Le plus considérable des luxes

BW

“Je pars.
Toujours il dit Je pars, je me tire.”

Alors que la rentrée littéraire me faisait sombrer petit à petit dans un ennui sans fond, ce livre m’a réveillée. J’appelle ça un livre parce que je ne sais pas ce que c’est. Pas un roman, pas un essai, pas vraiment un récit. Un dialogue peut-être, avec le lecteur pour témoin, ou une biographie à deux voix.

BW c’est Bernard Wallet, le fondateur des éditions Verticales. Il a failli perdre la vue. Pendant les 15 jours qu’a duré sa cécité, il a parlé à Lydie Salvayre, sa compagne, lui a plus ou moins raconté sa vie. Le livre est né dans ce laps de temps. C’est finalement une sorte de portrait que Lydie Salvayre nous livre, mais le portrait d’un homme constamment en mouvement, toujours sur le départ, très souvent en colère.

La complicité entre celui qui parle et celle qui écrit est plus que touchante, tout comme l’admiration, l’amour qu’elle lui porte. Le dispositif d’écriture, avec les insertions  “je l’écris ?”, “écris-le” m’a au début plutôt amusée. Puis  j’y ai vu bien plus qu’un amusement, comme si Lydie Salvayre avait trouvé là la forme parfaite pour écrire ce qu’elle avait à écrire.

“BW déteste l’eau plate.
Écris-le. C’est important.
On ne peut pas éditer des livres, et boire de l’eau dite plate, enfin quoi !”

Le personnage BW aime la démesure. Il nous fait rire, il nous agace aussi bien souvent. Il prend d’ailleurs un malin plaisir à dire des énormités.

“Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”

BW se veut un personnage d’exception, quelqu’un d’atypique. Il a pourtant fait ce que toute sa génération a fait, à savoir partir sur les routes sac au dos, aller à Katmandou et ailleurs. Le récit de ses voyages aurait pu ressembler à une soirée diapos, quand les anecdotes sont bien plus intéressantes pour celui qui raconte que pour ceux qui écoutent. Mais là encore, le dispositif de Lydie Salvayre sauve le lecteur de l’ennui. Le lecteur est d’ailleurs au coeur du dispositif, son ennui éventuel anticipé. Grâce aux allers et retours entre récit, présent de l’écriture et présent du dialogue,  ce qui s’écrit n’est jamais naïf, jamais au premier degré. Lydie Salvayre se moque parfois de BW, ponctue les paroles qu’elle rapporte de petites incises ironiques, tandis que BW, ne se prenant pas lui-même trop au sérieux, raffole des ruptures de ton.

Dans ce livre il y a donc les voyages de BW, Beyrouth en pleine Guerre du Liban, quelques souvenirs d’enfance (une enfance dont il aimerait se débarrasser), sa formation intellectuelle, ses lectures, et puis l’édition à laquelle il a consacré 30 ans de vie et qu’il est en train de quitter.

“Mais ne t’inquiète pas, dit BW. En bon professionnel du livre, je sais tourner les pages, tu ne ris pas ? Et je pars sans souffrir, puisque mon coeur n’y est plus, ni mes yeux, ni ma tête.”

BW a fondé les éditions Verticales en 1996. Dix ans plus tard, ce sont des querelles de personnes, des rivalités qui le poussent vers la sortie. Mais bien sûr ce n’est pas la seule raison. Le constat qu’il fait sur la situation actuelle de l’édition est très pessimiste. Il pense que les éditeurs actuels, par leur course au profit, sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Il les considère responsables de la mort de la littérature qui est, selon lui, inéluctable.

Enfin il y a de beaux passages sur les gouffres de BW, sa relation à la vie, à la mort. Mais on ne s’épanche pas longtemps dans ce récit. Aussitôt l’interdiction d’aller plus loin tombe comme un couperet.

“Prière de ne pas entrer dans ma mélancolie privée, please ! De plus, le spectacle du déprimé est l’un des plus obscènes. Berk ! Il faut à tout prix dissimuler sa laideur.”

C’est bon signe, quand je truffe un billet de citations. Allez, encore une pour finir :

“J’aimerais tant, dit BW, le regard perdu, être content de vivre, serein d’esprit, imbu de moi comme de toi. “

J’ai lu BW dans la jubilation et je vous le recommande.

BW / Lydie Salvayre, Seuil (Fiction & Cie), 2009, 205 p., ISBN 978-2-02-099711-9

Lydie Salvayre (1948-…), psychiatre de formation, a déjà beaucoup écrit. Citons pour l’exemple : La compagnie des spectres, Les belles âmes, Portrait de l’écrivain en animal domestique, etc.

Les avis plutôt positifs de Mango et Gambadou, ceux un peu tièdes de George et Lau(renceV), celui tout en détestation d’un certain Michael, et l’abandon d’Esméraldaé.
Le billet en forme d’hommage de Pierre Maury, et celui, exalté, de François Bon.

P.S.1 Personnellement je pense que si quelque chose meurt, ce sera le roman. Mais heureusement les livres inclassables resteront.

