Plus un seul jour sans voir la mer

“Jamais sans” : c’est le nom d’un tag qui a circulé sur les blogs de lecture nous invitant à lister nos indispensables. Alors bien sûr les blogueurs de lecture ont répondu “jamais sans un livre”. Ce tag n’est pas passé par moi mais il m’a fait réfléchir.

A l’occasion de ce tag, j’ai lu que certains sortaient un livre partout où ils n’étaient pas dans l’action, partout où ils étaient en situation d’attente : dans les transports en commun, à la poste, au supermarché, chez le dentiste… Moi dans chacun de ces lieux je m’évade par la pensée et cela emplit l’attente. Et quand je ne suis pas perdue dans mes pensées, je regarde, j’observe, je contemple : les autres, ceux qui s’agitent, le paysage, la mer… Pourtant j’ai aussi toujours un livre sur moi, mais je ne le sors pas nécessairement. Je suis devenue une rêveuse, une contemplative.

Les livres ne me sont plus indispensables.

Je viens de prendre un mois de vacances. Je me suis un peu baladée, j’ai un peu lu (je vous rassure), mais je me suis surtout offert le luxe de ne rien faire. Je me suis donné du temps.

J’ai un peu regretté ma PAL de voyage. Je ne sais pas ce qui m’avait pris. Je ne connais rien au roman français contemporain, et alors ? Pourtant ce n’était pas si mal, j’en reparlerai. Mais décidément je n’aime pas avoir un programme de lecture préétabli. D’ailleurs aujourd’hui je ne sais plus vraiment où sont mes goûts en matière de lecture. Et pourtant j’ai de nouveau envie de lire. Alors je vais continuer, d’un roman policier à une bd, en passant par de grands classiques. Et j’espère que je trouverai mes nouveaux indispensables.

Voilà, il est un peu bizarre ce billet de retour. Mais mon blog a eu six mois en mon absence, alors c’était l’occasion de faire un genre de petit bilan. Je suis contente de retrouver vos blogs et je vais recommencer à les lire avec plaisir, mais de la même manière que je lis la presse littéraire, ou comme j’écoute ou je regarde les émissions littéraires, c’est-à-dire sans nécessairement me précipiter en librairie après, juste pour le plaisir “d’entendre parler” des livres et par curiosité pour ce qu’on y cherche et qu’on y trouve parfois.

Publié dans: on 29 août 2008 at 11:08 Commentaires (13)
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J’aime les livres qui ont vécu

Je ne devrais pas le dire, car plus personne ne voudra jamais plus me prêter de livres, et peut-être même qu’après une confidence pareille, la bibliothèque municipale ne voudra plus de moi parmi ses adhérents, mais je dois bien l’avouer : je ne suis pas très soigneuse avec les livres. Je les emporte partout, les lis en buvant, en mangeant même parfois, j’en ai laissé se gondoler quelques uns près d’un radiateur, et surtout j’en ai tellement lu et relu certains, que leurs pages se détachent et leurs reliures se décollent.

Comme je me connais, je prends naturellement grand soin des livres empruntés et n’en ai jamais abîmé aucun. Mais quand ce sont mes livres, je m’accorde le luxe de leur faire prendre des risques. Ainsi j’ai fini mon petit Yourcenar au café, et comme il y a en ce moment une grande affluence touristique dans ma petite ville, pour s’économiser de la vaisselle, la serveuse m’a apporté mon café dans un mini gobelet en plastique. J’étais en terrasse, au bord de la mer, et tentais malgré le brouhaha ambiant de me concentrer sur les phrases alambiquées de Yourcenar. Et ce qui devait arriver est arrivé. Une rafale de vent a renversé mon petit gobelet, mon café s’est répandu sur la table bancale, et mon petit Yourcenar s’est retrouvé avec une tache marron sur la tranche. “Zut alors”, ai-je pensé, “je ne vais pas pouvoir revendre ce livre chiantissime !”. De même Akounine a voyagé dans mon sac à côté d’une petite boîte en plastique contenant une salade de fruits rouges et il porte maintenant sur sa tranche une petite tache violette (la myrtille sans doute) que j’ai, pitoyable, tenté de dissimuler à coups de blanco. “Heureusement, je n’avais pas l’intention de le revendre”, ai-je alors pensé.

De même que je revends des livres, j’en achète d’occasion et j’aime qu’ils portent la marque des lectures précédentes. Le papier jauni, l’odeur de moisi, les taches d’un autre… rien de tout cela ne me rebute.

