dans ce nouveau roman, elle s’invente un double, Yuna, Japonaise venue comme elle étudier en Allemagne et résidant à Hambourg. Yuna souhaite changer d’horizon : son amie Renée lui propose de se rendre à Bordeaux pour y apprendre le français en logeant dans la maison laissée vacante par son beau-frère, Maurice. Accueillie par celui-ci, Yuna découvre Bordeaux, mais parcourt surtout au fil des pages le labyrinthe de ses souvenirs faits de multiples rencontres, d’amitiés durables ou éphémères. Sur son carnet, les idéogrammes de sa langue maternelle lui servent encore de fragile aide-mémoire…”

BONNES LECTURES !

Présentation de l’éditeur :

Publié dans:  on 10 décembre 2009 at 8:03 Commentaires (18)

Le plus considérable des luxes

BW

“Je pars.
Toujours il dit Je pars, je me tire.”

Alors que la rentrée littéraire me faisait sombrer petit à petit dans un ennui sans fond, ce livre m’a réveillée. J’appelle ça un livre parce que je ne sais pas ce que c’est. Pas un roman, pas un essai, pas vraiment un récit. Un dialogue peut-être, avec le lecteur pour témoin, ou une biographie à deux voix.

BW c’est Bernard Wallet, le fondateur des éditions Verticales. Il a failli perdre la vue. Pendant les 15 jours qu’a duré sa cécité, il a parlé à Lydie Salvayre, sa compagne, lui a plus ou moins raconté sa vie. Le livre est né dans ce laps de temps. C’est finalement une sorte de portrait que Lydie Salvayre nous livre, mais le portrait d’un homme constamment en mouvement, toujours sur le départ, très souvent en colère.

La complicité entre celui qui parle et celle qui écrit est plus que touchante, tout comme l’admiration, l’amour qu’elle lui porte. Le dispositif d’écriture, avec les insertions  “je l’écris ?”, “écris-le” m’a au début plutôt amusée. Puis  j’y ai vu bien plus qu’un amusement, comme si Lydie Salvayre avait trouvé là la forme parfaite pour écrire ce qu’elle avait à écrire.

“BW déteste l’eau plate.
Écris-le. C’est important.
On ne peut pas éditer des livres, et boire de l’eau dite plate, enfin quoi !”

Le personnage BW aime la démesure. Il nous fait rire, il nous agace aussi bien souvent. Il prend d’ailleurs un malin plaisir à dire des énormités.

“Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”

BW se veut un personnage d’exception, quelqu’un d’atypique. Il a pourtant fait ce que toute sa génération a fait, à savoir partir sur les routes sac au dos, aller à Katmandou et ailleurs. Le récit de ses voyages aurait pu ressembler à une soirée diapos, quand les anecdotes sont bien plus intéressantes pour celui qui raconte que pour ceux qui écoutent. Mais là encore, le dispositif de Lydie Salvayre sauve le lecteur de l’ennui. Le lecteur est d’ailleurs au coeur du dispositif, son ennui éventuel anticipé. Grâce aux allers et retours entre récit, présent de l’écriture et présent du dialogue,  ce qui s’écrit n’est jamais naïf, jamais au premier degré. Lydie Salvayre se moque parfois de BW, ponctue les paroles qu’elle rapporte de petites incises ironiques, tandis que BW, ne se prenant pas lui-même trop au sérieux, raffole des ruptures de ton.

Dans ce livre il y a donc les voyages de BW, Beyrouth en pleine Guerre du Liban, quelques souvenirs d’enfance (une enfance dont il aimerait se débarrasser), sa formation intellectuelle, ses lectures, et puis l’édition à laquelle il a consacré 30 ans de vie et qu’il est en train de quitter.

“Mais ne t’inquiète pas, dit BW. En bon professionnel du livre, je sais tourner les pages, tu ne ris pas ? Et je pars sans souffrir, puisque mon coeur n’y est plus, ni mes yeux, ni ma tête.”

BW a fondé les éditions Verticales en 1996. Dix ans plus tard, ce sont des querelles de personnes, des rivalités qui le poussent vers la sortie. Mais bien sûr ce n’est pas la seule raison. Le constat qu’il fait sur la situation actuelle de l’édition est très pessimiste. Il pense que les éditeurs actuels, par leur course au profit, sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Il les considère responsables de la mort de la littérature qui est, selon lui, inéluctable.

Enfin il y a de beaux passages sur les gouffres de BW, sa relation à la vie, à la mort. Mais on ne s’épanche pas longtemps dans ce récit. Aussitôt l’interdiction d’aller plus loin tombe comme un couperet.

“Prière de ne pas entrer dans ma mélancolie privée, please ! De plus, le spectacle du déprimé est l’un des plus obscènes. Berk ! Il faut à tout prix dissimuler sa laideur.”

C’est bon signe, quand je truffe un billet de citations. Allez, encore une pour finir :

“J’aimerais tant, dit BW, le regard perdu, être content de vivre, serein d’esprit, imbu de moi comme de toi. “

J’ai lu BW dans la jubilation et je vous le recommande.