P.S.2 Peut-être qu’il faut emporter ce livre sur l’île déserte. Pas pour le lire tranquillement sur le sable, en attendant que ça passe, mais plutôt pour y puiser la force de s’enfuir.

Masse critique de Babelio

Je remercie Babelio et les Éditions du Seuil pour ce livre reçu dans le cadre de l’opération Masse critique (pas sûr que ça plairait beaucoup à BW tout ça ! :) )

J’ai failli oublier :

Livres voyageurs Fidèle à mon habitude, je fais de ce livre un livre voyageur (c’est-à-dire que je le prête à tout blogueur de lecture connu de moi qui en fera la demande en commentaire). (Et ça je pense que ça plairait à BW ! :) )

8/71%

“Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”"Car BW aime la grande vie, les grands gestes, les grands horizons, les manières qui en jettent, les chaussures en serpent, les oreillers en duvet de cygne et la littérature qui est, de tous les luxes, le plus considérable.”

Challenge du 1% : mon bilan rien qu’à moi

Challenge du 1% littéraire 2009

Ça y est, j’y suis ! J’ai lu 1% des romans parus en cette rentrée littéraire. Et ce qui est vraiment dommage, c’est qu’aucun ne m’a vraiment emballée. Pourtant j’en ai bien aimé 5 sur les 7.  Ce n’est pas si mal, mais ce n’est pas l’enthousiasme. Je reviens donc sur les 7 livres lus, dans une tentative de classement du moins au plus apprécié.

Comme un garçonCelui qui m’a le moins intéressée est certainement le roman autobiographique de Pierre-Louis Basse, Comme un garçon, chez stock. Ce n’est pourtant pas un livre antipathique, mais il ne m’a absolument rien apporté.

Le sommeil du caïmanPassons donc plutôt au roman de l’espagnol Antonio Soler, Le sommeil du caïman, chez Albin Michel. J’aurais pu rapprocher ce roman des Mains rouges, dont je parle plus bas, car ce sont deux retours sur le passé à partir d’aujourd’hui, deux récits mêlant petite et grande histoire, un retour sur le franquisme en ce qui concerne ce roman. Sauf que le roman de Soler m’a beaucoup plus ennuyée. J’ai eu l’impression de lire un roman complètement creux écrit par un bon faiseur, mais qui avait à peine de quoi écrire une nouvelle pas bien palpitante et l’a étirée sur 200 pages finalement bien décevantes.

Viennent ensuite deux premiers romans français, chacun reçu de son éditeur, par l’intermédiaire de Chez les filles pour le deuxième.

ContretempsLe premier de ces romans est Contretemps de Charles Marie, Aux forges de Vulcain. Un premier roman plein de fantaisie, d’humour, du sens de la formule comme du sens de l’absurde, mais un roman tout de même un peu vain. Heureusement, un court roman.

Nouveaux IndiensLe deuxième est le roman de Jocelyn Bonnerave, Nouveaux Indiens, au Seuil. Une histoire absolument grotesque, mais racontée avec humour, fantaisie, sens du jeu, par un auteur qui n’a peur de rien et surtout pas du ridicule.

Les mains rougesVient ensuite Les mains rouges du danois Jens Christian Grøndahl chez Gallimard. Il y est question d’un retour sur le terrorisme d’extrême gauche en Allemagne dans les années 70. Mais ce sont aussi des retrouvailles au présent, l’occasion pour deux personnages dans la quarantaine de faire le bilan de leur vie. Sur le moment j’ai été très charmée par ce roman, par la sensibilité de l’auteur, sa douce mélancolie. Mais avec un peu distance, je dois bien reconnaître qu’il n’a rien d’inoubliable.

Viennent enfin les deux romans que j’ai trouvés les plus intéressants de ma petite sélection.

NetherlandLe premier, Netherland de l’américain Joseph O’Neill (en fait le roman est américain mais l’auteur est d’un peu partout) aux Éditions de l’Olivier, est le seul des 7 romans à essayer de penser le monde contemporain. Et ce n’est pas rien ! C’est un roman très intéressant à plus d’un titre, mais pourquoi m’a-t-il autant ennuyée ?

La femme de midiVient enfin le roman qui m’a le plus surprise, La femme de midi de l’allemande Julia Franck chez Flammarion. C’est un roman très classique dans la forme, je dirais même que c’est le roman le plus romanesque que j’aie lu en cette rentrée. Car c’est une véritable saga, un roman à plusieurs personnages, qui dure presque le temps d’une vie, et qui nous raconte l’histoire d’une famille aux prises avec la grande histoire. C’est le genre de roman très narratif qu’on lit avec de la curiosité pour la suite de l’histoire, en s’attachant aux personnages, etc. Un roman donc qui ne révolutionnera pas la littérature du 21e siècle, mais qui a très très bien fonctionné avec moi. C’est-à-dire que je ne l’ai pas lâché. J’en ai également apprécié l’écriture, la sensualité. Et Julia Franck est certainement des 7 auteurs que j’ai lus, celle dont je vais attendre la prochaine parution en français avec le plus d’impatience.

