
Attention : ceci est un billet écrit à chaud ! Écrire un petit billet en sortant du cinéma, ce n’est pas comme parler d’un film qu’on a en dvd, qu’on a vu et revu, ou dont on s’est repassé quelques petits extraits. D’ailleurs alors que je commence ce billet, je ne sais pas du tout ce que je vais écrire !

Aujourd’hui donc je suis allée au cinéma voir l’adaptation que Stephen Daldry a faite du roman Le liseur de Bernhard Schlink. Comme je suis particulièrement douée pour l’analyse filmique, mon avis se résume à peu près à ces quelques paroles de fin de séance : “Ça m’a plu. Ça ressemble au livre. Les acteurs sont très bien. Et j’ai beaucoup pleuré.” Maintenant que l’essentiel a été dit, vous pouvez vous dispenser de lire la suite de mon billet qui n’apportera rien de plus.

J’ai été surprise et pas emballée du tout par la première scène du film. Surprise parce que cette scène n’est pas dans le roman. Je comprends pourtant très bien ce qu’a voulu faire le réalisateur (ou scénariste). Il a voulu inscrire le récit dans le présent. Il a voulu d’entrée de jeu nous montrer le Michael d’aujourd’hui, celui qui se souvient. En fait par cette scène il a illustré le “je” et un temps du passé. J’admets donc la nécessité d’une telle scène, mais je n’ai pas aimé celle que j’ai vue. Je n’ai pas aimé le décor trop américain de ce qui nous est présenté comme étant l’appartement de Michael aujourd’hui. Je n’ai pas non plus aimé qu’on nous fasse comprendre de manière un peu lourde qu’il continue sa vie malgré tout, et qu’on nous montre une des ses jeunes maîtresses expédiée au petit-déjeuner. Cette scène n’est pas élégante et absolument pas fidèle à la voix toute en délicatesse de Bernhard Schlink. Lors de cette première scène, j’ai cru que j’allais détester ce film, mais vous savez déjà qu’il n’en a finalement rien été.

Ensuite le film m’a paru très fidèle au roman. Il en a repris le découpage en 3 parties, 3 époques. La première partie du film est peut-être un peu longue, les spectateurs les moins romantiques le déploreront certainement. Personnellement j’ai trouvé cette partie charmante. La deuxième partie restitue fidèlement toutes les grandes questions posées par le roman. Quant à la troisième partie, elle m’a paru aussi bouleversante que dans le roman. J’ai donc retrouvé les différentes tonalités du roman que j’ai lu, mais il y a fort à parier que ceux qui ont tendance à réduire le roman à sa deuxième partie (les questions sur la culpabilité allemande) reprocheront au film un excès de sentimentalisme. Le personnage de Michael est interprété par deux acteurs différents : l’un pour l’adolescence et la jeunesse (David Kross), l’autre pour l’âge mûr (Ralph Fiennes). En revanche Hanna est interprétée par Kate Winslet d’un bout à l’autre du film, donc artificiellement vieillie à mesure que le temps passe. J’ai trouvé ces interprètes idéalement choisis et absolument parfaits. David Kross et Kate Winslet m’ont même particulièrement impressionnée.

Je n’ai eu que quelques petits regrets, deux pertes à déplorer par rapport au roman. Tout d’abord la disparition du père de Michael, qu’on ne revoit pas après le temps de l’adolescence. La relation père-fils m’avait pourtant paru importante dans le roman, mais le réalisateur a choisi de remplacer dans le film le père par le prof. Dommage ! Ensuite j’ai regretté également quelque chose qui n’était sans doute pas indispensable, mais qui m’avait plu dans le roman : les promenades dans la nature de Michael pendant le procès. A la place de ces promenades, il y a dans le film une visite de camp par Michael (était-elle dans le roman ? je ne m’en souviens pas). Cette visite en solitaire est un peu irréelle et à mon sens inutile, car nous avons déjà tous ces images à l’esprit. Enfin nous, Français et Allemands, mais n’oublions pas que ce film est américain.