BW / Lydie Salvayre, Seuil (Fiction & Cie), 2009, 205 p., ISBN 978-2-02-099711-9

Lydie Salvayre (1948-…), psychiatre de formation, a déjà beaucoup écrit. Citons pour l’exemple : La compagnie des spectres, Les belles âmes, Portrait de l’écrivain en animal domestique, etc.

Les avis plutôt positifs de Mango et Gambadou, ceux un peu tièdes de George et Lau(renceV), celui tout en détestation d’un certain Michael, et l’abandon d’Esméraldaé.
Le billet en forme d’hommage de Pierre Maury, et celui, exalté, de François Bon.

P.S.1 Personnellement je pense que si quelque chose meurt, ce sera le roman. Mais heureusement les livres inclassables resteront.

P.S.2 Peut-être qu’il faut emporter ce livre sur l’île déserte. Pas pour le lire tranquillement sur le sable, en attendant que ça passe, mais plutôt pour y puiser la force de s’enfuir.

Masse critique de Babelio

Je remercie Babelio et les Éditions du Seuil pour ce livre reçu dans le cadre de l’opération Masse critique (pas sûr que ça plairait beaucoup à BW tout ça ! :) )

J’ai failli oublier :

Livres voyageurs Fidèle à mon habitude, je fais de ce livre un livre voyageur (c’est-à-dire que je le prête à tout blogueur de lecture connu de moi qui en fera la demande en commentaire). (Et ça je pense que ça plairait à BW ! :) )

8/71%

“Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”"Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”

Challenge du 1% : mon bilan rien qu’à moi

Challenge du 1% littéraire 2009

Ça y est, j’y suis ! J’ai lu 1% des romans parus en cette rentrée littéraire. Et ce qui est vraiment dommage, c’est qu’aucun ne m’a vraiment emballée. Pourtant j’en ai bien aimé 5 sur les 7.  Ce n’est pas si mal, mais ce n’est pas l’enthousiasme. Je reviens donc sur les 7 livres lus, dans une tentative de classement du moins au plus apprécié.

Comme un garçonCelui qui m’a le moins intéressée est certainement le roman autobiographique de Pierre-Louis Basse, Comme un garçon, chez stock. Ce n’est pourtant pas un livre antipathique, mais il ne m’a absolument rien apporté.

Le sommeil du caïmanPassons donc plutôt au roman de l’espagnol Antonio Soler, Le sommeil du caïman, chez Albin Michel. J’aurais pu rapprocher ce roman des Mains rouges, dont je parle plus bas, car ce sont deux retours sur le passé à partir d’aujourd’hui, deux récits mêlant petite et grande histoire, un retour sur le franquisme en ce qui concerne ce roman. Sauf que le roman de Soler m’a beaucoup plus ennuyée. J’ai eu l’impression de lire un roman complètement creux écrit par un bon faiseur, mais qui avait à peine de quoi écrire une nouvelle pas bien palpitante et l’a étirée sur 200 pages finalement bien décevantes.

Viennent ensuite deux premiers romans français, chacun reçu de son éditeur, par l’intermédiaire de Chez les filles pour le deuxième.

ContretempsLe premier de ces romans est Contretemps de Charles Marie, Aux forges de Vulcain. Un premier roman plein de fantaisie, d’humour, du sens de la formule comme du sens de l’absurde, mais un roman tout de même un peu vain. Heureusement, un court roman.

Nouveaux IndiensLe deuxième est le roman de Jocelyn Bonnerave, Nouveaux Indiens, au Seuil. Une histoire absolument grotesque, mais racontée avec humour, fantaisie, sens du jeu, par un auteur qui n’a peur de rien et surtout pas du ridicule.

Les mains rougesVient ensuite Les mains rouges du danois Jens Christian Grøndahl chez Gallimard. Il y est question d’un retour sur le terrorisme d’extrême gauche en Allemagne dans les années 70. Mais ce sont aussi des retrouvailles au présent, l’occasion pour deux personnages dans la quarantaine de faire le bilan de leur vie. Sur le moment j’ai été très charmée par ce roman, par la sensibilité de l’auteur, sa douce mélancolie. Mais avec un peu distance, je dois bien reconnaître qu’il n’a rien d’inoubliable.

Viennent enfin les deux romans que j’ai trouvés les plus intéressants de ma petite sélection.

NetherlandLe premier, Netherland de l’américain Joseph O’Neill (en fait le roman est américain mais l’auteur est d’un peu partout) aux Éditions de l’Olivier, est le seul des 7 romans à essayer de penser le monde contemporain. Et ce n’est pas rien ! C’est un roman très intéressant à plus d’un titre, mais pourquoi m’a-t-il autant ennuyée ?

