Anna Karénine / Clarence Brown (1935)

Anna Karenine de Clarence Brown

La première scène de cette adaptation d’Anna Karénine par Clarence Brown est extrêmement surprenante. Le film s’ouvre en effet sur un travelling qui n’en finit pas de finir dévoilant petit à petit une table de plusieurs kilomètres de long couverte de victuailles. Oblonsky (le frère d’Anna) et Vronsky (son futur amant) sont à une soirée où le caviar comme la vodka coulent à flots et où les hommes roulent sous les tables, tandis que les chants et les costumes participant au decorum de la soirée m’ont paru donner de la Russie une vision très folklorique (une vision sans doute très américaine). Le lendemain nous retrouvons les deux hommes à la gare, l’un venu chercher sa soeur, l’autre sa mère. Nous reconnaissons alors le roman dans cette scène de rencontre. Anna apparaît dans un nuage de vapeur et pour Vronsky, c’est le coup de foudre ! Puis nous voici déjà au bal, mais un bal très différent de celui du roman. Anna et Vronsky dansent ensemble et Kitty sanglote dans la pièce voisine…

Anna et Vronsky

Il ne faudrait voir les adaptations que des livres que l’on a pas lus ! Sinon c’est l’inévitable déception. Mais où est passée la scène de la patinoire ? Et la demande en mariage de Lévine ? On visionne l’adaptation et on se sent grugé. Ce n’est pas le film que l’on avait en tête en lisant le roman. Devant une adaptation, le lecteur-spectateur est contraint d’accepter le parti pris du réalisateur. Cela peut prendre quelques scènes. Le début du film est inévitablement déstabilisant. Ces décors, ces costumes, ces visages, ce n’est jamais ce qu’on avait imaginé. Parfois il faut même revoir le film pour l’apprécier vraiment, une fois acceptée l’idée que le film est une oeuvre à part entière, bien distincte du roman.

Anna Karénine (1935)Dans cette adaptation, Clarence Brown a pris le parti de ne s’intéresser qu’à l’histoire d’Anna et Vronsky. Notre cher Lévine (Gyles Isham) ne fait donc qu’une apparition au début du film (juste le temps pour la spectatrice que je suis de le trouver plus séduisant que Vronsky, cruelle erreur de casting, mais Fredric March était apparemment une grande vedette à l’époque) pour ne réapparaître qu’à la fin du film lors d’une rencontre avec Anna (la rencontre qui n’a jamais vraiment lieu dans le roman !). L’actrice jouant Kitty m’avait pourtant l’air parfaite (Maureen O’Sullivan). Dommage !

Anna Karenine par Greta GarboClarence Brown a donc fait le film d’une passion tragique entre une femme mariée et un homme célibataire qui se retrouvent tous deux en marge de la société. Greta Garbo est dans ce film absolument merveilleuse. Définitivement pour moi elle est et restera Anna Karénine (j’avais pourtant bien aimé Vivien Leigh, mais Greta Garbo la surpasse (c’est un peu étrange de dire ça, car l’interprétation de Greta Garbo est antérieure, mais voyant les films dans l’ordre inverse de la chronologie, je constate seulement aujourd’hui que le film de Duvivier n’apporte pas grand chose par rapport à celui de Clarence Brown)). Fredric March dans le rôle de Vronsky m’a moins enthousiasmée. J’ai trouvé qu’il faisait prendre un sacré coup de vieux à Vronsky que j’imaginais beaucoup plus jeune et séducteur. La famille d’Anna est très présente. Il s’agit bien pour Clarence Brown d’une histoire d’adultère. Le petit garçon est particulièrement épatant (Freddie Bartholomew).

Ce n’est donc pas mon Anna Karénine qu’a réalisé Clarence Brown, mais c’est un très beau film, plus beau que celui de Duvivier, qui m’a en plus donné le plaisir de retrouver les ombres et lumières qui m’avaient tant frappée chez Tolstoï.