Parfois, il m’est arrivé de me racheter un livre aimé dans une nouvelle édition. Mais jamais le dernier acquis n’a su remplacer le premier lu et relu. Beaucoup de livres de poésie dans cette catégorie (”Corps et biens” ou “Le roman inachevé” qui tombent en morceaux quand on s’en saisit sans précaution), mais aussi un petit roman, à l’origine de mon premier et dernier grand coup de foudre littéraire,  qui m’avait fait lire tous les autres livres de son auteur, puis tout ce qu’on avait écrit sur lui, puis toutes sortes d’autres choses à partir de lui…

Publié dans: on 14 juillet 2008 at 1:58 Commentaires (16)
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J’aime lire dans le train

Pendant plusieurs années j’ai habité à exactement 1h45 de mon lieu de travail, soient 3h30 aller et retour avec bus, train de banlieue et métro. Comme j’avais jusque là toujours été une grande lectrice, c’est tout naturellement à la lecture que j’ai occupé mes trajets quotidiens. Et comme ces 3h30 comblaient mon appétit de lecture, j’ai rapidement pris l’habitude de ne plus lire que dans les transports en commun (à l’exception des périodes de vacances). Et puis un jour, j’ai pu déménager et habiter à 15mn de mon lieu de travail et j’ai pratiquement cessé de lire. C’était la première grosse panne de lecture de ma vie de lectrice : elle a duré quatre ans.

Depuis, j’ai de nouveau déménagé, pour cette fois une autre région et un autre travail. J’habite de nouveau à 15mn de mon lieu de travail, mais je me suis remise à lire doucement. Les blogs de lecture et les challenges m’accompagnent dans mes retrouvailles avec la lecture.

En ce moment je me cherche donc de nouvelles habitudes de lecture, et en particulier de nouveaux lieux de lecture. Mais j’ai gardé un goût certain pour la lecture en train. Justement, de temps en temps je dois me déplacer en TGV. Naturellement, à peine assise je remonte le repose-pieds, je descends la tablette et me plonge dans un bouquin.

Cette semaine dans le TGV :

Un couple de personnes âgées monte dans le train. Ils cherchent leurs places avec un brin d’excitation, sollicitent un jeune homme pour monter leurs valises,  et s’installent près de moi, de l’autre côté de l’allée. Madame est angoissée. Elle craint d’avoir oublié quelque chose d’important et dit à son mari :

- Tu as envoyé ta carte d’identité ?

Précision pour qui n’a pas l’habitude de fréquenter des Bretons : “envoyer” peut signifier “prendre avec soi”, “emporter”.

- Monsieur : Hein ?

- Madame plus fort : T’as envoyé ta carte d’identité ?

- Monsieur très fort : Elle est dans la valoche !

Madame, rassurée, sort un crayon, un journal de sudoku, et se concentre. Monsieur, quant à lui, continue de s’agiter. Le train n’est pas encore parti, qu’il s’ennuie déjà. Il gigotte sur son siège, joue avec le porte-gobelet, descend et remonte la tablette… et agace un peu Madame.

- Madame : Tu n’as pas envoyé un bouquin ?

- Monsieur : Hein ?

- Madame plus fort : T’as pas envoyé un bouquin ?

Monsieur fait un signe de tête qui signifie “non”.

- Madame assez fort : Tu veux t’asseoir près de la fenêtre pour regarder le paysage ?

- Monsieur : Hein ?

- Madame encore plus fort : Tu veux t’asseoir près de la fenêtre pour regarder le paysage ?

- Monsieur vraiment très fort : Oui comme ça je pourrai regarder le paysage !

Agitation, bousculade, bruits en tous genres, petit coup de journal de sudoku sur la tête de la voisine de voyage, puis tout semble rentrer dans l’ordre. Monsieur regarde le paysage et Madame sudokuse. Mais tout d’un coup, Madame a une illumination. Elle vient juste de comprendre, d’où lui venait tout à l’heure le sentiment d’avoir oublié quelque chose. Elle dit alors à son mari :

- T’as pas envoyé ton appareil ?

- Monsieur : Hein ?

Publié dans: on 8 juin 2008 at 8:25 Commentaires (7)
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Mes habitudes de lecture

En général, je ne suis pas fan des tags qui nous apprennent la marque de la voiture de tel blogueur, les premières histoires sentimentales d’un autre, ou encore le dégoût pour le foie de veau d’une blogueuse. Mais il passe en ce moment sur les blogs de lecture un petit tag très sympathique, qui m’a donné l’envie, non pas de m’auto-taguer, mais carrément de créer une rubrique sur mon blog, pour partager avec vous mes pratiques de lecture. En effet, le terme de “pratiques” m’a semblé plus juste, en ce qui me concerne, que celui d’ “habitudes”, sans doute parce qu’en raison d’un nouveau lieu de vie (nouvelle région, nouveau travail, nouveau rythme de vie), je me cherche en ce moment de nouvelles habitudes de lecture.

A ce soir donc, pour le premier billet de cette nouvelle rubrique…