La femme de midiVient enfin le roman qui m’a le plus surprise, La femme de midi de l’allemande Julia Franck chez Flammarion. C’est un roman très classique dans la forme, je dirais même que c’est le roman le plus romanesque que j’aie lu en cette rentrée. Car c’est une véritable saga, un roman à plusieurs personnages, qui dure presque le temps d’une vie, et qui nous raconte l’histoire d’une famille aux prises avec la grande histoire. C’est le genre de roman très narratif qu’on lit avec de la curiosité pour la suite de l’histoire, en s’attachant aux personnages, etc. Un roman donc qui ne révolutionnera pas la littérature du 21e siècle, mais qui a très très bien fonctionné avec moi. C’est-à-dire que je ne l’ai pas lâché. J’en ai également apprécié l’écriture, la sensualité. Et Julia Franck est certainement des 7 auteurs que j’ai lus, celle dont je vais attendre la prochaine parution en français avec le plus d’impatience.

Et maintenant ? Eh bien je continue. J’ai encore un premier roman français reçu des éditions Aux forges de Vulcain, je viens de recevoir un roman français de la rentrée dans le cadre de Masse critique (merci Babelio), j’ai reçu en prêt un gros roman français dont on a beaucoup parlé (merci Noryane), je me suis offert un roman russe, et on vient enfin de me rendre le roman de la rentrée qui me faisait le plus envie, celui que j’avais acheté dés sa sortie, que je venais de commencer, et que je m’étais honteusement fait piquer par quelqu’un qui en plus l’a gardé deux mois, ce qui est absolument scandaleux. Je suis donc en marche vers le 2% !

Publié dans:  on 12 novembre 2009 at 8:05 Commentaires (23)

Le sommeil du lecteur n’est pas celui du caïman

Le sommeil du caïman

“Je ne suis qu’un amoncellement de souvenirs. C’est là ma seule identité. Un archiviste désordonné, plein d’hallucinations et de caprices. Incohérent. L’incohérence est la seule vérité possible, la vérité de l’instant. J’ai mis beaucoup de temps à l’apprendre.”

Il est réceptionniste dans un hôtel à Toronto, au Canada, depuis plus de trente ans et à six mois de la retraite. Arrive alors dans son hôtel un certain Luis Bielsa, un espagnol de soixante-seize ans. Bielsa ne semble pas reconnaître le réceptionniste. Mais le réceptionniste se souvient. Il revoit l’été 1956 à Barcelone. Il avait alors vingt-cinq ans et croyait à la révolution…

“Dans le clignotement du téléviseur apparaît un caïman immobile. Endormi ou mort, il flotte à la dérive au bord d’une mare et un jeune daim s’approche pour boire. Soudain le daim n’est plus qu’un amas de chair, de sang qui teint la couleur ocre de la mare.”

Ce roman est l’histoire d’une trahison et d’une vengeance bien des années plus tard. On le sait dés le début du roman. On n’en sait guère plus à la fin. J’ai trouvé ce roman complètement creux, d’un ennui mortel. Je dois reconnaître à l’auteur un certain savoir faire, mais à quoi bon ?

Il y est bien question également de la mémoire, des fantômes, du souvenir d’une histoire d’amour de jeunesse, des souvenirs traumatisants des prisons franquistes, de la torture et autres joyeusetés, mais rien de bien palpitant. Comme le ressassement de la mémoire, le récit est répétitif, il tourne sur lui-même indéfiniment. Antonio Soler manie très bien la répétition, le style est élégant, mais son roman particulièrement soporiphique.

Le sommeil du caïman / Antonio Soler, traduit de l’espagnol par Françoise Rosset (titre original : El sueño del caimán), A. Michel, 2009, 207 p., ISBN 978-2-226-19396-4

Antonio Soler (1956-….) est l’auteur de Les héros de la frontière (1999), Les danseuses mortes (2001), Le spirite mélancolique (2004), Le chemin des anglais (2007).

Sur le site Rentrée littéraire, on peut lire une longue critique d’un blogueur que ce roman a de toute évidence passionné.

7/71%

Challenge du 1% : premiers romans étrangers

Dans mon dernier bilan du challenge du 1%, j’avais annoncé la publication prochaine sur ce blog de listes thématiques de nouveautés, pour donner quelques idées de lecture à ceux qui en manqueraient. Voici donc une liste de premiers romans étrangers de la rentrée. Certains ont l’air gratiné (un surtout, amusez-vous à chercher lequel ! ;) ) mais ce n’est pas le cas de la majorité de ces premiers romans. A chacun donc de voir ce qui peut lui convenir :

1. Adalina / Silvio Huonder (La dernière goutte) -> premier roman suisse de langue allemande

Présentation de l’éditeur :

Adalina“Une force mystérieuse pousse Johannes Maculin, artiste berlinois, à retourner sur les lieux de l’enfance, une petite ville suisse enserrée dans un paysage grandiose. Que s’est-il passé il y a vingt ans ? Quels secrets inavouables retiennent Maculin prisonnier d’un amour de jeunesse ? Personne n’échappe bien longtemps aux fantômes du passé. Pour Maculin, le fantôme qui le hante se nomme Adalina. Banalité de la perversité serait un sous-titre idéal pour ce roman construit comme une intrigue policière. Le récit d’une histoire d’amour tragique et d’un deuil impossible.”

