Les 4 filles du Docteur March

Les 4 filles du Dr March

Dans la famille March nous avons : Meg (16 ans, la plus jolie et la plus raisonnable), Jo (15 ans, la plus garçon manqué, douée pour l’écriture), Beth (13 ans, la plus douce et timide, douée pour la musique) et Amy (11 ans, la petite peste, douée pour le dessin). Les 4 filles vivent avec leur mère, mais leur père est parti à la guerre, car c’est en effet la Guerre de Sécession.

(Nous sommes donc aux États-Unis entre 1861 et 1865. Rappelons aux petits internautes égarés sur ce blog, que la Guerre de Sécession est une guerre civile américaine qui opposait l’Union (les États-Unis) à quelques états du Sud esclavagistes qui avaient fait sécession. Cette guerre a mis fin à l’esclavage aux États-Unis.)

Nous suivons l’histoire de la famille March pendant un an, d’un Noël à un autre. Avant la guerre, le Dr March avait perdu toute sa fortune en voulant aider un ami ruiné. Sans lui, la situation de la famille est devenue encore plus difficile. Les deux ainées travaillent donc déjà, l’une comme gouvernante d’une famille nombreuse et privilégiée, l’autre comme demoiselle de compagnie d’une grand-tante au caractère difficile. Il y a tout de même quelques distractions : la lecture, les pièces écrites par Jo que les soeurs jouent ensemble, une soirée dansante, un pique-nique… Et puis il y a un jeune garçon qui fait son apparition dans le voisinage : Laurie, 16 ans, qui va très bien s’entendra avec Jo…

N’ayant pas l’habitude de lire des romans pour la jeunesse, je ne sais pas vraiment comment évaluer celui-ci. Le personnage de Jo est le personnage principal, celui qui s’offre à l’identification de la lectrice. Ce roman est cependant à recommander à des lectrices plus jeunes que l’héroïne, disons à des petites filles de 9-10 ans. Mais bien qu’ayant largement dépassé cet âge, je me suis bien amusée à sa lecture. J’en ai suivi les péripéties au premier degré, avec toujours de la curiosité pour la suite de l’histoire dont j’ai apprécié les rebondissements. C’est un roman truffé de bons sentiments. Les 4 soeurs entretiennent entre elles et avec leur mère des relations idylliques. En dépit de leur pauvreté, elles sont d’une grande générosité, n’hésitant pas à se priver d’un repas pour nourrir une famille encore plus miséreuse, à utiliser l’argent durement gagné pour faire plaisir à leur mère, etc. Dans un roman pour adultes, tout cela m’aurait certainement agacée. Mais dans le contexte d’un roman pour la jeunesse, j’ai trouvé ça charmant. Tant qu’à apprendre quelque chose aux enfants, mieux vaut leur apprendre la générosité que le contraire, non ? J’ai tout de même trouvé ce roman très moralisateur. On y vante les vertus du travail, tandis qu’on y condamne l’oisiveté. Et Mme March enseigne à ses filles l’art d’être de bonnes petites ménagères : “Exécuter des tâches quotidiennes rend les loisirs plus doux. Et ainsi on peut avoir un foyer agréable.” On dira donc que ce roman est un petit peu daté, mais que sa lecture n’en est pas moins agréable. 

Les quatre filles du Docteur March / Louisa May Alcott, traduction nouvelle d’Anne Joba, illustrations Akos Szaho, Le livre de poche Jeunesse, 2006, 278 p., ISBN 2-01-321984-9

Louisa May Alcott (1832-1888) a écrit des pièces de théâtre, des contes, des romans, et dirigé un journal pour enfants. Elle a été infirmière pendant la guerre de Sécession. Et elle s’est inspirée de sa famille pour écrire “Les quatres filles du Docteur March” en se représentant elle-même sous les traits de Jo.

D’autres avis sur les blogs de lecture : Lilly (c’est dans les commentaires à son billet, que j’ai commencé à entrevoir l’idée que je n’avais pas lu l’édition intégrale, car il existerait en fait 4 tomes en édition jeunesse), Fée bourbonnaise et Emma.