Leon Tolstoï

Ce n’est que maintenant, ayant visionné trois adaptations du roman de Tolstoï, que je prends pleinement conscience des qualités immenses du film de Bernard Rose. C’est vraiment le seul à rendre compte du roman dans sa globalité. Je garderais donc de ce film la vision qu’a Bernard Rose du roman, avec la voix off de Lévine et la musique de Tchaikovsky. Je garderais aussi les interprètes de Lévine (Alfred Molina) et de la charmante Kitty (Mia Kirshner). J’ajouterais Greta Garbo dans le rôle d’Anna. Je lui laisserais ses robes et lui offrirais celles de Vivien Leigh (oui ma société de production aurait les moyens). Je lui laisserais aussi son petit garçon (Freddie Bartholomew). Comme aucun interprète de Vronsky ne m’a convaincue, je suggère d’engager Laurence Ollivier (Greta Garbo ne serait peut-être pas d’accord, mais on ne lui demanderait pas son avis. Cela dit je pourrais consentir à faire faire des essais à John Gilbert, si elle me le demandait gentiment). Je garderais les trains de Julien Duvivier, car ceux de Bernard Rose, bien qu’avançant à la vitesse d’un TGV, m’ont paradoxalement paru moins menaçants. Enfin j’envelopperais le tout dans les lumières et les ombres de Clarence Brown, pour tenter d’apporter au film de Bernard Rose la magie qui lui manque. Et j’espère obtenir ainsi le film parfait !

Anna Karenine / d’après Tolstoï, réalisé par Clarence Brown, avec Greta Garbo (Anna Karénine), Fredric March (Vronsky), Freddie Bartholomew (Sergeï), Basil Rathbone (Alexeï Karénine), Maureen O’Sullivan (Kitty), Gyles Isham (Levine), Reginald Owen (Stiva Oblonski), Phoebe Foster (Dolly), MGM 1935

Publié dans:  on 12 juillet 2009 at 8:16 Commentaires (9)
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Anna Karénine / Julien Duvivier (1948)

Anna-Karenina

Après l’adaptation de Bernard Rose (1997), je poursuis le visionnage des adaptations du roman de Tolstoï par celle de Julien Duvivier (1948).

Anna Karenine par Julien DuvivierLe film s’ouvre sur l’image de la première page d’Anna Karénine dont nous pouvons alors lire les deux premières phrases. Nous sommes donc bien devant une adaptation (pour ceux qui en douteraient). Juste après, l’un des serviteurs d’Oblonski ramasse un à un tous les vêtements qui traînent dans le bureau de Stepan, illustrant ainsi combien “tout était sens dessus dessous chez les Oblonski”. Un début assez amusant !

Affiche Anna Karénine 1948Quand nous voyons Anna Karénine (Vivien Leigh) pour la première fois, elle est dans le train qui l’amène de Saint-Pétersbourg à Moscou. Elle regarde dehors et semble alors d’une infinie tristesse. Puis le train entre en gare. Vronsky est sur le quai et aperçoit Anna derrière une vitre couverte de givre. C’est alors le coup de foudre, que Kieron Moore joue avec de grands yeux ahuris et la bouche ouverte.

Avant de voir le film, je craignais que Vivien Leigh ne soit pas l’interprète idéale pour Anna Karénine. Je trouve en effet à son visage un air spirituel, un côté mutin, qui ne me semblaient pas convenir à la dimension tragique d’Anna Karénine. Je craignais également qu’elle ait trop de retenue, de distance pour jouer l’abandon d’Anna Karénine à la passion, et qu’il y ait en elle trop de force, pour incarner la fragilité, la part d’ombre d’Anna Karénine. Je l’ai finalement trouvée merveilleuse. Elle est absolument magnifique dans ce rôle. Portant des robes sublimes, des fourrures, des bijoux, elle incarne Anna Karénine avec beaucoup de classe. A tel point qu’elle paraît beaucoup trop bien pour ce grand benêt de Vronsky.