Et maintenant ? Eh bien je continue. J’ai encore un premier roman français reçu des éditions Aux forges de Vulcain, je viens de recevoir un roman français de la rentrée dans le cadre de Masse critique (merci Babelio), j’ai reçu en prêt un gros roman français dont on a beaucoup parlé (merci Noryane), je me suis offert un roman russe, et on vient enfin de me rendre le roman de la rentrée qui me faisait le plus envie, celui que j’avais acheté dés sa sortie, que je venais de commencer, et que je m’étais honteusement fait piquer par quelqu’un qui en plus l’a gardé deux mois, ce qui est absolument scandaleux. Je suis donc en marche vers le 2% !

Publié dans: on 12 novembre 2009 at 8:05 Commentaires (17)
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Challenge du 1% : premiers romans étrangers

Dans mon dernier bilan du challenge du 1%, j’avais annoncé la publication prochaine sur ce blog de listes thématiques de nouveautés, pour donner quelques idées de lecture à ceux qui en manqueraient. Voici donc une liste de premiers romans étrangers de la rentrée. Certains ont l’air gratiné (un surtout, amusez-vous à chercher lequel ! ;) ) mais ce n’est pas le cas de la majorité de ces premiers romans. A chacun donc de voir ce qui peut lui convenir :

1. Adalina / Silvio Huonder (La dernière goutte) -> premier roman suisse de langue allemande

Présentation de l’éditeur :

Adalina“Une force mystérieuse pousse Johannes Maculin, artiste berlinois, à retourner sur les lieux de l’enfance, une petite ville suisse enserrée dans un paysage grandiose. Que s’est-il passé il y a vingt ans ? Quels secrets inavouables retiennent Maculin prisonnier d’un amour de jeunesse ? Personne n’échappe bien longtemps aux fantômes du passé. Pour Maculin, le fantôme qui le hante se nomme Adalina. Banalité de la perversité serait un sous-titre idéal pour ce roman construit comme une intrigue policière. Le récit d’une histoire d’amour tragique et d’un deuil impossible.”

2. Un amour exclusif / Johanna Adorjan (Presses de la cité) -> premier roman allemand

Présentation de l’auteur :

Un amour exclusif“Ce livre raconte l’histoire de Vera et István, deux Juifs hongrois survivants de la Shoah, qui ont fui les émeutes de Budapest en 1956, ont trouvé refuge au Danemark et se sont donné la mort à Copenhague en 1991. C’est l’histoire d’un amour hors du commun. L’histoire de mes grands-parents.”

3. Dans le berceau de l’ennemi / Sara Young (Belfond) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Dans le berceau de l'ennemi“Un roman déchirant qui s’appuie sur un épisode relativement méconnu de la Seconde Guerre mondiale : les Lebensborn, ces « haras humains » créés par l’administration du Troisième Reich, afin que des sujets de pure race aryenne procréent pour constituer l’élite du futur empire.”

4. La fenêtre berlinoise / Sasa Ilic (Gaïa) -> premier roman serbe

Présentation de l’éditeur :

La fenêtre berlinoise“Envoyé à Berlin par une ONG de Belgrade, un jeune homme vient recueillir les mots des exilés, ceux que la guerre ou les aléas de l’Histoire ont déplacés d’une nation à l’autre, d’une vie à l’autre. Se laissant guider par le hasard, il va de rencontre en rencontre. Sur un banc d’Alexanderplatz, il croise la destinée de Viktor Greber, vieil homme à la générosité attentive, convoquant le fantôme d’une chanteuse de cabaret des années 30 ou les traits d’un amour disparu dans la tourmente de l’ex-Yougoslavie. Dans les couloirs du métro, il suit la silhouette d’Ana Djadić, une marionnettiste de théâtre qui ne se confie qu’à ses pantins. Saša Ilić capte les pulsations de Berlin et de ces vies invisibles. Pierre après pierre, il fait tomber les murs du silence et de la douleur, et rend leur place aux déclassés, aux oubliés, en ouvrant grand les fenêtres sur leurs existences.”

5. Judy B. / Rose Heiney (Naïve) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Judy B.“Judy Bishop, 23 ans, tient une chronique de « fille » branchée tous les dimanches dans un journal anglais. Sous le nom de plume Judy B., elle s’invente un personnage mondain et excentrique, folle de garçons, d’alcool et de shopping, complètement à l’opposé de sa vraie vie : Judy est en réalité une jeune femme boulotte, qui vit terrée chez elle et n’a jamais eu de rapports sexuels. Pour elle, cette chronique est une simple corvée alimentaire. Sa vraie passion est la comédie musicale ; étudiante, elle a fait partie d’une troupe de théâtre amateur, mais sa « carrière » a tourné court.”