2. Un amour exclusif / Johanna Adorjan (Presses de la cité) -> premier roman allemand

Présentation de l’auteur :

Un amour exclusif“Ce livre raconte l’histoire de Vera et István, deux Juifs hongrois survivants de la Shoah, qui ont fui les émeutes de Budapest en 1956, ont trouvé refuge au Danemark et se sont donné la mort à Copenhague en 1991. C’est l’histoire d’un amour hors du commun. L’histoire de mes grands-parents.”

3. Dans le berceau de l’ennemi / Sara Young (Belfond) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Dans le berceau de l'ennemi“Un roman déchirant qui s’appuie sur un épisode relativement méconnu de la Seconde Guerre mondiale : les Lebensborn, ces « haras humains » créés par l’administration du Troisième Reich, afin que des sujets de pure race aryenne procréent pour constituer l’élite du futur empire.”

4. La fenêtre berlinoise / Sasa Ilic (Gaïa) -> premier roman serbe

Présentation de l’éditeur :

La fenêtre berlinoise“Envoyé à Berlin par une ONG de Belgrade, un jeune homme vient recueillir les mots des exilés, ceux que la guerre ou les aléas de l’Histoire ont déplacés d’une nation à l’autre, d’une vie à l’autre. Se laissant guider par le hasard, il va de rencontre en rencontre. Sur un banc d’Alexanderplatz, il croise la destinée de Viktor Greber, vieil homme à la générosité attentive, convoquant le fantôme d’une chanteuse de cabaret des années 30 ou les traits d’un amour disparu dans la tourmente de l’ex-Yougoslavie. Dans les couloirs du métro, il suit la silhouette d’Ana Djadić, une marionnettiste de théâtre qui ne se confie qu’à ses pantins. Saša Ilić capte les pulsations de Berlin et de ces vies invisibles. Pierre après pierre, il fait tomber les murs du silence et de la douleur, et rend leur place aux déclassés, aux oubliés, en ouvrant grand les fenêtres sur leurs existences.”

5. Judy B. / Rose Heiney (Naïve) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Judy B.“Judy Bishop, 23 ans, tient une chronique de « fille » branchée tous les dimanches dans un journal anglais. Sous le nom de plume Judy B., elle s’invente un personnage mondain et excentrique, folle de garçons, d’alcool et de shopping, complètement à l’opposé de sa vraie vie : Judy est en réalité une jeune femme boulotte, qui vit terrée chez elle et n’a jamais eu de rapports sexuels. Pour elle, cette chronique est une simple corvée alimentaire. Sa vraie passion est la comédie musicale ; étudiante, elle a fait partie d’une troupe de théâtre amateur, mais sa « carrière » a tourné court.”

6. Loving Franck / Nancy Horan (Buchet-Chastel) -> premier roman américain

Présentation de l’éditeur :

Loving Franck“En 1903 à Chicago, l’homme d’affaires Edwin Cheney et son épouse Mamah Borthwick Cheney passent commande de leur nouvelle maison à l’enfant terrible et déjà célèbre de l’architecture américaine, Frank Lloyd Wright. Six années plus tard, la bonne société de Chicago et la presse américaine sont secouées par le plus grand scandale de ce début de siècle : Mamah, tombée entre temps passionnément amoureuse de Frank, quitte Edwin et leurs deux enfants pour suivre l’architecte renommé en Europe. Lui-même abandonne sa femme Catherine et six enfants pour vivre cette passion. (…) Captivante fiction historique documentée par l’autobiographie de Frank Lloyd Wright, par les lettres de Mamah Borthwick et par les très nombreux articles dans la presse de l’époque, Loving Frank mêle tout à la fois intrigue amoureuse, émancipation féminine et une plongée dans l’univers d’un des plus grands maîtres de l’architecture moderne.”

7. Le souffle de l’éternité / Ronlyn Domingue (Archipel) -> premier roman américain

Présentation de l’éditeur :

Le souffle de l'éternité“Nouvelle-Orléans, années 1920. Graziella Nolan éprouve une passion pour Andrew lorsqu’elle est victime d’un accident. En un instant, elle laisse derrière elle son seul et unique amour et son rêve de devenir médecin. Mais Graziella refuse de partir pour l’au-delà et, de son étrange point d’observation, continue à contempler le monde, à la recherche d’Andrew, dont elle a perdu la trace. Au début des années 2000, un jeune couple fait l’acquisition d’un meuble ayant appartenu à Andrew. Le fantôme de Graziella, qui rôdait autour du meuble dans l’espoir de retrouver son fiancé, « s’installe » chez Amy et Scott. Bientôt, Graziella découvre que tous deux traversent une passe difficile…”

8. Le livre des nuages / Chloé Aridjis (Mercure de France) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Le livre des nuages“Tatiana a quatorze ans quand elle a cette terrifiante vision. Seize ans plus tard, elle revient à Berlin pour étudier, puis pour y vivre de petits travaux, pour rêver un peu, pour être seule. Elle flotte dans la vie, se promène sur un nuage, ne s’implique jamais nulle part. Son obsession, c’est cette ville et son horrible passé, la guerre d’abord, puis le Mur, la coupure. Elle va croiser d’autres fantômes, se mêler à eux dans les rues, le métro encore, les mystérieux souterrains côté Est, nous entraînant à sa suite dans des récits d’une grande poésie, même s’ils sont parfois très noirs. Jusqu’au jour où la violence va frapper.”