Anna KarŽnine

Son mari Alexeï (Ralph Richardson), son frère Stepan, Levine et Kitty, tous sont parfaits et fidèles à ce que j’imaginais. Julien Duvivier montre bien la haute société russe, les ragots, les médisances, qui semblent être la seule occupation des femmes de ce milieu, malveillance dont Anna fera les frais. Malheureusement, centrant le film sur Anna et Vronsky, il a beaucoup délaissé Lévine, réduisant Anna Karénine à une histoire d’adultère et de mise au ban de la société.

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Julien Duvivier filme très bien les trains, les locomotives arrivant face caméra, menaçantes. Enfin il y a quelques tentatives appréciables de mise en images des cauchemars, hallucinations d’Anna et quelques jeux d’ombres et de lumière pour la scène finale rendant assez bien l’atmosphère du roman de Tolstoï. Un bon film !

Anna à la gare

Anna Karénine / d’après Tolstoï, adapté par Jean Anouilh, Julien Duvivier, Guy Morgan, réalisé par Julien Duvivier, avec Vivien Leigh (Anna), Kieron Moore (Vronsky), Ralph Richardson (Alexeï Karenine), Niall MacGinnis (Levine), Sally Ann Howes (Kitty), Hugh Dempster (Stepan Oblonski), Mary Kerridge (Dolly), 1948

Publié dans:  on 11 juillet 2009 at 10:10 Commentaires (7)
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Anna Karénine / Bernard Rose (1997)

Anna Karenine par Bernard Rose

A peine la lecture d’Anna Karénine achevée, j’ai visonné la dernière adaptation cinématographique du roman, celle de Bernard Rose avec Sophie Marceau dans le rôle d’Anna. Je m’étais préparée à être déçue et plutôt critique, car j’imaginais bien qu’un film ne pouvait qu’appauvrir un roman de cette dimension (“dimension” étant à prendre dans tous les sens du mot). Mais j’ai finalement été agréablement surprise.

 Anna et Vronski au bal

Malheureusement pour moi, mon DVD d’occasion est couvert de rayures et saute justement au moment de la rencontre entre Anna et Vronski (Grrrr…). Impossible donc de capturer leur premier échange de regards ! Je n’ai pas grand chose à dire des interprètes. Je dois confesser que jamais je n’ai apprécié Sophie Marceau dans aucun de ses rôles. Elle ne m’est pas du tout antipathique, mais je trouve qu’elle parle faux, qu’elle ne se laisse pas oublier derrière les personnages qu’elle incarne. Je ne l’ai donc pas non plus appréciée ici. Comme Anna est un personnage très mystérieux, je crois que j’aurais préféré une actrice encore inconnue pour l’incarner. Quant aux autres interprètes, s’ils ne sont pas inconnus, ils l’étaient de moi, et je les ai tous trouvés très bien.

Anna et son mari  Alexis au champ de courses

Les décors et les costumes du film m’on paru parfaits (mais je ne suis pas capable de juger s’ils sont fidèles à la réalité de l’époque). Les demeures sont de vrais palais, aux escaliers monumentaux, aux dorures impressionnantes… C’est un peu chargé, mais au moins on prend pleinement conscience du mileu dans lequel évoluent Anna et Vronski. La musique de Tchaïkovski me paraît aussi plutôt bien choisie (sauf peut-être sur le générique de fin, qui sort le spectateur de sa rêverie de manière un peu brutale, après une fin qui se veut ouverte comme dans le roman). Il n’y a pas vraiment de plans inoubliables, à part un peut-être, celui de la tempête de neige au coeur de laquelle se retrouvent Anna et Vronski en descendant du train. Bernard Rose n’y va pas de main morte avec la vapeur et la neige. Il en fait même des tonnes, mais j’avoue que j’ai plutôt aimé ça. Et il me semble que pour une illustrer une passion, un peu de démesure ne nuit pas.