6. Loving Franck / Nancy Horan (Buchet-Chastel) -> premier roman américain

Présentation de l’éditeur :

Loving Franck“En 1903 à Chicago, l’homme d’affaires Edwin Cheney et son épouse Mamah Borthwick Cheney passent commande de leur nouvelle maison à l’enfant terrible et déjà célèbre de l’architecture américaine, Frank Lloyd Wright. Six années plus tard, la bonne société de Chicago et la presse américaine sont secouées par le plus grand scandale de ce début de siècle : Mamah, tombée entre temps passionnément amoureuse de Frank, quitte Edwin et leurs deux enfants pour suivre l’architecte renommé en Europe. Lui-même abandonne sa femme Catherine et six enfants pour vivre cette passion. (…) Captivante fiction historique documentée par l’autobiographie de Frank Lloyd Wright, par les lettres de Mamah Borthwick et par les très nombreux articles dans la presse de l’époque, Loving Frank mêle tout à la fois intrigue amoureuse, émancipation féminine et une plongée dans l’univers d’un des plus grands maîtres de l’architecture moderne.”

7. Le souffle de l’éternité / Ronlyn Domingue (Archipel) -> premier roman américain

Présentation de l’éditeur :

Le souffle de l'éternité“Nouvelle-Orléans, années 1920. Graziella Nolan éprouve une passion pour Andrew lorsqu’elle est victime d’un accident. En un instant, elle laisse derrière elle son seul et unique amour et son rêve de devenir médecin. Mais Graziella refuse de partir pour l’au-delà et, de son étrange point d’observation, continue à contempler le monde, à la recherche d’Andrew, dont elle a perdu la trace. Au début des années 2000, un jeune couple fait l’acquisition d’un meuble ayant appartenu à Andrew. Le fantôme de Graziella, qui rôdait autour du meuble dans l’espoir de retrouver son fiancé, « s’installe » chez Amy et Scott. Bientôt, Graziella découvre que tous deux traversent une passe difficile…”

8. Le livre des nuages / Chloé Aridjis (Mercure de France) -> premier roman anglais

Présentation de l’éditeur :

Le livre des nuages“Tatiana a quatorze ans quand elle a cette terrifiante vision. Seize ans plus tard, elle revient à Berlin pour étudier, puis pour y vivre de petits travaux, pour rêver un peu, pour être seule. Elle flotte dans la vie, se promène sur un nuage, ne s’implique jamais nulle part. Son obsession, c’est cette ville et son horrible passé, la guerre d’abord, puis le Mur, la coupure. Elle va croiser d’autres fantômes, se mêler à eux dans les rues, le métro encore, les mystérieux souterrains côté Est, nous entraînant à sa suite dans des récits d’une grande poésie, même s’ils sont parfois très noirs. Jusqu’au jour où la violence va frapper.”

9. Un train nommé Russie / Natalia Klioutchareva (Actes Sud) -> premier roman russe

Présentation de l’éditeur :

Un train nommé Russie“Nikita, qui s’évanouit à tout bout de champ comme le prince Mychkine de L’Idiot, ne peut oublier Iassia, son amour de jeunesse, cheveux multicolores, poétesse déjantée qui finira sexy model. Il parcourt la Russie en train et croise toute une humanité – une vendeuse à la sauvette et ses deux enfants, une réfugiée de Groznyi, un philosophe, un membre de la police secrète, un travelo, des gentils, des méchants… et même un prêtre président de kolkhoze. Quand les amis de notre héros lui demandent : “Pourquoi chercher la Russie, puisqu’elle est en toi ?”, il ne sait que répondre et continue sa fuite en avant, comme s’il voulait se fondre dans cet univers matriciel…”

BONNES LECTURES !

Publié dans: on 9 novembre 2009 at 8:19 Commentaires (18)
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Mes madeleines sont orange comme le café

Tabouret orangeFigurez-vous que j’ai vécu, dans les années 80, dans un appartement décoré par d’autres dans les années 70. Ce petit décalage de 10 ans n’a l’air de rien, mais question décoration ça change tout. Dans les années 80, les murs étaient blancs et les canapés en cuir noir. Les tables étaient de verre, Bernard Tapie était une idole et les jeunes faisaient des écoles de commerce. Les années 70 étaient beaucoup plus peace and love. Il y avait des fleurs partout et les meubles étaient oranges, tout comme les papiers peints. J’ai donc vécu mon enfance dans un jet lag permanent.  Pour  faire un voyage dans le temps, il n’y avait qu’à franchir le seuil de chez moi. D’ailleurs souvent, au cinéma, il m’arrive de penser que ceux qui font les décors des reconstitutions historiques n’ont rien compris à la vie des vrais gens. Les vrais gens ne vivent pas dans le dernier numéro de Maison et jardin ni dans les pages déco de Madame Figaro. Mais passons !

Les murs de la cuisine étaient tapissés de grosses fleurs orange et jaunes très serrées. La salle de bain était à rayures orange, jaunes et blanches. Et ma chambre avait un papier à fond blanc (ouf !) mais couvert de fleurs orange, plafond compris. Comme ma mère avait le sens de l’harmonie des couleurs, bien que l’époque soit au noir et au blanc, elle avait réussi à me dénicher une descente de lit orange à poils longs et des voilages orange.  Dans la salle de bain, le tabouret était en plastique orange, tout comme les pinces à linge en forme de nounours (eh oui ! j’ai eu une enfance très  difficile).  Dans la cuisine, l’électroménager (certainement acheté au cours de la décennie précédente) était très majoritairement orange. Il y avait notamment un accessoire que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, à savoir un ouvre-boîte électrique orange (oui c’était un temps où les boîtes ne s’ouvraient pas encore toutes seules). Il y avait aussi un moulin à café électrique orange. Pourtant en ce temps là on trouvait déjà du café moulu partout, mais ma mère était une rebelle. Elle pensait que le café moulu maison a plus d’arôme. La bonne odeur du café venait donc chatouiller mes marines bien avant que je ne me lève pour avaler mon chocolat chaud. Depuis, même l’expresso le plus médiocre qui soit a pour moi la saveur de la meilleure des madeleines.