9. Un train nommé Russie / Natalia Klioutchareva (Actes Sud) -> premier roman russe

Présentation de l’éditeur :

Un train nommé Russie“Nikita, qui s’évanouit à tout bout de champ comme le prince Mychkine de L’Idiot, ne peut oublier Iassia, son amour de jeunesse, cheveux multicolores, poétesse déjantée qui finira sexy model. Il parcourt la Russie en train et croise toute une humanité – une vendeuse à la sauvette et ses deux enfants, une réfugiée de Groznyi, un philosophe, un membre de la police secrète, un travelo, des gentils, des méchants… et même un prêtre président de kolkhoze. Quand les amis de notre héros lui demandent : “Pourquoi chercher la Russie, puisqu’elle est en toi ?”, il ne sait que répondre et continue sa fuite en avant, comme s’il voulait se fondre dans cet univers matriciel…”

BONNES LECTURES !

Publié dans:  on 9 novembre 2009 at 8:19 Commentaires (18)

Nous ne sommes pas dans le royaume de la logique

Netherland

“Je me souviens, également, avoir essayé de me débarrasser d’une nouvelle et intense tristesse que je suis capable seulement maintenant d’identifier sans hésiter : la tristesse qui nous vient quand le miroir du monde n’offre plus de surface dans laquelle on peut reconnaître son véritable reflet.”

Hans van den Broek, un anglais d’origine hollandaise, vit à Londres avec sa femme Rachel et leur petit garçon. Un soir  en 2006, il reçoit un coup de téléphone d’une journaliste qui lui apprend la mort de Chuck Ramkissoon, un américain originaire de Trinidad. Chuck a été retrouvé mort dans un canal, les poignets menottés, de toute évidence victime d’un meurtre. Alors Hans se souvient des quelques années qu’il a passées à New York.

L’essentiel du roman se situe juste après le 11 septembre. L’effondrement des tours a ébranlé l’Amérique et le couple de Hans. Rachel ne supportait plus de vivre dans la peur d’un attentat et a préféré rentrer à Londres. Hans fait donc des allers et retours fréquents entre Londres et New York. Il est assez désorienté. Tandis qu’il traîne son ennui dans New York, ses pensées vagabondent. C’est alors qu’il rencontre Chuck, très différent de lui, mais partageant sa passion pour le cricket…

Si j’étais critique littéraire, je tenterais probablement de rendre compte de ce roman avec le maximum d’objectivité. J’en vanterais donc les innombrables qualités sans parler de ma propre lecture. Pour en montrer toute la richesse, je commencerais certainement par énumérer quelques uns des thèmes abordés par ce roman : la ville de New York, l’après 11 septembre, les communautés d’immigrés aux États-Unis, le rêve américain, le cricket, les joies de la vie de famille, le déclin du couple, la nostalgie de l’enfance… J’évoquerais certainement le style superbe, “bien écrit mais pas trop”, l’habileté de l’auteur pour jouer avec le temps, balader son lecteur entre Londres aujourd’hui, New York hier et les Pays-Bas avant-hier. Je dirais certainement le plaisir qu’il y a pour un lecteur à trouver sa place dans un roman, quand l’auteur n’en dit pas trop, ne lui mâche pas trop le travail de lecture en surinterprétant tout à sa place. Bref si j’étais critique littéraire, je dirais que ce roman est un excellent roman, certainement un des meilleurs de la rentrée.

Mais comme je suis une blogueuse qui parle des livres en toute subjectivité, il faut que je vous dise combien ce roman m’a arraché des bâillements d’ennui. Au bout d’une centaine de pages, il m’est tombé des  mains. Il est resté là, fermé, m’ayant coupé toute envie de lire même autre chose, pendant des jours, peut-être des semaines. Et puis un jour quelqu’un m’a posé la question rituelle : “Qu’est-ce que tu lis en ce moment ?”. Alors j’ai raconté cet abandon de lecture et j’ai tenté  de me justifier. J’ai dit à mon interlocuteur qu’il ne se passait rien dans ce roman, qu’Hans et Rachel étaient les personnages les plus ennuyeux que j’aie rencontrés dans un roman (lui analyste financier, elle avocate, leur loft, leur bébé, les baisers qu’elle lui refuse, et plus tard l’amant, le psychothérapeute, le conseiller conjugal… (d’ailleurs, parenthèse dans la parenthèse, je pense que la petite famille traditionnelle et la réussite sociale sont les thèmes les plus chiants et les moins romanesques qui soient) ). Et puis je me suis mise à énumérer tous les thèmes abordés par ce roman, en m’étonnant qu’un roman dans lequel il ne se passe rien puisse en aborder autant. Et finalement je me suis donné envie à moi-même de reprendre ma lecture.