Anna sur un quai de gare

Enfin, il y a dans ce film quelques partis pris très intéressants et fidèles beaucoup plus à l’esprit du roman qu’à sa forme. Par exemple le début est très surprenant, car le film s’ouvre sur un cauchemar de Lévine, faisant de lui non pas le personnage le plus important, car l’histoire d’Anna et Vronski est ensuite beaucoup plus développée, mais un personnage central, sorte de pilier du film. Très suprenante également cette voix off qui est celle de Lévine s’exprimant à la 1ère personne. Dans le roman, Lévine est un personnage dont nous suivons le parcours grâce au narrateur omniscient. Mais il peut difficilement échapper au lecteur que Lévine porte la voix de l’auteur. Aussi cette trouvaille de la voix off me semble une excellente idée. Là où Bernard Rose va un peu loin à mon sens, c’est en assimilant totalement Lévine à Tolstoï, en lui faisant signer le roman à la fin du film. C’est assez malin car la signature de Tolstoï laisse apparaître la ressemblance entre son prénom et le début du nom de Lévine, mais c’est aussi un peu exagéré, car cela tend à laisser penser qu’il s’agit simplement d’un roman autobiographique.

Levine et Kitty à la patinoire

Je me demande quand même un peu ce que parvient à saisir de ce film le spectateur qui n’aurait pas lu le roman. Mais pour celui qui l’a lu, c’est un excellent moyen de prolonger le plaisir de lecture !

Anna Karénine / d’après Léon Tolstoï, réalisé par Bernard Rose, avec Sophie Marceau (Anna Karénine), Sean Bean (Vronsky), Alfred Molina (Lévine), Mia Kirshner (Kitty), James Fox (Alexeï Karénine), 1997, 1 DVD TF1 vidéo, 2000.

Ombre et lumière

Anna Karénine

“Toutes les familles heureuses se ressemblent.
Chaque famille malheureuse, au contraire, l’est à sa façon.”

En Russie, dans les années 1870, une femme mariée quitte tout (mari, enfant, respectabilité sociale) pour vivre une passion tragique avec un jeune et bel officier : voilà en général ce que l’on sait du roman de Tolstoi avant même de se plonger dedans. Mais ce grand et gros roman réserve en fait bien des surprises à son lecteur…

“Tout était sens dessus dessous dans la famille Oblonskï.”

Anna Karénine n’est pas là au début du roman. En bon lecteur qui en a lu d’autres, on ne s’en étonne pas tant que cela, car Flaubert nous a déjà fait le coup (rappelez-vous le début de Madame Bovary où c’est Charles qu’on rencontre en premier). Mais chez Tolstoï l’arrivée de l’héroïne est différée d’une centaine de pages. Au début du roman, c’est avec le frère d’Anna, Stépan Oblonskï, que nous faisons connaissance. Celui-ci s’est montré infidèle envers Dolly, son épouse. Ce n’est pas la première fois mais c’est une fois de trop pour Dolly, qui envisage de quitter son mari. Anna est donc attendue pour raisonner Dolly et ainsi sauver le mariage de son frère (c’est d’ailleurs assez amusant qu’elle vienne réparer un mariage avant de détruire le sien). En l’attendant, nous faisons aussi connaissance avec Kitty, la jeune soeur de Dolly, une ravissante jeune fille de 18 ans et de ses deux prétendants : Lévine et Vronski. Mais je ne vous présente là que quelques uns des personnages principaux, car c’est en fait une multitude de personnages que nous rencontrons dans ces cent premières pages (alors même que nous ne savons pas encore reconnaître ceux qui seront vraiment importants). Et c’est bien sûr à travers eux toute une société que l’on découvre, celle des aristocrates de Moscou ou de Saint-Pétersbourg et des grands propriétaires terriens.