J’ai lu ce roman dans le cadre de mon Challenge ABC 2009 et aussi dans celui du Défi Blog-o-trésors où il a été proposé par Fashion et Joëlle.

Blog-o-trésors

Le soldat et le gramophone

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Imaginez un roman avec un titre un peu étrange évoquant un roman de guerre (Le soldat et le gramophone) et une photo de couverture en noir et blanc pas vraiment emballante (un accordéoniste semblant poser pour le photographe sur une plage déserte entouré de chiens errants). Vous ouvrez ce livre, et vous tombez sur une table des matières qui vous charme d’emblée. Elle est vraiment curieuse cette table des matières avec ses titres à rallonge. Elle fait trois pages, trois pages que j’ai lues intégralement avec infiniment de plaisir, commençant déjà à aimer follement ce roman que je n’avais pourtant pas encore véritablement entamé.

Puis j’ai commencé le premier chapitre titré : “Où l’on voit un coeur faire la course avec le champion du monde du cent mètres, que pèse une vie d’araignée, pourquoi celle qui n’était que tristesse écrit au fleuve cruel, les compétences du camarade suprême de l’inachevé en matière de magie”.

Dans ce premier chapitre nous faisons connaissance d’Aleksandar, le héros du roman et narrateur à la première personne. Il doit avoir douze ou treize ans et vit en Bosnie. Le soir du 25 septembre 1991, il connaît le premier événement marquant de sa jeune existence : la mort de son grand-père. Et c’est de la perte de ce grand-père qui s’éteint sous ses yeux, qu’Aleksandar va tirer son goût pour l’inachevé :

“Tout ce qui est achevé, chaque mort me semble inutile, malheureux et immérité. Les étés deviennent automne, les maisons deviennent des ruines et les gens sur les photos deviennent photos sur des pierres tombales. Il y a tant de choses qui ne devraient pas s’achever – les dimanches pour que ne viennent pas les lundis, la construction des barrages pour que les fleuves continuent leur course. (…) Je suis contre la fin, contre la destruction ! Il faut suspendre l’achèvement. Je suis le camarade en chef de ce qui continue pour toujours et je soutiens ce qui va ainsi de suite !” 

Très vite la guerre éclate dans l’ex-Yougoslavie. Et comme le père d’Aleksandar est serbe et sa mère bosniaque, la famille décide de quitter le pays pour l’Allemagne. Nous allons ainsi suivre l’histoire d’Akeksandar de 1992 à 2002 alors qu’il sera en exil. Et pourtant la majeure partie de ce qui nous sera raconté se déroulera en Bosnie, car c’est en fait une pêche aux souvenirs à laquelle nous allons assister. 

Il est très difficile de décrire la construction extrêmement complexe de ce roman. J’y ai vu 3 parties. La première s’achève le 1er mai 1999. Ensuite  on trouve “Le bon vieux temps d’Aleksandar Krsmanovic”. Ce sont des souvenirs qu’Aleksandar semble avoir écrits en Allemagne pour se rappeler le temps d’avant la guerre. Cette 2e partie s’achève sur la mort du grand-père (soit au début de la 1ère partie !). Enfin la 3e partie commence le 11 février 2002. Mais bien sûr le roman n’a rien de chronologique, car tandis que le temps continue de couler pour Aleksandar, les souvenirs affluent. Certains chapitres ressemblent à des poèmes, d’autres à des lettres, d’autres encore à des listes. Aleksandar s’efforce de ne pas oublier. Alors il écrit pour fixer ce qui a été.

Le parcours d’Aleksandar ressemble beaucoup à celui de Saša Stanišic. C’est pourtant  bien d’un roman dont il s’agit, mais un roman très personnel, qui aborde des sujets dont on sent bien qu’ils touchent l’auteur de près, à savoir notamment la guerre et l’exil. A partir d’éléments autobiographiques, Saša Stanišic a écrit un roman aux multiples personnages (on s’y perd un peu parfois), un roman aux multiples histoires comme enchâssées les unes dans les autres, un roman aux multiples locuteurs. C’est un magnifique roman qui m’a enthousiasmée, de ces livres qui vous font rire, qui vous émeuvent, qui vous font réfléchir, bref de ces livres qu’on n’oublie pas.