Bien sûr j’ai détesté l’orange de toute mes forces. Aujourd’hui je ne l’aime pas encore beaucoup. Mais je l’aimerai, c’est certain, car c’est mon héritage. Déjà j’aime l’automne, “l’éternelle litanie des feuilles mortes dans le vent”.

Déjà j’ai aussi un rideau de douche très flower power.

Flower Power

Mais Mango voudrait que je vous montre 7 objets orange qui se trouvent chez moi. Comme si j’avais 7 objets orange ! Pas encore,  c’est trop tôt, je n’ai pas encore l’âge de boucler la boucle. Il y a bien quelques pois orange sur la couverture polaire dans laquelle je m’enroule pour lire ou visionner un dvd, mais celle-ci est aussi blanche, rouge, violette, alors je ne sais pas si ça compte !

Couverture à pois

Parfois je lis des livres orange, mais alors pas souvent. Et croyez-moi, je ne les ai pas choisis pour leur couleur !

Livres orange

“Et toi, dors tu ?
Es-tu à ta fenêtre ?
Penses-tu à celui qui pense à toi ?
Rêves-tu ?
Quelle est la couleur de ton songe ?”
(Lettre à Louise Colet, 8-9 août 1846 / Flaubert)

Parfois aussi, je lis des livres qui ont juste un petit peu de orange dessus, alors ça ne compte pas complètement mais un peu quand même.

Perec

Parfois j’écoute Brassens mais exclusivement chanté par d’autres que lui, comme par Le Forestier dans son coffret orange.

Le Cahier

Parfois encore j’écoute des chansons sur un disque orange ôté d’une pochette orange.

Parler aux anges

“J’ai laissé tout à l’heure
500 pages d’un livre
d’un auteur qui me livre
ses regrets ses douleurs.
Ces mots qui me dévastent,
ces envolées lyriques,
ces sentences bibliques,
qu’on est encore plus seul.

Ses amours déchirées,
ses suicides manqués,
le mal de vivre à outrance…”
(Tristesses / Pierre Vassiliu)

J’ajoute à ça que j’adore les clémentines, les carottes râpées et la soupe au potiron. Mais je ne mettrai pas de photo, car  je suis sûre que vous visualisez tous très bien ce dont il est question.

Bon ben voilà, le compte est bon !

Et maintenant je tague 7 personnes :

Dominique en rouge
Lilly à fleurs
Fashion à pois
Isil à rayures
Ys en drapeau anglais
Caro[line] en tigré
et comme  Erzébeth est un peu notre chouchoute à tous
et que ses supplications en commentaire ont réussi à me faire fléchir un peu,
je la tague dans la couleur ou le motif de son choix !

AMUSEZ-VOUS BIEN !

Publié dans: on 7 novembre 2009 at 11:18 Commentaires (21)
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Si c’est possible, bah alors

Banc public

1) Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature)

Je pense que je m’adresserais à Pierre Michon, car il paraît qu’il s’y connaît en vies minuscules.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaines de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

C’est à ce genre de questions que je mesure combien je vis sur une autre planète !  Je ne sais pas du tout qui est ce monsieur, et un petit tour sur Ggle Images ne m’a même pas donné envie de le connaître. Donc s’il débarque chez moi en petite tenue en réclamant des massages, je m’en débarrasse en hurlant au fou et je replonge dans ma lecture.

3) C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

Je mettrais bien la même anthologie de poésie que celle que j’emporte sur l’île déserte dans un tag précédent, mais les extraterrestres sauront-ils lire le français ? Sauront-il lire d’abord ? Ratus me semble donc tout indiqué !

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Un terrasse de café avec vue sur la mer. Du soleil, un petit vent salé, des goélands et une boisson fraîche ou chaude selon la saison et l’humeur…

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Le narrateur du Meurtre de Roger Ackroyd (très grosse escroquerie littéraire !). Mais si on supprime le narrateur sans attendre la fin, il n’y a plus de roman. Ce serait dommage quand même !

En tous cas par pitié, ne supprimez pas les méchants. Supprimez les héros, les gentils, les consensuels, mais gardez-nous les méchants, les ratés, les anti-héros…

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Sans les blogs de lecture, je ne saurais même pas à quelle série renvoie cette question !  Mais si c’est un méchant je le sauve et je zigouille le petit binoclard à sa place. Et ce dés le 1er tome !!! Héhéhé (rire diabolique !)

7) Jusqu’où êtes-vous allé pour un livre ?

