Il y a quelques mois, je participais à mon premier swap, orchestré avec brio par Bladelor. J’avais à cette occasion reçu un magnifique colis concocté avec non moins de brio par Lau. Le colis contenait quatre livres. Je m’étais jetée sur la bd, comme une affamée de lecture, mais les trois autres livres, pourtant très judicieusement choisis par ma swapeuse, s’étaient trouvés enfouis dans ma PAL. Et aujourd’hui j’en ai honte. Non seulement j’en ai honte, mais en plus je suis interdite de swap, tant que je n’aurais pas progressé un tant soit peu dans mes lectures africaines (oui je suis sur un blog au règlement très strict : il me faut avoir lu au moins 50% des livres reçus lors d’un swap, pour pouvoir m’inscrire au suivant). Pendant ce temps là, les swaps pleuvent sur la toile, et je vous regarde déballer vos paquets en bavant comme la panthère de mon premier colis. Il fallait donc réagir…
Oubliés donc les Challenge ABC, Challenge Nom de la rose, Challenge Vivaldi et autre Challenge du 1% littéraire ! Et place à un roman policier africain !
“Qu’est-ce qu’une vie d’homme, sans ami ni fiancée ?“
L’action de “L’empreinte du renard” se situe de nos jours au Mali, à Pigui, un village habité par les Dogons. Tout commence par un duel. Un jeune homme a été déshonnoré par son meilleur ami, qui lui a volé sa fiancée. Il provoque donc ce duel, mais y laisse la vie par accident, en même temps que sa jeune soeur qui avait voulu intervenir. Quant au voleur de fiancée, il survit bien que blessé. Mais le lendemain, on le retrouve mort, le corps démesurément enflé, un filet de sang noir coulant de ses lèvres. Plus tard, un de ses amis et conseiller municipal est retrouvé mort dans les mêmes conditions. Le commissaire Habib et son collaborateur l’inspecteur Sosso de Bamako se rendent alors à Pigui pour enquêter, car le maire du village et les autres conseillers municipaux se sentent menacés.
Habib Kéita et Sosso Traoré sont les personnages récurrents de Moussa Konaté. Habib, le commissaire, vit dans une petite maison au toit de tôle à la périphérie de Bamako avec sa femme et Oumar, leur fils de six ans. Il est musulman et parle français et bambara. De Sosso, l’inspecteur, nous ne savons pas grand chose, si ce n’est qu’il est originaire de Ségou, capitale de l’ancien royaume des Bambaras. Il est aussi plus jeune que son supérieur.
Si ce roman m’a paru très moyen, c’est qu’e je n’ai pas apprécié son style, que j’ai trouvé assez vieillot et même exaspérant à force de clichés, de phrases toutes faites. Ainsi à chaque nouvelle apparition de personnage, l’auteur nous inflige une description ridicule du genre “elle était belle comme une sculpture”. L’enquête policière n’est pas non plus très palpitante à mon sens, car tout se résout assez rapidement. Néanmoins ce roman a le mérite de nous faire découvrir un peuple, son mode de vie, ses croyances, un peuple déchiré entre tradition et modernité (quel scoop !), avec les rêves d’émancipation des jeunes filles… Bref, un roman policier ethnologique qui se lit vite, sans réel déplaisir, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable…
L’empreinte du renard / Moussa Konaté, Points policier, 2007, ISBN 978-2-7578-0305-9
“L’empreinte du renard” est le troisième volet des enquêtes du commissaire Habib après “L’assassin du Banconi” et “L’honneur des Kéita”. Son auteur, le malien Moussa Konaté, est également l’auteur de “Le prix de l’âme” (1981), son premier roman.
Les avis positifs de Sylvie, Sophie, Pascal, Katell, Valdebaz, Maijo, Opale. L’avis plus réservé de Hannibal.
Ca y est, j’en ai lu 50% ! Si je veux, je peux donc m’inscrire à un swap. Et ça tombe bien parce qu’il y a quelques jours, dérogeant à mon règlement intérieur, je me suis déjà inscrite ici ou là !



























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