Alors j’ai repris ce roman. J’ai encore réprimé quelques bâillements, mais j’y ai tout de même pris goût. Et au lieu de déplorer le manque d’action, je me suis même surprise à en apprécier surtout les passages les plus contemplatifs, par exemple quand Hans surfe sur Google Earth ou quand il regarde tomber la neige pendant des heures. Enfin j’y ai même trouvé quelques (rares) notes d’humour. Finalement je crois qu’au début ce roman m’avait tout simplement communiqué sa tristesse. Et en lectrice éponge j’avais absorbé l’ennui de Hans, sa solitude et son désoeuvrement.

“Nous ne sommes pas dans le royaume de la logique mais dans celui de la mélancolie, et je persiste à penser que la mélancolie est une condition respectable et sérieuse. Comment, sinon, rendre compte d’une bonne partie de notre vie ?”

Si j’étais critique littéraire, je vous raconterais certainement l’anecdote Obama qui semble inévitable pour parler de Netherland (il a dit aimer ce roman qu’il était en train de lire et ça a dopé ses ventes). Mais comme je suis une blogueuse de lecture qui a bien failli laisser tomber ce roman, je me demande surtout si Barack Obama l’a maintenant terminé…

Enfin si j’étais critique littéraire, j’aurais certainement comparé ce roman à Gatsby le magnifique (ils le font tous). Mais comme je ne suis qu’une blogueuse qui ne sait pas apprécier la littérature américaine contemporaine parce qu’elle n’a pas lu tous ses classiques, je vais me contenter d’ajouter une ligne à mon programme de lecture.

Netherland / Joesph O’Neill, traduit de l’américain par Anne Wicke (titre original : Netherland), Éd. de l’Olivier, 2009, 296 p., ISBN 978-2-87929-655-5

Joseph O’Neill (1964-….) est né en Irlande d’une mère turque francophone et d’un père irlandais. Il a vécu aux Pays-Bas, a été avocat à Londres et vit maintenant à New York depuis plus de dix ans. Netherland est son troisième roman mais le premier traduit en français. Il a reçu pour ce roman le PEN/Faulkner Award 2009.

D’autres avis sur les blogs de lecture : Dasola et Keisha.

Livres voyageurs Fidèle à mon habitude, je fais de ce roman un livre voyageur (c’est-à-dire que je le prête à tout blogueur de lecture connu de moi qui en fera la demande en commentaire). Mais sachez que c’est à vos risques et périls. Si vous vous laissez gagner par la crise existentielle de Hans, ses doutes, sa tristesse… je décline toute responsabilité ! Sachez surtout que ce bon roman n’est peut-être pas aussi génial que la presse unanimement dithyrambique a eu tendance à l’affirmer…

6/71%

Challenge du 1% : 5e bilan

Challenge du 1% littéraire 2009

En ce 1er novembre, voyons un peu où nous en sommes du Challenge du 1% littéraire 2009 !

Les livres de la rentrée sont maintenant tous disponibles, puisqu’ils sont sortis petit à petit entre le 13 août et le 28 octobre.

Du côté des inscrits au Challenge, il y encore eu des petits nouveaux. On compte aujourd’hui 74 inscrits, 63 blogueurs ayant commencé leur challenge. Dix-huit challengers ont déjà atteint 1% : Antigone, Canel, CatherineDominique84, Fashion, George, Kallikrates, Keisha, Lau(renceV), Leiloona, Mango, Naina, Pagesàpages, Stephie. Dont quatre qui ont même atteint 2% : Amanda, Aurore, Esmeraldaé, Laurence.

Quels sont les romans les plus lus par les participants au Challenge ? S’il y a un roman catalan à la première place ex-aequo, la liste est tout de même très majoritairement française.

  1. Ce que je sais de Véra Candida / Véronique Ovaldé (11 blogueurs)
  2. Le jeu de l’ange / Carlos Ruiz Zafón (11 blogueurs)
  3. Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (9 blogueurs)
  4. Le club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia (6 blogueurs)
  5. Mon enfant de Berlin / Anne Wiazemsky (6 blogueurs)
  6. Les heures souterraines / Delphine de Vigan (5 blogueurs)
  7. Jan Karski / Yannick Haenel (5 blogueurs)
  8. La peine du menuisier / Marie Le Gall (5 blogueurs)
  9. La rafale des tambours / Carol Ann Lee (5 blogueurs)
  10. La revanche des otaries / Vincent Wackenheim (5 blogueurs)
  11. Une année étrangère / Brigitte Giraud (5 blogueurs)
  12. Les veilleurs / Vincent Message (5 blogueurs)
  13. Le voyage d’hiver / Amélie Nothomb (5 blogueurs)

Les romans français les plus lus : peut-être est-il utile de préciser que le 2e sur la liste a été envoyé gratuitement aux blogueurs par Chez les filles.