Pourtant vers la fin, ce roman m’a un peu déçue. J’ai commencé à lui trouver des longueurs. Et puis surtout la véritable fin m’a semblé manquée, parce que trop parfaite, trop attendue aussi. Je crois que j’aurais préféré un roman plus “inachevé”. Il aurait pu certainement se terminer à la page 363, à la fin d’une liste désespérément nostalgique. Sans ces treize pages de trop, j’aurais adoré ce roman.

Le soldat et le gramophone / Saša Stanišic, traduit de l’allemand par François Toraille (titre original : Wie der Soldat das Gramofon repariert), Stock (La Cosmopolite), 2008, 375 p., ISBN 978-2-234-06020-3

Né en 1978 d’un père bosniaque et d’une mère serbe, Saša Stanišic a fui la Yougoslavie avec sa famille en 1992 et s’est installé en Allemagne où il vit aujourd’hui. Il y exerce la profession de journaliste, y a publié des nouvelles et écrit pour le théâtre. “Le soldat et le gramophone” est son premier roman. On apprend tout cela et d’autres choses encore dans une intéressante interview de l’auteur sur le site d’Hachette. Et l’interview de l’auteur sur le site du Télégramme n’est pas mal non plus.

Les avis de PapillonKathel et Sylire.

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Comme ce roman a été publié en France en août 2008, il fait aussi partie du Challenge du 1% littéraire 2008. Et comme c’est le 7e livre que je lis dans le cadre du challenge du 1%, on peut considérer que j’ai terminé ce challenge. Hourrah !

Challenge du 1% littéraire 2008

Août 2009 : j’attribue à ce roman le Levraoueg d’or ex-aequo du premier roman 2008-2009 !

Dans la ville des veuves intrépides

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Tout commence le 15 novembre 1992, un dimanche ordinaire, à Mariquita, petit village colombien. Ce jour là, des hommes en armes et se disant appartenir à l’armée du peuple débarquent à Mariquita. Ils emmènent avec eux tous les hommes du village, les enrôlant malgré eux dans la guérilla, n’hésitant pas à abattre les quelques résistants sous les yeux de leurs familles. Après leur départ, ne restent plus à Mariquita que les femmes, les enfants et le prêtre. Les femmes vont alors devoir s’organiser pour survivre, prendre en main la mairie, l’école, l’agriculture, et réinventer une société nouvelle fondée sur la propriété collective et la démocratie participative…

Mais quiconque résumerait sérieusement, comme je viens de le faire, le début de ce roman, ne rendrait absolument pas compte de qu’il est réellement, de sa folie, de sa drôlerie, de sa truculence. Sa construction est très originale. Chaque chapitre se déroulant à Mariquita est centré sur l’une des habitantes du village. Et entre deux chapitres, s’intercalent de courts récits de vie (d’une page ou deux) écrits par un journaliste qui parcourt le pays à la rencontre des guérilleros. Les récits journalistiques sont écrits sérieusement, avec réalisme, et constrastent avec les chapitres de fiction. C’est pourtant la même histoire qui s’y raconte, les mêmes vies frappées par la violence, la misère, l’analphabétisme, et la guerre perpétuelle. Puis à la fin du roman, James Cañon réunit fort habilement les deux parties, en faisant entrer le journaliste dans la fiction, avec dans son sac à dos un exemplaire de “Cent ans de solitude”. 

Difficile d’ailleurs de parler de ce roman, sans évoquer Gabriel García Márquez et son “réalisme magique”, tant James Cañon semble s’être nourri de cette culture. C’est un conte, une fable qu’il nous raconte, comme un rêve construit pourtant sur une dure réalité. Mais il y aurait mille façons de parler de ce livre, car il y a en fait plusieurs romans en un, plusieurs tons et plusieurs grands sujets : celui bien sûr de la Colombie déchirée par les luttes armées, mais aussi ceux de l’identité sexuelle et de l’invention d’autres modèles sociétaux. C’est un premier roman très ambitieux, très riche, dont la lecture est absolument jubilatoire. Une très belle découverte !