Jusqu’à Château-Thierry. C’est une ville à l’Est de Paris où je me suis retrouvée un soir très tard à chercher un hôtel. Je m’étais trompée de train pour regagner la banlieue où j’habitais alors. Et malgré un trajet beaucoup plus long que d’habitude, je ne me suis aperçue de rien jusqu’au terminus. Évidemment c’était le dernier train… Et tout ça à cause d’un livre !

Mais une fois seule à l’hôtel dans une ville inconnue sans même une brosse à dents mais avec un bon livre, qu’est-ce que j’ai fait d’après vous ?

8) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)

Je ne vais même pas rencontrer les auteurs du présent !

Enfin si on m’obligeait, j’irais voir H.G. Wells. Je ne lui parlerais pas de ses livres (car je ne les ai pas lus). Mais je lui demanderais où trouver une machine à avancer dans le temps…

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Une petite pièce réservée à la lecture avec une méridienne et des étagères qui se remplissent toute seule en fonction de mes désirs ?

Non même pas, ça ne me fait pas rêver ! Je suis plutôt une lectrice d’extérieur. Une lectrice de cafés, de trains et de bancs publics.

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

S’il n’avait cramé que des bouquins…

Et puis s’il-vous-plaît, faites plaisir à la curieuse que je suis, et envoyez-moi plutôt dans l’avenir la prochaine fois !

Je dois ce tag à Choco (à qui j’aurais pu piquer la réponse à la question 7) et il paraît que les instruments de torture ont été inventés par Emma.

Exceptionnellement je ne ferai pas de victime. Mais vous ne perdez rien pour attendre, car j’ai encore un tag sous le coude !

PS. Le smiley à lunettes est involontaire :( . C’est apparemment la traduction du chiffre 8 suivi d’une parenthèse : 8)

Publié dans: on 4 novembre 2009 at 8:30 Commentaires (14)
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Un petit nuage rose voguait à l’aventure dans le ciel

Perlette dans les nuages

1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?

A Perlette, l’histoire d’une goutte d’eau. C’est une petite goutte d’eau trop mignonne, avec sa tête en forme de bulle, posée sur un tout petit corps. Au début Perlette s’évade d’un nuage pour partir seule à l’aventure. C’est un petit album du Père Castor, un livre assez didactique qui vise à apprendre le cycle de l’eau. Mais moi j’y avais trouvé beaucoup de poésie. Et surtout ça avait changé mon regard sur les choses (ce qui est la définition même d’un grand livre, non ?). C’est-à-dire qu’après cette lecture, tout dans la nature m’évoquait des petits personnages : un caillou, une feuille morte… je ne savais plus où mettre les pieds !

2. Quel est le chef-d’œuvre “officiel” qui te gonfle ?

J’ai du mal à répondre à ce genre de questions, parce que mes goûts changent. Des livres qui me rebutaient à 15 ans, m’ont plu par la suite, alors j’évite de dire des choses trop définitives. Mais parmi mes rencontres manquées, on peut citer Julien Gracq. Je ne suis pas fière d’avoir, quand j’étais étudiante, abandonné plusieurs fois “Le rivage des Syrtes”, alors que beaucoup de gens adorent. Mais un jour peut-être…

3. Quel classique absolu n’as-tu jamais lu ?

Il y en a énormément ! Et ce qui me dépasse, c’est cette impression toujours renouvelée que la liste ne fait que s’allonger à mesure que je lis !

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as “honte” d’aimer ?

Je ne vois pas du tout ! Et je ne pense pas que je pourrais avoir honte d’aimer quoi que ce soit.

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d’être la seule à aimer ?

Hum… Perlette ?

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?

J’ai tendance à garder mes trésors pour moi, car il n’y a rien de pire que de recommander un livre qu’on adore et de s’entendre dire ensuite : “bof !”.

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?

Je pense que je pourrais puiser dans les livres reçus par la chaîne des livres ! ;) Mais je ne donnerai pas d’exemple, par pure bonté d’âme…

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire ?

Je ne relis pas tant que ça. En tous cas depuis que je tiens ce blog, je n’ai rien relu, sauf Un homme qui dort (de Perec). Je l’ai relu avec l’intention de lui consacrer un billet et puis finalement… Je crois que les livres “joyeux” se partagent plus facilement, mais ce ne sont pas mes préférés.

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?

??? Je pense que je me suis moi-même pas mal cherchée dans les livres…

10. Quel livre t’a fait verser tes plus grosses larmes ?

??? Je ne sais pas du tout !