  1. Ce que je sais de Véra Candida / Véronique Ovaldé (11 blogueurs)
  2. Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (9 blogueurs)
  3. Le club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia (6 blogueurs)
  4. Mon enfant de Berlin / Anne Wiazemsky (6 blogueurs)
  5. Les heures souterraines / Delphine de Vigan (5 blogueurs)
  6. Jan Karski / Yannick Haenel (5 blogueurs)
  7. La peine du menuisier / Marie Le Gall (5 blogueurs)
  8. La revanche des otaries / Vincent Wackenheim (5 blogueurs)
  9. Une année étrangère / Brigitte Giraud (5 blogueurs)
  10. Les veilleurs / Vincent Message (5 blogueurs)
  11. Le voyage d’hiver / Amélie Nothomb (5 blogueurs)
  12. Carrefour des nostalgies / Antoine Laurain (4 blogueurs)
  13. Le coeur en dehors / Samuel Benchetrit (4 blogueurs)
  14. Des hommes / Laurent Mauvignier (4 blogueurs)
  15. Les lits en diagonale / Anne Icart (4 blogueurs)
  16. Ordalie / Cécile Ladjali (4 blogueurs)
  17. Quelque chose en lui de Bartleby / Philippe Delerm (4 blogueurs)
  18. Trois femmes puissantes / Marie NDiaye (4 blogueurs)
  19. Un roman français / Frédéric Beigbeder (4 blogueurs)

Les romans étrangers les plus lus : parmi les 9 romans étrangers les plus lus, on compte un catalan, un espagnol, un anglais,  un écossais, un irlandais de langue anglaise, deux indiens de langue anglaise et deux américains.

  1. Le jeu de l’ange / Carlos Ruiz Zafón (11 blogueurs)
  2. La rafale des tambours / Carol Ann Lee (5 blogueurs)
  3. La clé de l’abîme / José Carlos Somoza (4 blogueurs)
  4. Vers l’aube / Dominic Cooper (4 blogueurs)
  5. La belle rouge / Poppy Z. Brite (3 blogueurs)
  6. Et que le vaste monde poursuive sa course folle / Colum McCann (3 blogueurs)
  7. Histoire de mes assassins / Tarun J. Tejpal (3 blogueurs)
  8. Loving Franck / Nancy Horan (3 blogueurs)
  9. Le roi du cinéma muet / Hindrajit Hazra (3 blogueurs)

Les premiers romans français les plus lus : (le 1er et le 6e ont été envoyés gratuitement aux blogueurs)

  1. Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (9 blogueurs)
  2. La peine du menuisier / Marie Le Gall (5 blogueurs)
  3. Les veilleurs / Vincent Message (5 blogueurs)
  4. Les lits en diagonale / Anne Icart (4 blogueurs)
  5. On ne boit pas les rats-kangourous / Estelle Nollet (3 blogueurs)
  6. Question de l’être et beauté féminine / Jérémy Nabati (3 blogueurs)
  7. Terre des affranchis / Liliana Lazar (3 blogueurs)

Les premiers romans étrangers le plus lus : les premiers romans étrangers sont assez peu lus. Un seul a été lu par plusieurs blogueurs :

  1. Loving Franck / Nancy Horan (3 blogueurs)

Dans les semaines ou les mois qui viennent, je tâcherai de publier des listes de livres de la rentrée qui pourront donner aux participants des idées de lecture, comme par exemple la liste des premiers romans étrangers, la liste des romans espagnols, etc.

Bonnes lectures !

Publié dans:  on 1 novembre 2009 at 4:17 Commentaires (34)

Comme un garçon

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“C’est en fermant les yeux et surtout la bouche de mon père que j’ai ressenti l’épaisseur du temps. Je me suis dit : plus question de plaisanter avec les années qui passent. Elles ne reviennent jamais.”

Le prologue du roman de Pierre-Louis Basse est écrit à la première personne, comme le début d’une autobiographie. Il y parle de la mort de son père et de son désir de partir à la recherche d’un amour de jeunesse à travers l’écriture. Mais du prologue au premier chapitre, un glissement s’opère de la première à la troisième personne. Et il s’ensuit un roman autobiographique qui dure le temps d’une semaine. Le lundi Pierre Garçon s’installe dans un hôtel de la Place Clichy, tout près du lieu de sa première rencontre avec Lucie en 1979. Ils avaient vingt ans et ils étaient en khâgne. Trente ans plus tard il est toujours nostalgique de cet amour perdu. Il s’installe donc dans une chambre d’hôtel avec toutes sortes d’objets devant lui rappeler sa jeunesse : un ticket de métro, une affiche, un électrophone et des disques… Et il part en quête à la fois de Lucie et de l’année 1979.

Le prologue et le premier chapitre de ce roman m’ont beaucoup plu. Mais du mardi au dimanche, les journées m’ont paru de plus en plus longues. Je me suis lassée de ces énumérations de noms de célébrités de l’époque (dont beaucoup ne me disaient pas grand chose) et même des énumérations de films, de disques, de livres qui créaient petit à petit un décor, mais un décor pour un roman qui reste à écrire. L’histoire d’amour m’a paru à peine esquissée. La fin ne m’a pas vraiment convaincue non plus. Inutile donc que je m’attarde davantage sur cette petite déception !

Comme un garçon / Pierre-Louis Basse, Stock (Bleue), 2009, 140 p., ISBN 978-2-234-06026-5

“Comme un garçon” est le premier roman de Pierre-Louis Basse, déjà auteur d’une biographie de Guy Moquet et de récits.