Dans la ville des veuves intrépides / James Cañón, traduit de l’américain par Robert Davreu (titre original : Tales from the town of widows), Belfond, 2008, 379 p., ISBN 978-2-7144-4348-9 

James Cañon (1968-….) est d’origine colombienne, mais vit aujourd’hui à New York, où il a publié quelques nouvelles. “Dans la ville des veuves intrépides” est son premier roman. Et il paraît, d’après une interview de l’auteur sur le site de Belfond, que son prochain roman parlera des personnes déplacées en Colombie, de la religion, de la politique de l’immigration américaine et encore et toujours de la condition féminine. Personnellement, j’ai hâte de lire ça…

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Les avis de Catherine, Clochette, Sylvie, Le Bibliomane et l’abandon de Jules.

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Août 2009 : j’attribue à ce roman le Levraoueg d’or ex-aequo du premier roman 2008-2009 !

Les bombes pleuvaient et moi j’attendais Georges

Les bombes tombaient comme la mousson sur l’Inde lointaine.

Beyrouth, en pleine guerre civile. Dix mille bombes sont déjà tombées sur Beyrouth, quand nous faisons connaissance de Georges et Bassam, deux amis d’enfance alors adolescents.  C’est Bassam qui raconte. Il raconte leur quotidien fait de petits boulots, de petits larcins, de virées à moto, de filles. Car la vie continue malgré la guerre, ou plutôt avec elle. Les bombes font maintenant partie de ce quotidien (comme sur la magnifique photo de couverture). Bassam sait qu’après la première bombe, arrive toujours la deuxième, exactement au même endroit. Ensuite ce sont les cris, le sang, et puis les enterrements. Leur adolescence n’est pas tout à fait ordinaire. Ils ne vont pas au lycée. Ils n’ont plus qu’une mère pour l’un, une tante pour l’autre. Ils sont armés. Mais la vie continue, avec les premières expériences et puis le goût du risque et du danger que connaissent beaucoup d’adolescents, mais qui trouve dans la guerre bien des occasions.

“La guerre, c’est pour les voyous. Les motos aussi. Pour les voyous et pour les adolescents aux cheveux longs comme nous, qui portent une arme à la ceinture, roulent avec un réservoir rempli d’essence volée et n’ont nulle part où aller.”

Au début du roman, les deux amis sont donc à peu près dans la même situation. Et pourtant leurs chemins vont se séparer. Pour Bassam ce sera l’exil, c’est en tous cas de Rome qu’il rêve dés le début du roman. Et pour Georges ce sera la milice chrétienne. Bassam restera certainement marqué à jamais par sa jeunesse sous les bombes. On le pressent. Il restera marqué, comme le sont d’ailleurs plusieurs personnages du roman, survivants d’une autre histoire. Il y a d’abord sa mère et puis le photographe, tous les deux arméniens. Il y a aussi sa grand-mère dont le frère est mort à Bir Hakeim pendant la Seconde guerre mondiale. Et puis il y a Linda d’origine portugaise et dont le père a été “tué par Salazar”.

La brise matinale m’a frôlé, parfumée au jasmin. Un banc de papillons a remué ses ailes gigantesques, soulevant la brume des vallées, et mes paupières ont papilloté à leur tour. Mes mains se sont tendues, mes deux index ont appuyé sur la gâchette et j’ai tiré sur lui, j’ai vidé mon chargeur dans son sourire.

Dix mille bombes, dix mille gifles, dix mille vagues, dix mille poissons… Bassam compte tout par dizaine de milliers. Tout cela est trop. Il a déjà vécu beaucoup trop de choses.

Est-ce moi qui ai eu un peu de mal à entrer dans le roman ? Ou bien le roman a-t-il gagné en intensité au fil des pages ? Quoi qu’il en soit, au début j’étais intéressée mais pas encore enthousiaste. Et j’ai finalement adoré ce roman. C’est un premier roman époustouflant, d’une grande violence mais aussi parfois d’une grande poésie, qui dit magistralement l’absurdité de la guerre. Souhaitons-lui bien plus de dix mille lecteurs.