A la fin de la troisième époque, une scène m’a un peu gênée. C’est pourtant une scène qui est dans le roman, mais je l’avais un peu oubliée. Il s’agit de la rencontre entre le Michael d’aujourd’hui et une rescapée de la Shoah. Cette scène est très dure, très froide. Le décor est encore une fois très mal choisi, trop chic. Et alors que le film nous amène à avoir de la compassion pour Hanna pourtant du côté des coupables, il nous rend antipathique la victime. Je n’avais pas trouvé cela aussi choquant à la lecture. J’ai eu peur que le film ne s’achève trop vite après cette scène, brisant l’émotion de la troisième partie et réduisant le film à un message douteux. Ensuite le dernier chapitre du roman était inadaptable, sauf à user de la voix off à laquelle le réalisateur n’a fort heureusement jamais eu recours. Seule la dernière phrase a donc été adaptée avec l’introduction du personnage de la fille de Michael, petite invention pas mal trouvée pour illustrer la transmission de la mémoire, ce récit qui au lieu de s’écrire va donc se faire oralement. J’ai bien aimé cette fin. J’ai bien aimé ce film. Et je vous parie que les quelques spectateurs qui n’ont pas encore lu le roman vont maintenant se ruer en libairie et c’est tant mieux ! Quant à moi, j’ai maintenant une envie folle de relire “La dame au petit chien”…
The Reader / d’après le roman de Bernhard Schlink, scénario de David Hare, réalisé par Stephen Daldry, avec Kate Winslet, David Kross, Ralph Fiennes, 2009, 2h03


Dans cette adaptation, Clarence Brown a pris le parti de ne s’intéresser qu’à l’histoire d’Anna et Vronsky. Notre cher Lévine (Gyles Isham) ne fait donc qu’une apparition au début du film (juste le temps pour la spectatrice que je suis de le trouver plus séduisant que Vronsky, cruelle erreur de casting, mais Fredric March était apparemment une grande vedette à l’époque) pour ne réapparaître qu’à la fin du film lors d’une rencontre avec Anna (la rencontre qui n’a jamais vraiment lieu dans le roman !). L’actrice jouant Kitty m’avait pourtant l’air parfaite (Maureen O’Sullivan). Dommage !
Clarence Brown a donc fait le film d’une passion tragique entre une femme mariée et un homme célibataire qui se retrouvent tous deux en marge de la société. Greta Garbo est dans ce film absolument merveilleuse. Définitivement pour moi elle est et restera Anna Karénine (j’avais pourtant bien aimé Vivien Leigh, mais Greta Garbo la surpasse (c’est un peu étrange de dire ça, car l’interprétation de Greta Garbo est antérieure, mais voyant les films dans l’ordre inverse de la chronologie, je constate seulement aujourd’hui que le film de Duvivier n’apporte pas grand chose par rapport à celui de Clarence Brown)). Fredric March dans le rôle de Vronsky m’a moins enthousiasmée. J’ai trouvé qu’il faisait prendre un sacré coup de vieux à Vronsky que j’imaginais beaucoup plus jeune et séducteur. La famille d’Anna est très présente. Il s’agit bien pour Clarence Brown d’une histoire d’adultère. Le petit garçon est particulièrement épatant (Freddie Bartholomew).

Le film s’ouvre sur l’image de la première page d’Anna Karénine dont nous pouvons alors lire les deux premières phrases. Nous sommes donc bien devant une adaptation (pour ceux qui en douteraient). Juste après, l’un des serviteurs d’Oblonski ramasse un à un tous les vêtements qui traînent dans le bureau de Stepan, illustrant ainsi combien “tout était sens dessus dessous chez les Oblonski”. Un début assez amusant !
Quand nous voyons Anna Karénine (Vivien Leigh) pour la première fois, elle est dans le train qui l’amène de Saint-Pétersbourg à Moscou. Elle regarde dehors et semble alors d’une infinie tristesse. Puis le train entre en gare. Vronsky est sur le quai et aperçoit Anna derrière une vitre couverte de givre. C’est alors le coup de foudre, que Kieron Moore joue avec de grands yeux ahuris et la bouche ouverte.




































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