11. Quel livre t’a procuré ta plus forte émotion érotique ?

Les fleurs du mal??? Je sèche encore, mais pour ne pas bouder toutes les questions, je vais répondre un peu à côté. Je sais en tous cas quel livre j’ai lu avec le sentiment de braver un interdit. C’est Les fleurs du mal de Baudelaire. Pourtant je l’ai découvert  à l’école, en 4e je crois. On avait étudié Spleen et L’invitation au voyage. Et je ne saurais pas dire pourquoi, mais ça m’avait emballée. C’est même la 1ère et unique fois de mes années de collège/lycée, qu’un prof m’a fait aimer quelque chose. Alors je suis rentrée chez moi le soir, avec envie de parler de cette découverte à tout le monde. Ma mère était très étonnée qu’on étudie Baudelaire à l’école, car pour elle c’était resté un auteur sulfureux à ne pas mettre entre toutes les mains, mais elle-même ne l’avait pas lu. Et comme nous étions à la fin de l’année, ma soeur a eu la bonne idée de m’offrir Les fleurs du mal en livre de poche à Noël. J’étais ravie, c’était le plus beau cadeau qu’on pouvait me faire. Mais ma mère était très contrariée. Elle a fait des reproches à ma soeur, lui a dit que ce n’était de mon âge, et j’ai bien cru qu’elle allait me prendre mon livre. Je me suis donc accrochée à lui, et je l’ai dévoré. Et comme je craignais toujours qu’on me le prenne, j’en ai appris plein de poèmes par coeur. Je crois que la couverture du livre de poche était aussi pour quelque chose dans la réaction de ma mère…

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

AnthologieJ’emporterais une anthologie de la poésie française. Probablement celle de la collection Bouquins, parce que c’est la plus volumineuse que je possède.

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?

Il y a déjà bien assez de livres de parus pour me satisfaire (dit l’organisatrice du 1% qui n’est pas à une contradiction près) !

14. Quel est selon toi le film adapté d’un livre le plus réussi ?

Je le cherche !

C’est à Erzébeth que je dois ce tag.

Et toutes ses menaces n’y pourront rien : je me vengerai !

Pour l’heure je tague Denis et Fabienne, Le livraire et Valérie.

Enfin, si ça vous dit !

Publié dans: on 3 novembre 2009 at 10:29 Commentaires (17)
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Challenge du 1% : 5e bilan

Challenge du 1% littéraire 2009

En ce 1er novembre, voyons un peu où nous en sommes du Challenge du 1% littéraire 2009 !

Les livres de la rentrée sont maintenant tous disponibles, puisqu’ils sont sortis petit à petit entre le 13 août et le 28 octobre.

Du côté des inscrits au Challenge, il y encore eu des petits nouveaux. On compte aujourd’hui 74 inscrits, 63 blogueurs ayant commencé leur challenge. Dix-huit challengers ont déjà atteint 1% : Antigone, Canel, CatherineDominique84, Fashion, George, Kallikrates, Keisha, Lau(renceV), Leiloona, Mango, Naina, Pagesàpages, Stephie. Dont quatre qui ont même atteint 2% : Amanda, Aurore, Esmeraldaé, Laurence.

Quels sont les romans les plus lus par les participants au Challenge ? S’il y a un roman catalan à la première place ex-aequo, la liste est tout de même très majoritairement française.

  1. Ce que je sais de Véra Candida / Véronique Ovaldé (11 blogueurs)
  2. Le jeu de l’ange / Carlos Ruiz Zafón (11 blogueurs)
  3. Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (9 blogueurs)
  4. Le club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia (6 blogueurs)
  5. Mon enfant de Berlin / Anne Wiazemsky (6 blogueurs)
  6. Les heures souterraines / Delphine de Vigan (5 blogueurs)
  7. Jan Karski / Yannick Haenel (5 blogueurs)
  8. La peine du menuisier / Marie Le Gall (5 blogueurs)
  9. La rafale des tambours / Carol Ann Lee (5 blogueurs)
  10. La revanche des otaries / Vincent Wackenheim (5 blogueurs)
  11. Une année étrangère / Brigitte Giraud (5 blogueurs)
  12. Les veilleurs / Vincent Message (5 blogueurs)
  13. Le voyage d’hiver / Amélie Nothomb (5 blogueurs)

Les romans français les plus lus : peut-être est-il utile de préciser que le 2e sur la liste a été envoyé gratuitement aux blogueurs par Chez les filles.

  1. Ce que je sais de Véra Candida / Véronique Ovaldé (11 blogueurs)
  2. Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (9 blogueurs)
  3. Le club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia (6 blogueurs)
  4. Mon enfant de Berlin / Anne Wiazemsky (6 blogueurs)
  5. Les heures souterraines / Delphine de Vigan (5 blogueurs)
  6. Jan Karski / Yannick Haenel (5 blogueurs)
  7. La peine du menuisier / Marie Le Gall (5 blogueurs)
  8. La revanche des otaries / Vincent Wackenheim (5 blogueurs)
  9. Une année étrangère / Brigitte Giraud (5 blogueurs)
  10. Les veilleurs / Vincent Message (5 blogueurs)
  11. Le voyage d’hiver / Amélie Nothomb (5 blogueurs)
  12. Carrefour des nostalgies / Antoine Laurain (4 blogueurs)
  13. Le coeur en dehors / Samuel Benchetrit (4 blogueurs)
  14. Des hommes / Laurent Mauvignier (4 blogueurs)
  15. Les lits en diagonale / Anne Icart (4 blogueurs)
  16. Ordalie / Cécile Ladjali (4 blogueurs)
  17. Quelque chose en lui de Bartleby / Philippe Delerm (4 blogueurs)
  18. Trois femmes puissantes / Marie NDiaye (4 blogueurs)
  19. Un roman français / Frédéric Beigbeder (4 blogueurs)

Les romans étrangers les plus lus : parmi les 9 romans étrangers les plus lus, on compte un catalan, un espagnol, un anglais,  un écossais, un irlandais de langue anglaise, deux indiens de langue anglaise et deux américains.