Restling (que je remercie pour le prêt) m’avait pourtant prévenue et Saxaoul n’a pas été plus enthousiaste.

5/71%

Seul sur la planète Californie

Nouveaux Indiens

“Il y aura de la musique, d’autres cannibales, d’autres manières d’utiliser la chair, deux élections, de la musique encore.
Il y aura une enquête et une autre enquête.”

Un anthropologue français passe deux mois aux États-Unis près du campus de Berkeley, pour étudier le travail d’un musicien avec son groupe d’étudiants. Dans l’école de musique, des affiches sont placardées : “We miss you Mary”. Mary était étudiante en danse dans la même école. Anorexique depuis plus d’un an, elle est décédée peu avant l’arrivée de l’anthropologue. Quand elle est tombée malade, elle revenait d’un voyage chez les Guayaki, des Indiens anthropophages. L’histoire de Mary va donc beaucoup intéresser l’anthropologue…

“Les anthropologues sont des rats de bibliothèque qui en sortent parfois, la peur au ventre, parce qu’il n’y a pas encore de livre sur les hommes qui les intéressent, et que ce livre, en dépit des fièvres et du vaudou, eh bien il faut l’écrire.”

Ce qui m’a amusée à la lecture de ce roman, c’est d’imaginer qu’il pourrait être le premier d’une série avec A. l’anthropologue en héros récurrent. A. y serait un genre de Colombo de l’anthropologie. Car il ne paie pas de mine, l’anthropologue. Il a tout de l’anti-héros qui déteste les voyages, vomit dans l’avion, ne se remet pas du jetlag, et se balade partout avec son guide Lonely Planet comme un pauvre touriste égaré aux États-Unis. Je le verrais bien, dans une prochaine aventure, troquer son guide Lonely Planet contre un plan du métro parisien et aller s’installer non loin du campus de Paris 8, histoire d’observer un peu les rappeurs de Seine-Saint-Denis. Et alors un crime aurait lieu au Stade de France… Naturellement ce genre de série policière aurait tout à fait sa place dans une collection “Grands détectives” ou équivalent. Mais ce qui vaut au roman de Jocelyn Bonnerave une publication dans la collection “Fiction & Cie” du Seuil, c’est probablement son style qui va par moments fureter du côté du slam, de la poésie sonore… (je ne sais pas exactement quel terme conviendrait à l’auteur, mais je ne manquerai pas de l’écouter prochainement dans une émission de la nuit, avec l’espoir de comprendre alors vraiment ce qu’il a voulu faire). Ce roman est donc plutôt à ranger du côté de la littérature expérimentale.

“Antoine fait la gueule parce qu’il croit que je me suis moqué de son accent québécois. C’est de plaisir que j’ai ri, à l’entendre pour la énième fois bricoler ma langue d’une autre manière. Impossible de lui faire comprendre. Il faudrait du temps pour lui dire ce que j’aime dans la langue, quelle joie ça me donne qu’on la torde, qu’on la remonte dans l’autre sens, quelle espèce de musique ça me chante. Je suis venu pour la musique, je suis peut-être venu pour la langue, ou pour autre chose encore ?”

Que dire d’autre de l’histoire ? Qu’elle se déroule sur fond de campagne électorale américaine, que certains personnages secondaires valent le détour, comme une chanteuse SDF ou un mangeur de sauce bolognaise passionné de bambous, et que l’anthropologue ne reste pas longtemps tout seul sur sa planète californienne, ce qui donne lieu à quelques scènes de sexe avec une musicienne végétarienne. Enfin, de l’énigme de la mort de Mary je ne dirai rien, si ce n’est que c’est une histoire folle, qui flirte dangereusement avec le ridicule, mais qui inspirera peut-être à nos dirigeants un nouveau plan de lutte contre l’obésité.

Un roman qu’on lit d’une traite et avec le sourire !

Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave, Seuil (Fiction & Cie), 2009, 169 p., ISBN 978-2-02-098974-9

Un petit tour sur les autres avis bloguesques est très réjouissant, car ce roman divise et je dois dire que lire tous ces billets à la suite m’a bien fait rire : “Nouveaux Indiens” a enthousiasmé Cathulu. Il a également plu à Papillon, Wictoria, Lou, Lael et Catherine. Il a déplu à Doriane qui a trouvé son style indigeste, tandis que Mariel considère que la mayonnaise n’a pas pris. Il n’a pas plu non plus à Gangoueus et JoëlleCalypso a carrément détesté : c’est le plus mauvais roman qu’elle ait lu de sa vie. Enfin il a déconcerté Saxaoul et Stephie qui l’ont abandonné. 

Livres voyageurs Nouveaux Indiens est le premier roman de Jocelyn Bonnerave, anthropologue né en 1977. Merci à Chez les filles et les Éditions du Seuil pour me l’avoir envoyé. J’en fais un livre voyageur, c’est-à-dire que je le prête à tout blogueur de lecture connu de moi qui en fera la demande en commentaire.

4/71%