Anna est très différente d’Emma. Pourtant elles ont des points communs. On devine au début dans la vie conjugale d’Anna une forme d’insatisfaction. Mais il ne s’agit pas chez elle de désoeuvrement. Elle ne cherche pas à tromper l’ennui dans des aventures multiples ou de vaines distractions. Elle ne cherche rien d’ailleurs. Mais la vie lui apporte comme par surprise l’intensité qui lui manquait, les sentiments extrêmes qui conviennent à son tempérament. Elle vit une passion folle et lui sacrifie tout. Mais jamais ce n’est une passion heureuse. Dés le début de son histoire avec Vronski, Anna semble se noyer. Angoissée, cauchemardeuse, hantée par les pensées suicidaires, elle paraît perdue. C’est un très beau personnage, même si elle devient à la fin absolument insupportable.

L’histoire d’amour tragique d’Anna n’est pas la seule histoire du roman. Nous suivons particulièrement deux histoires en parallèle, celles de deux couples : Anna et son amant, Kitty et son mari. D’ailleurs Anna n’est peut-être pas le personnage principal du roman. En tous cas, elle partage la vedette avec Lévine. Celui qui nous est présenté au début comme un brave garçon débarquant de sa campagne pour demander celle qu’il aime en mariage (celui sur qui le lecteur ne parierait pas un kopeck) s’avère finalement être un personnage très attachant, sorte de porte-parole de l’auteur pour exprimer ses théories sur bien des sujets, celui avec lequel il partage sans doute une même vision de la famille et de la vie en général.

J’ai fait de ce roman une lecture égoïste, sans trop me soucier de ce qu’avait voulu écrire Tolstoï (mais je pense sincèrement que c’est ainsi qu’il faut lire). Je me suis passionnée pour les deux histoires d’amour parallèles, pour tous ces personnages dont la psychologie nous est décrite si finement, pour ces gestes minuscules, ces sourires, ces intonations sur lesquels Tolstoï s’attarde, mais je ne me suis guère intéressée aux considérations politiques et religieuses. Le pire pour moi aura été ces longs passages de réflexions agricoles de Lévine que j’ai, bien évidemment, lus en diagonale. Et pourtant j’ai adoré ce personnage de Lévine, ses questionnements sur le sens de la vie, sa recherche du bonheur… J’ai aimé aussi beaucoup la relation que Tolstoï entretient avec ses personnages. Il semble tous les comprendre, les aimer (sauf peut-être le mari d’Anna). Jamais il ne les juge. Avec lui le lecteur pénètre leurs pensées, leurs sentiments, leurs âmes (pour employer un mot cher à Tolstoï). Ce ne sont jamais des archétypes, mais des personnages complexes souvent pris au piège de leurs contradictions. Et puis ces personnages ne sont pas figés. Ils évoluent et l’idée que l’on se fait d’eux se transforme à mesure que l’on avance dans le récit. Ils sont tout simplement très humains. Enfin il y a toutes ces scènes d’anthologie : la demande en mariage refusée de Lévine, le bal où ce qui se joue entre Anna et Vronski nous est montré à travers les yeux de Kitty, la tempête de neige et de passion qui réunit Anna et Vronski sur un quai de gare, une course de chevaux à l’érotisme torride, une chandelle qui s’éteint et plonge Anna dans une hallucination suicidaire, la terrible fin d’Anna, etc. etc. Un roman à lire absolument !

Anna Karénine / Léon Tolstoï, commentaires de Marie Sémon, préface d’André Maurois, Le livre de poche (Classique), 2008, 1021 p., ISBN 978-2-253-09838-6

D’autres avis sur les blogs de lecture : Karine, Emma, Romanza, MarcF.

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Comme Romanza avait eu la bonne idée de proposer ce roman pour le défi Blog-o-trésors, cela me permet de faire d’une pierre deux coups !

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Août 2009 : j’attribue à ce roman le Levraoueg d’or du classique du 19e siècle lu en 2008-2009 !