  1. Le jeu de l’ange / Carlos Ruiz Zafón (11 blogueurs)
  2. La rafale des tambours / Carol Ann Lee (5 blogueurs)
  3. La clé de l’abîme / José Carlos Somoza (4 blogueurs)
  4. Vers l’aube / Dominic Cooper (4 blogueurs)
  5. La belle rouge / Poppy Z. Brite (3 blogueurs)
  6. Et que le vaste monde poursuive sa course folle / Colum McCann (3 blogueurs)
  7. Histoire de mes assassins / Tarun J. Tejpal (3 blogueurs)
  8. Loving Franck / Nancy Horan (3 blogueurs)
  9. Le roi du cinéma muet / Hindrajit Hazra (3 blogueurs)

Les premiers romans français les plus lus : (le 1er et le 6e ont été envoyés gratuitement aux blogueurs)

  1. Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave (9 blogueurs)
  2. La peine du menuisier / Marie Le Gall (5 blogueurs)
  3. Les veilleurs / Vincent Message (5 blogueurs)
  4. Les lits en diagonale / Anne Icart (4 blogueurs)
  5. On ne boit pas les rats-kangourous / Estelle Nollet (3 blogueurs)
  6. Question de l’être et beauté féminine / Jérémy Nabati (3 blogueurs)
  7. Terre des affranchis / Liliana Lazar (3 blogueurs)

Les premiers romans étrangers le plus lus : les premiers romans étrangers sont assez peu lus. Un seul a été lu par plusieurs blogueurs :

  1. Loving Franck / Nancy Horan (3 blogueurs)

Dans les semaines ou les mois qui viennent, je tâcherai de publier des listes de livres de la rentrée qui pourront donner aux participants des idées de lecture, comme par exemple la liste des premiers romans étrangers, la liste des romans espagnols, etc.

Bonnes lectures !

Publié dans: on 1 novembre 2009 at 4:17 Commentaires (34)
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La blogoboule de lecture expliquée aux ignares

Si je devais expliquer à quelqu’un ce qu’est la blogoboule de lecture, je lui dirais qu’elle a le goût du chocolat. Et s’il ne comprenait toujours pas, alors je le lui expliquerais en image :

Hum...

Ce soir j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres une enveloppe à bulles de la taille d’un livre. Alors j’ai monté l’escalier en réfléchissant. Non ce n’est pas déjà Masse critique ! Est-ce que j’aurais passé une commande de livre en ligne ? Non je ne crois pas… Alors peut-être que c’est un livre voyageur ? Ou encore un livre de la chaîne dont Isil m’a annoncé l’arrivée imminente ? Bref je m’attendais à tout sauf à ces délicieux chocolats. Merci donc à l’expéditrice ! Fallait pas… Tout ça parce que je lui ai prêté un livre, qu’en plus elle a racheté parce qu’elle avait pris des notes dessus en oubliant qu’il ne lui appartenait pas. C’était bien la peine de le faire voyager ! Elle mériterait que je lui tire les oreilles. Mais merci beaucoup, j’ai trouvé ça adorable !

P.S. Ce billet a été écrit en dégustant un chocolat noir et craquant à l’extérieur, avec une crème au café presque liquide à l’intérieur. Hum…

Publié dans: on 16 octobre 2009 at 8:56 Commentaires (15)
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“Les romans ne sont jamais vraiment lus”

“Il y a un public qui consomme du roman d’une façon assez égarée, somnambulique, et qui va passer de l’un à l’autre, l’évacuer (le dernier pour passer à un autre), sans avoir pensé à la littérature, à l’art, à l’écriture.”

Je livre simplement à notre réflexion cette petite phrase d’Hubert Haddad entendue dans Du jour au lendemain, alors qu’il présentait Géométrie d’un rêve, son dernier roman paru chez Zulma.

Publié dans: on 14 octobre 2009 at 6:45 Commentaires (25)
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La bibliothèque en rollers

Nouveaux Indiens“On m’a donné une carte d’accès à toutes les bibliothèques de Berkeley. Le main stack à lui tout seul est énorme : c’est cinq ponts de paquebot en sous-sol, couverts d’étagères métalliques. On peut venir en rollers, et beaucoup d’étudiants glissent d’un secteur à un autre, sans autre bruit que le frottement des roues sur les planchers de bois clair. La matinée est fraîche et lumineuse, mes maux de tête font une trêve. C’est beau, la Californie.

Vers midi, je commande Anorexia and Bulimia : An Introduction. Le magasinier me gratifie d’un grand sourire franc en me tendant le bouquin. Je ne sais toujours pas pourquoi. C’est plein de photos sinistres et de beaux schémas explicatifs : des courbes de poids. Je lis, je lis, il faut croire que ça m’intéresse, parce que j’en oublie même de manger mon pique-nique.”

(Nouveaux Indiens / Jocelyn Bonnerave)

Publié dans: on 4 octobre 2009 at 2:18 Commentaires (10)
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