De Niro’s game / Rawi Hage, roman traduit de l’anglais (Canada) par Sophie Voillot, Denoël (Denoël & d’ailleurs), 2008, ISBN 978-2-20725952-8 

“De Niro’s game” a été écrit en anglais. Au Québec, où vit Rawi Hage, il a été publié en français sous le titre “Parfum de poussière”. Il y a reçu le Prix des libraires québécois. Son éditeur français lui a redonné son titre original, qui fait référence au film “Voyage au bout de l’enfer” et à la roulette russe à laquelle “jouaient” les jeunes beyrouthins imitant De Niro. Atom Egoyan aurait acheté les droits de “De Niro’s game” pour l’adapter au cinéma.

Ce roman va très probablement être très présent sur les blogs de lecture. Il a d’abord été chroniqué à l’occasion de sa sortie au Québec. Puis à sa sortie en France, il a été offert à plusieurs blogueurs de lecture par Denoël et Chezlesfilles (merci à eux).

Les avis de Kathel, Cathulu, Jules, Karine, Caro[line].

Challenge du 1% littéraire 2008

Voir Belfast et laisser l’enfant qui est en soi mourir

Tout commence en avril 1987 dans “un coin de Bretagne”, où deux adolescents, Christophe et Nicolas, décident d’entreprendre un voyage en Irlande. Ils vont être hébergés pendant deux mois dans une famille à Belfast, en Ulster, cette partie de l’Irlande qui n’est pas indépendante, comme nous le rappelle cette bd très pédagogique. Une page nous propose d’ailleurs une petite chronologie des événements importants qui se sont déroulés en Irlande depuis 1968.

A Belfast, à leur arrivée, il y a des tanks et des hommes en armes partout, et un hélicoptère survole la ville en permanence. Une surprise attend Christophe et Nicolas  : ils ne vont pas être hébergés dans la même famille. Nicolas se retrouve dans une modeste famille catholique et Christophe dans une famille de protestants beaucoup plus aisés, de l’autre côté de la ville. Et on s’imagine alors que ce sont ces deux mois de vacances que l’on devine riches d’expériences, que va nous raconter cette bd. Mais l’histoire tourne au drame et c’est finalement beaucoup plus qu’un simple séjour linguistique, mais un voyage au pays de “l’injustice, la bêtise ou la lâcheté de certains, la grandeur simple et le courage des autres”.

C’est donc une bd autobiographique, dont le narrateur à la première personne n’est autre que Christophe, alias Kris. Mais nous apprenons dans le dossier qui suit la bd, que l’histoire en a été romancée et que le drame final en a été totalement inventé. C’était malheureusement plausible, tant faire ce voyage à cet époque là était insensé.

Je ne raffole pas du dessin un peu brouillon de Vincent Bailly, particulièrement pour l’expression des visages. En revanche j’aime la disposition variée des vignettes, les pages sans paroles et le choix des couleurs bleu-vert-gris bien adaptées à ces régions, puis jaune-orangé lors de l’affrontement avec l’armée britannique.

J’aime ce récit d’une prise de conscience, mais je regrette que tout ce que nous révèle Kris dans le dossier ne fasse pas partie intégrante de la BD. Il me semble que le retour à la réalité après le détour par la fiction aurait pu se faire en bd, tout comme la conclusion sur ce qu’a représenté pour lui ce voyage de jeunesse : un “éveil à la politique”. 

Cela reste une excellente bd, qui allie l’humanité du témoignage vécu à la force de la fiction et qui, après Un homme est mort, confirme Kris en auteur de bd engagé.

Coupures irlandaises / Kris et Vincent Bailly, Futuropolis, 2008, ISBN 978-2-7548–029-7

C’est également un coup de coeur de La liseuse.

Publié dans:  on 13 juillet 2008 at 6:22 Commentaires (6)
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